LA VENGEANCE DE MILADY I
rapprocha des fenêtres qu'il n'avait pu voir du dehors; les volets éiaient clos. Ne pouvant épier de ce côté, il avisa la porte de l'office restée entr'oLiverte, la fit bâiller justemeat assez pour donner passage à son corps, traversa la cuisine, la salle à manger, et, arrivé dans l'antichambre, se rapprocha à tâtons de la chambre suspectée que trahissaient des lueurs passant sous la porte. Là, retenant son haleine, il prêta l'oreille. Rien d'abord. Bientôt le bruit d'une étoffe de soie qui tomberait d'un meuble; puis deux voix qui riaient, mêlées. Il reconnut la voix d'Eusèbe. L'autre voix ne lui était pas inconnue. Le traître, sans doute, était de ses amis. Une voix très voilée, très douce, singulière. On parlait bas, d'ailleurs. Il eût voulu entendre, pour être tout à fait certain. Il écouta encore. Enânces mots lui arrivèrent un peu confus : Ma chère Eusèbe! il n'y tint plus, et tourna violemment le bouton de la porte. Elle était fermée au verrou. Un grand bruit se fit dans la chambre, de chaises renversées, de fenêtres qu'on ouvre. M. de P... qui était très robuste, enfonça la porte. Il arriva justement pour voir se referm«r, poussée du deliors, l'une des fenêtres qui donnent sur le jardin. Un chapeau d'homme était sur un meuble, à côté d'une canne, celle même qu'il avait trouvée quelques jours auparavant. Eusèbe, eâarée, se cachait la tète dans sa robe. Aurélien, ne se con-
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naissant plus, sauta dans le )ardin à la poursuite de son rival ; mais celui-ci avait l'avance et refennait déjà la portedu jardin en éclatant de rire. D'un bond, ■ M. de P. . . fut dans la rue, et put apercevoir, à la lueur des lanternts, le fuyard qui remontait dans sa voitute. C'était un jeune hommetrès blond, très pâle. « Arrêtez! » cria Aurélien. Le coupé était déjà pani.Que faire? M. deP... s'élança à sa poursuite, et, grâce à des efforts désespérés, l'ayant rejoint au tournant d'une rue, parvint à se cramponner derrière. Situation absurde. Les chevaux se maintenyient au grand trot. Impossible d'atteindre à la ■ fortière. De temps en temps, un rire mal étouffé parvenait aux o cilles du jaloux, qui grinçait des "dents. Mais il fallait attendre que la voiture s'arrêiât. On riaittoujours.il s'arma de pa'.ience. Le coupé venait de tourner dans la rue de la Chausséed'Antin et roulait beaucoup moins vite. M- de P... fut stupéfait. Qu'y avait-il d'étonnant pour lui à ce que le bon ami de sa maîtresse demeurât rue de la Cliaussèe-d'Antm ? Les chevaux s'arrêtèrent devant le n" 3 1. Aurélien se hâta de quitter sa ridicule posturo et se précipita furieusement vers son rival, qui descendait de voiture. Mais celui-ci, peu ému. lui dit d'une voix très douce:
— Commtnt se porte M. de P,.. depuis que je n'ai eu le plaisir de le voir ?
— Milady ! Juliette ! vous !
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Naïs & Amymone
Vuus jugez de leur épouvante. Etre vues ainsi, en plein jour, à travers les branches I Les feuilles de saule, c'est presque aussi transparent que la batiste. N'avoir eu que cette chemise de verdure! Cette Clémentine était une folle, vraiment. Les jeunes filles ne se rendent pas compte des choses; Ce n'est pas Jane, une veuve qui aurait eu cette idée. Pourtant, il faut dire que c'était b'en tentant : la chahur las'e de midi, l'eau si claire et si fi-aîche, qu'éraille la fointe des ramilles; la solitude absolue, là-bas un rideau d'arbres, qui aveugle les fenêtres du château; en outre, des souvenirs d'églogue, Chènier et Banville relus hier soir près de la fenêtre ouverte aux brises d'été; un peu de colère contre Naïs ou Amymone, qui n'ont pas besoin, les heureuses nymphes, d'attendre l'hiver pour se décolleter, et
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aussi l'inconscient pressentiment de quelque vague Oaristys, — oh ! sans aucun berger, — tout les avait exhortées k cette blanche folie. D'abord, assises au bord de la petite rivière, elles avaient retiré leurs mules mignonnes et leurs bas de soie rosée. On mouiilerjit ses pieds, rien de plus. C'était déjà une mythologie très suffisante. Mais quoi ! l'onde caresse avec tant d'invitante douceur, et quel mal y a-t-il, je vous prie, à montrer ses jambes aux petits poissons muets? Comment les ceintures se dénouèrent, comment les chevelures déroulées remplacèrent des vêtements plus sérieux, et comment la naïade frissonna de plaisir en berçant dans ses bras fluides les deux Parisiennes, c'est ce que personne n'aurait jamais su, si brusquement, je ne sais d'où, dederrière un arbre ou du sol même de la prairie, n'avait surgi, — j'hésite à l'avouer, — un homme ! Et notez cette aggravation: ce n'était pas un paysan. Fedts cris étouffés, effroi qui veut cacher et qui montre, fiiite sous l'eau plus transparente que l'air, robes saisies, têtes qui se détournent et veulent voir pourtant, éloignement d'arbre en arbre, derrière les troncs, puis le parti pris de la course à travers champs, le rideau d'arbres, là-bas, atteint et dépassé, le rhabiUement qui se hâte, et enfin la rentrée au château, la chute à côté l'une de l'autre sur la chaise longue du boudoir, et le
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« Ah 1 mon Dieu ! mon Dieu ! » e&ré par lequel se soulagent les âmes surchargées de terreur, — tel fut le résultat de l'affreux événement ; et nous devons rendre à Jane comme à Clémentine cette justice, qu'une bergeronnette partie en même temps qu'elles du buisson sous lequel elles se baignaient, les devança vers le château |de quelques secondes à peine.
— Quelle aventure! dit Jane.
— C'est terrible, dit Clémentine.
— Crois-tu qu'il nous ait vues ?
— Je crois que oui, ma chère. Toi surtout.
^-~ Pas du tout, je me rhabillais.
— Fi ! la menteuse. C'est moi qui remettais ma robe.
— Oui, sur le bord, d'où elle était tombée.
Après ça, c'est peut-être un aveugle.
— Oh ! non, j'ai vu ses yeux:
— S'il n'avait vu que les nôtres! Mais au moins, toi qui l'as regardé, c'est un vieux?
— Au coutraire, un très jeune homme.
— Alors, c'est effrayant.
— Pour moi, je suis bien décidée à en mourir de honte,
— C'est évidemment ce que nous avons de mieux à faire.
Et le dialogue continua ainsi, décousu, épars effaré. Mais, peu à peu, l'épouvante se calma. Les
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cœurs tremblants se stntirent moins émus sous les corsages ragrafés. On se dit que c'était en somme un passant, un inconnu, quelqu'un qu'on ne reverrait jamais, Clémentine al'a même jusqu'à émettre cette hypothèse qu'elles s'étaient trompées, qu'elles avaient pris pour un homme l'ombre de quelque saule bossu. D'aillturs, la certitude de leur beai.té parfaite atténuait quelque peu le remords de leur extravagance, La conscience d'un seul défaut les eût rendues inconsolables. La nudité, c'est quelque chose comme une confession physique, et les âmes immaculées se cOntessent sans difficulté.
Les deux sceurs en étaient U de leurs réflexions — car Jane était la sœur de Clémentine, — lorsque sonna la cloche du dîner, et comme M. de Seyssel, leur oncle, n'aimait point i attendre, elles se hâtèrent d'entier dans la salle à manger, décidément remises riant entre elles de petits rires, et presque heureuses d'avoir à se garder l'une à l'autre un si épouvantable secret.
— Permettez-moi, mes chères nièces, de vous ■ présenter mon jeune ami le vicomte de Lorsay, qui nous tait l'honneur de venir passer un mois avec nous, dans notée solitude des Ifs.
Il est tout à fjit inutile de dire à nos lecteurs que le viconite de Lorsay était précisément le eune homme brusquement apparu derrière un
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saule pendant que Nais et Amymone se baignaient dans la transparence traîtresse de l'onde.
Après le dîner, qui ne futpas exempt de quelque gêne, il y eut entre les deux sœurs une longue conférence. Elles l'avaient reconnu 1 C'était bien lui. Incontestablement.
— As-tu vu comme je rougissais? dit Jane.
— Moi, dit Clémentine, j'avais tellement peur, que, lorsqu'il me regardait, je lirais instinctivement mes cheveux jusque sur mes yeux.
— Et ce Worth qui justement m'a fait des manches trop comtes! Je t'assure qu'il me voyait les bras.
— Mais enfin, qu'allons nous faire? nous ne fouvons pas garder ici tout un mois ce monsieur qui
— Oh ! ce serait affnux.
— C'est dommage, pourtant. Il est bien.
— Assez bien. C'est une consolation.
— A dîner, il a été très convenable. U n'avait pas l'air du tout de se rappeler
— Il cachait son jeu, ma chère. Si nous racontions tout à notre oncle ?
— Y penses-tu ? Je n'oserais pas.
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— Ni moi, certes.
— Si nous disions que nous sommes malades, pour rester dans nos chambres?
— C'est une idée, cela.
— Eh bien, c'est convenu. Qji'il demeure tant qu'il vouJra, nous dispaïaîtrons.
— Soit, Mais il est tard, va te coucher, petite sœur.
— Oui, oui, dit Clémentine C'est le vicomte de Lorsay qu'il s'appelle ?
— C'est le nom que mon oncle a dit.
— Un joli nom,
— Tu trouves ?
— Oh ! il me semb'e.,.. Mus tu sais, j'avais déjà ma robe, moi !
— Bon, bon, c'est possible, oublions cela. Et va te mettre au lit.
— Mon Dieu, comme tu as sommeil ce soir !
Si tu savais la drôle d'idée que j'ai eue !
— Tu mêla diras demain; bonsoir, Clémentine.
— Bonsoir, Jane ; dors bien.
Et toutes deux, l'une dans son lit de jeune fille, l'autre dans son lie de veuve, rêvèrent jusqu'au lendemain qu'Arthémis chasseresse, surprise au bain et iurieuse, perçait de flèches, non sans soupirs, le beau pâtre Actéon. -
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HAÏS ET AMYMOXE
Qjiand dix jours se lurent écoulés, — et vous pensez bien que ni C'émentine ni Jane n'avaivnt tenu leur résolution de se cacher à tous les regards, la situation se détendit un peu. Le vicomte de Lorsay, vraiment, était parfait. Il était beau, de cette beauté qui se montre d'autant plus qu'elle ne tient pas, dirait-on, à se faire voir; très charmant, il n'avait aucun ridicule à l'être. Pas la moindre allusion, d'ailleurs. Pis un regard qui voulût dire ; « Ah ! mesdames , vous souvenezvous ? » Elles en vinrent h penser que peutêtre il ne les avait pas reconnues. La chose, en somme, était possible. Leurs visages ne lui avaient apparu qu'un instant. « Tu comprends, disait
Jane, il n'a peut-être pas eu le temps , quand
on regarde lant de choses i la fois » Elles se
tranquillisèrent tout à fait. Elles poussèrent la placidité jusqu'à faire une promenade aveclui, sur le bord de la petite rivière, pour voir la mine qu'il ferait.
— Voilà un jo'î arbre, dit-il, en passant devant un saule.
Elles rougirent jusqu'au blanc des yeux, mais comme il avait gardé en parlant la figure la plus indifférente du monde, il se pouvait qu'il n'eût
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parlé ainsi que par hasard, pour 4ire quelque chose.
■' D'ailleurs, il étaic fort empressé auprès d'elles, auprès de Clémentine surtout. Qjiand elle se tournait de" son côté, elle lui voyait des yeux doux, qui implorent. Le soir, ils chantaient au piano, elle et lut, pendant que Jane jouait aux échecs avec son oncle. Chose singulière: bien qu'elle fût très experte à ce jeu, jane perdait toutes les parties. Eux, chantaient Ks duos de Mendelssohn. Quand ils disaient l'Eden au bord du Gange^ î! avait des intonations qui la troublaient jusqu'au fond du cœur. L'eau qui coule dans la brise , sous les branches, il lui semblait qu'elle la voyait, et le lit de la rivière, à travers la clané du flot, lui apparaissait délicieux et pur, doux, tendre, presque nuptial, a Ma sœur, disait Jane, voili trois fois que vous chantez cette mélodie, ne sauriez-vous en choisir quelque autre?» Clémenrine répondait : a C'est celle que mon oncle préfère. » Remarquez que M. de Sey.«sel poussait tout au plus le dileitantisme jusqu'à ne pas confondre ; Ah! vous dirai-je, maman! avec le quadrille des Lanciers.
Hors du salon où on se réunissait les soirs, les deux sœurs, maintenant ne se voyaient guère. On eût dit qu'elles s'évitaient, Jane se tenait presque tout le jour dans sa chambre. Les préférences ,
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pour sa jeune sœur, du vicomte de Lorsay , l'irritaient-elles un peu ? Jeune, belle, veuve depuis deux ans, avait-elle conçu au fond de soi quelque projet d'union à peine esprimé, et se sentait-elle disposée k renoncer à son indépendance pour l'amour du vicomte ? Se remarier, c'est terrible ! mais euân, depuis l'avenmre du ruisseau, le plus fort était fait.
Q;]oi qu'il en soit, ce tut avec une mine grave et presque sévère qu'elle accueillît sa jeune sœur, un jour que celle-ci la rencontra au jardin, et lui dit d'un air solennel :
— Vois-tu, Jane, j'ai dix-huit ans, mais je suis très séiieuse au fond. Depuis vingt jours, j'ai énormément réfléchi, et plus j'y songe, plus je pense que ce qui m'est arrivé dans la rivière est vraiment épouvantable.
— U me semble, dit Jane, que la même chose m'f st arrivée à moî.
— Oh ! toi, c'est différent, tu es une veuve.
— Ah! tu trouves que c'est diffirent? Mais où veux-iu en venir, voyons ?
— Mon Dieu, ma sœur, tu n'es pas sans t'ètre aperçue que le vicomte de Lorsay est avec moi d'une politesse qui ressemble quelquefois à
— Moi ? je ne me suis aperçue de rien, je tt jure.
— Ah? Eh bien, puisqu'il faut que je te
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l'apprenne, le vicomte ne serait pas très éloigné, si mon oncle y consentait...
— De t' épouser ! die Jane.
— Oh ! tu sais bien que moi, reprit Gémentine, je ne tiens pas à me marier. Je suis heureuse auprès de toi, auprès de mon oncle. Et puis, le vicomte de Lorsay ne me plaît pas du tout, non, pas du tout. Mais ta comprends, puisqu'il faut épouser quelqu'un, il vaut peut-être mieux que j'épouse celui qui, déjà...
— Comment donc, mais tu avais eu le temps, disais-tu, de remettre ta robe !
— Oui, dans le premier moment, en effi;t, il m'avait semblé... mais depuis, je me sub mieux souvenue, et c'est toi , j'en su's bien sûre, qui étais déjà rhabillée !
— Mais point du tout. Mademoiselle. Vous n'avez eu qu'à tendre la main pour prendre votre peignoir, tandis que le vent avait emporté le mien.
— Tu te trompes, je t'assure 1 et, d'ailleurs , (il me semble que j'y suis encore), je me trouvais placée devant toi, et ainsi, U ne t'a pas vue le moins du monde, oh! mais pas le moins du monde. Cependant, si tu avais de 1'... amitié pour le vicomte de Lorsay, si tu voulais te remarier, — tu n'as pas été très heureuse, la première fois, ma pauvre Jane! — je me sacrifierais, moi. Mais, sache-le, j'ai quelque souci de mon honneur, et
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NAIS ET AMÏMONE 201
si je ne dois pas être la femme de celui que Je hasard a placé sur mes pas dans des circonstances bien... pénibleSj je ne serai jamais la femme de personne.
— Voyez-vous la peti"e sotte qui s'imagine qu'on veut lui prendre son amoureux ? Eh, Mademoiselle, épousez-le, autant de fois qu'il vous plairai Pensez-vous que je m'en soucie? AUez, allez, dites oui, et bénissez le saule et la rivière qui vous ont tait vicomtesse.
Là-dessus Jane courut se renfermer dans sa chambre, et le soir, quand elle parut à table, ce fut avec la plus maussade mine du monde. Cependant, elle s'était décolletée.
Le mariage décidé, le vicomte fut ivre de joie, et n'ayant point de confident sous la main, il répandit son ivresse dans une lettre à son ami Fabrice :
a Ah! mon vieux camarjde, c'est le plus heureux des hommes qui t'écrit! J'adore et je suis aimé, et par qui? par un ange. Clémentine est pure comme une fleur des champs avant la rosée du matin! Et ne t'imagine pas que celle que j*épouse soit une petite pensionnaire, chaste à force de niaiserie, et candide par stupidité. Il y a une déesse païenne dans cet ange immaculé. Pure
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comme les lys, elle est splendide comme eux. Ah! sa beauté, mon frère! j'en ai les yeuK éblouis. Semblable perfection n'a jamais été rêvée. Les nymphes pétries de neige et de roses auraient t'air de mauricaudes à côté de son corps divin, et à la beauté suprême de son âme il n'y a de comparable que l'exquise beauté ii sa forme. Tu ne comprends pas sans doute. Il faut que je te dise... Toutes les deux, elle et sa sœur, dans la rivière..,, mais non, persoime ne doit savoir, peràonne! et je ferai raser tous les sautes de la rive. Adieu! je suis heureux, embrasse-moi je t'aime. »
Le mariage eut lieu.
Quelle main blasphématoire soulèverait les voiles des iits hyménéens et porterait un flambeau curieux dans l'obscurité de leurs chastes délices ?
Le lendemain, le vicomie de Lorsay écrivît encore à son ami Fabrice. Mais cette fois la lettre ne contenait que quelques mots. Les voici :
« Ah ! mon ami, j'en mourrai ! C'était l'autre 1 «
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Imagerie Parisienne
l'impasse
Eau-FûiU
L'endroit, vu le soir, est lugubre. Au premier coup d'œil, on dirait d'un corridor d'égout.
Mais l'égout esc moins vil. Six maisons à droite, sh maisons k gauche, un mur au fond. Le tout sombre et percé ci et li de fenêtres sales où tremblottent des lueurs louches; les yeux de ces maisons borgnes ont des lunettes de crasse. Dans la' rue voisine, le pavé est sec; ici la boue persiste, -elle y est éternelle, comme la neige sur les .jaentSr-De la devanture effondrée d'une boutique débordent confusément des formes méconiiaiss jbles parmi lesquelles une vieille barrique ouvre son trou plus noir; il y a dans cette tonne des grouillements de rats. Des bandes de lumière terne, tombées des lucarnes, traversent la rue comme des planches franchissent un fossé, et, dans l'un de ces intervalles où la boue, plus visib'e, est plus laide.
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