‹ Les folies d'un grand seigneur (volume 2)Chapitre 14 sur 18 · EMILE · texte numérisé non relu

EMILE

— J'y suis tout-à-fait maintenant, fit le duc; ainsi donc ce maraud, qui voudrait aujourd'hui nous tuer de la parole et nous biuiPf du regard, n'est autre... Que cet ealant trouvé. ^

l.e duc de Noyal-Treffléan éclata de rire; l'assemblée tout entière en fit autant.

Celui qui portait ce nom d'Emile montra son front, beau sous les larmes, et eut cette réponse ;

— 'Eiiiaiil trouvé l c'c^^t la première fois

que je suis glorieux de ce titre, car il n*est personne ici que je ne rougirais d'appeler mon père!

Va-t*enl je te chasse! cria Grimod,

,ir . ^..iiieil allait sortir, il entendit Mais '"^ '

s'élever une voix qui lui dit :

— Venez deoîain, à mon hôlel^ fôiîbourg du Roule.

Emile tressaillit; et, s'inclinant, il bâ4$8

îespectueusemciU un pan de la robe de celle qui venait de prononcer ces mois.

C'était la marquise de Perverie.

CHÂPITl'. E CINQUIÈME.

L'agouie du XVllP siècle. (Suite.)

I.c lendemain de ce souper mémorable, et dont toutes les gazettes, Gazette bleue, Tableau mouvant do Paris, Mémoires secrets, s'emparèrent pour en faire un conîe

2^,0 1. s (;ii:;:\!i^f:s :;';:(^es.

(les Mille el uneNuil; le lendemain, disons-nous, vers les huit heures du matin, trois petits coups secs frappés sur les contrevents encore fermés éveillaient le n docteur Palmézeaux dans son domicile.

|I Comme on le sait déjà, il occupait sur le quai des Augustins une grande boutique quoiqu'il ne vendît rien du tout; mais ce local de plain-pied é*ait favora^ ble à ses travaux m^ stérieux.

En entendant frapper contre la devanture, présage d'une visite qui lui parut un peu matinale, le docteur Palmézeaux

s'enveloppa à la hâte d'une douillette couleur souris qui trotte, et passa sa ièie sans perruque à travers un petit œil-debœuf pratiqué dans le haut d'un volet.

Cependant Tinconnu, qui n'était pas au fait de ces préparatifs, s'était mis à frapper derechef,

— Eh bien 1 eh bien ! proaonça le docteur mal éveillé j k qui en avez vous donc de la sorte, brave homme?

En apercevanl cette digne figure dans <ce cadre improvisé, l'homme ne put s'empêcher de sourire.

li 17

258 LES CHEMISES HOUGES.

— Daignez tourner votre prunelle un peu plus de ce côté, doctns docîor, dit-il en rcciilant de quelques pas.

— Ohl oh ! attendez donc... je ne me trompe point... vous êtes mon homme d'hier soir; Parbleu! soyez le bienvenu.

El le reste de cette phrase, commencée à la lucarne, s'acheva dans les profondeurs de la boutique, tant Festimable Paliiiézeaux mit d'empressement à venir tirer les verrous de la porte.

Ma toi, vous êtes de parole, fit«il en

se présentant d'un air à la fois épanoui et curieux.

— Est-ce à dire que vous ne comptiez plus sur ma visite? reprit l'autre légère^ ment goguenard,

— Bon 1 je ne dis pas cela*. . mais entrez donc, entrez donc*.

Ainsi qu'un héros de tragédie, le docteur avait les jambes liues sous sa deuillelte, diappée »à l'instar de chlamydes, insuffisantes comme eiles.

IMéanmoins il prit le temps de retirer

200 1.3S CIIEMISliS lîOU'^SS.

un ou deux volels, alin de laisser pénétrer la clarté du jour à l'intérieur.

Une fois entré, le visiteur se plongea sans façon dans Tunique et solennel fauteuil de la pièce, pendant que le médecin s'empressait de compléter sa toilette au fond de i'arrière-boutique.

Cet hôte déjà prévu, et avec lequel ii importe que nous fassions connaissance sans plus larder, l'étrange serviteur que nous avons vu à l'œuvre la veille, l'individu au plat d'argent et aux paroles énigmatiques, n'élait autre que ce personnage

f LES riIK^IISES V^OV.CcS, 26 1

dont le singulier emploi a été défini dans le prologue de cette histoire.

Ce n'était pas précisément Thomme de peine de M. le duc de Noyal-Treffléan, o*élait au contraire son homme de plaisirs, le Lebel de cet autre Louis XV, le machiniste souterrain de ses distractions véhémentes.

il s'appelait François Soleil. Sans être rebutante, sa physionomie ofTrait un ensemble de vulgarité contre laquelle luttaient désespérément deux yeux pleins d'intelligeuce et une bouche aussi éloquente que les yeux.* A en juger par les

202 LES CHEMISES KOUGES.

lignes profondes de' son visage, !e chapitre réserve des passions de cet homme, passions tombées de la table de son maître, devait ôtre d'une nature particulière.

H eût été difficile de clouer un âge à ce

front sans empleur comme sans bassesse

dépoli, mais non ridé.

N'ayant jamais été jeune , il espérait n'être jamais vieux « Mais sur ce masque de rustre diplomate se lisait une vie ardente et dissimulée avec effort, toute d'envie refoulée et de désirs incomplètement assouvis.

LES CliEMlSES ROUGES. 2G3

Vivant au rrjiîieu d<?s excès qu'il èuscitait pour autrui, il semblait un Tantale de nouvelle espèce apprêtant lui-même les fruits de la table mythologique à laquelle il sait qu'il ne doit point s'asseoir. Et pourtant il avait faim de deux appétits, de l'appétit de sonmaîlre d'abord, et ensuite de son appétit à lui, François Soleil I

Au bout de cinq minutes, le docteur Palmézeaux reparut, nouant sur ses genoux les boucles de sa vieille culotte de velours, et assujettissant avec une certaine crânerie les deux ailes de' sa perruque moitié poudre et moitié graisse.

— Voilà qui est fail! l^t mainlcnant , iijon cher monsieur, je suis tout à voire service.

Docteur, vous vous méprenez; c'esf moi qui demeure absolument au vôtre, dit le nouveau venu.

Enfin, peu importent les termes, reprit le médecin ; causons !

— C'est cela; causez d*abord, je vous^ écoute.

L'honorable docteur était visiblement embarrassé; il chercha aux alentours de

LES CHEMISES Kc::(.::s. 2G"i

son oreille une démangeaison absente ; €nfin il poussa un profond soupir.

— Quand vous voudrez. . , dit M. Soleil attendant toujours.

Eh bien!... Mais. . . Ne veniez-vous pas me demander quelque chose ?

— Distinguons , docteur ; ne vouliezvous pas m'offrir quelque chose ?

— Vous avez raison. Je suis si troublé... Il faut vraiment que la nécessité m'y pousse... J'ai tant besoin d'argent !

--^D'argent?

Et M. Soleil, en répétant ce mol, essayait d'en lire à l'avance la signification sur le visage du médecin. Mais la bénégnité parfaite de cette physionomie déroutait loutes ses suppositions.

— Venez, dit le docteur Palmézeaux d'un air de mystère, et comme s'il se fût décidé à l'accomplissement d'un grand acte; suivez-moi.

Il remua deux ou trois clefs dans sa poche et précéda son visiteur de plus en plus intrigué.

Dans rarrièro-boutique où ils péaétrèicnt tous deux, le carreau était encombré d'un amas de livres rances, ternes, jaunâtres, recroquevillés, plus répugnants à voir et à humer qu'une collection du Journal du Trévoux, qui constitue, comme on le sait, le paradis du rat-

— Voilà ma bibliothèque, prononça le docteur Palmézeaux avec une certaine velléité d'orgueil.

— Ahîah!

— De bien bons livres, ajouta-t-il, et tous bien chers.

2Go LES CHEMISES ROUGES» ]

— Vraiment, dil M. Soleil en jetant up coup-d'œil dédaigneux sur les bouquins-

— Vous plaît-il d'examiner les titres de quelques-uns?

— Bah !

Mais déjà, sans attendre une réponse, le docteur avait saisi au hasard quelques* uns des volumes les plus hérissés d'aspect.

— Celui-ci, c'est Gongman, ou l'homme prodigieux transporté dans l'air, sur la terre et sous les eaux... Cet autre, tout

€lil, mais fort rare, ce sont les Contredits des songes-creux , par Pierre Gringore; puis l'histoire des imaginations extravagantes de M. Oufle, causées par la lecture des livres de magie. .»

— C'est bon, mais..*

Les Hommes volants, en deux tomes ; FEénopogonéritrée, ou Éloge des barbes rouges; le Peloton de théologie, . . Enfin, Bringuenanlies, cousin germain de Fesse- Pinte, ou voyage du compagnon à la bouteille.

— PasseZj docteur, passez.

270 LES CHEMISES ROUGESi

— Ceci est le dictionnaire de métempsycose... puis ie Traité sur remploi du mot Vaste.., Cela, ce sont les Aventures du prince Tricolore chez les Sub-Ondines du fleuve de Gambie... Voici maintenant le voyage dans mes poches ; et puis encore.*.

Mais M. Soleil, lui frappant sur Té- , paule :

— Un autre jour, mon cher docteur, nous examinerons tout cela à loiëîr; aujourd'hui vous savez ce qui m'amène.

— C'est juste, dit ie savant en repîa-

lE^ r:!"Mr!^ES T.0.C2S. 2.71

çant à teiTO plusieurs iu folio dont il avait les bras surchargés avec amour.

Et se redressant il guida son interlocuteur dans une troisième pièce qui tirait sa lumière d'une cour étroite et maussade en forme de puits.

— Nous sommes dans mon cabinet^ ârticula-t-il avec respect, ou plutôt dans mon laboratoire : c'est ici que loin des regards profanes j'accomplis n?es expériences, grandes ei petites.

Le magasin d'un docteur Faust ou d'un Paracelse eût pu seul offrir une idée do

"272 L'jiS ClîL.'tllSLS IIULGKS.

rétrange et malpropre confusion qui régnait dans cet habitacle.

Les rayons étaient envahis d'une armée capricanle de cylindres, de fîoies aux becs variés, de métaux de toute couleur et de paquets de drogues qui saisissaient Fodorat.

A travers ces aspirations multiples , fuyantes^ criardes, plaintives, et si cruellement en opposition, un poêle allemand n'eût pas man(Jué d'écrire le Ballet des Odeurs, pour le théâtre impossible d'une principauté imaginaire de TAliema^ne.

^ LES CiiKMîSES HOUGES. 2*75

— Hein? s'ccria 1^ ^^Arfr::r on s^ retournant vers M, Soleil, comme pour provoquer son admiration.

Mais celui-ci se sentait évidemment mal à l'aise au milieu de cette atmosphère faite f ar des hoiismes spéciaux, épris de science jusqu'à la gorge.

— Oui, oui, c'est très beau, certaine, ment, mais ce n'est pas ici, je pense, que BOUS devons avoir notre entretien.

— ~ Avez-vous vu m(?s deux cyclopes?

Quels cvclopos?

274 LES cHE3:isiv-; iulozs.

— Et mon colosse ?

— De quel colosse parlez-voiis ?

— Du colosse que j*ai formé et que j'élève, parbleu!

M. Soleil toussait.

— Mes cyclopes ont encore leurs deux yeux, il est vrai, continua le docteur Palmézeaux, mais dans quelque temps j'espère qu'ils n'en auront bientôt plus qu'un.

tES CHEMISES EOUGES. 275

M. Soleil s'agitait en faisant la grimace,

— Mon colosse n'est encore qu'au berceau ; mais il est certain qu'il no peut manquer d'atteindre graduellement un développement gigantesque préparé par mes soins.

M. Soleil piétinait.

— Je vous en prie , docteur, laissez la votre colosse et vos cyclopes, et songez, à ce qui m'amène.

— Volontiers.

— - D'abord, sortnns ç\%\,

— Cest ce que j'ellais vous proposer, dilie médecin en soulevant une trappe,

— Qu'est-ce que vous (ailes? demanda M, Soleil èA:)nné.

— J'ouvre la porte de sortie.

Venrz<

— Où ce!a ?

^^ Venez, vous dis-je, il vous reste €iiCi;rc d'aulrcs choses à ccnnaîire.

— Mais, docteur, vous me menez à la cave.

— Jele sais bien. Venez toujours.

x^L Soieil, poussé par ia curiosité, se décida à le suivre, bien qu'en gromme-

— A quoi diable aboutiront tous «es préliminaires, pensait-il.

Ils descendirent ainsi au fond d'un caveau assez bas, mais spacieux et frais, et qui était éclairé par deux soupiraux: ouvrant sur le quai.

278 us CHEMISES ROUGES.

Celle fois ce fui une odeur de ccmoslibles qui s'empara du nerf oîfaclif de M. Soleil.

€elte caven*élail en elTel qu'un ^ardemanger.

D'énormes fromages hollandais et normands en garnissaieril les parois ; des buissons d'arlichauls s'échaffaudaient dans les angles ; on remarquait, pendus par les pieds, deux ou Irois coqs vierges^ célibataires de nos basses-cours , qui doivent à leur continence le goût et le parfum qui les distinguent éminemmert des chapons.

LES C!IE:,iISES ROUGES. 279

Le reste des provisions se composait de fiuits secs et de salaisons, telles que anchoix de Nice, morues vertes et harengs de Flandre.

— Ah ça! s'écria M. Soleil, je tombe d'un gourmand chez un autre. Tudieu l docteur, il paraît que vous apportez des soins tout particuliers à votre nutrition.

— Oh! ohl ce n*est pas pour moi, dit le docteur avec un rire d'humilité.

— Et pour qui donc ?

280 LEf^ r,ii::M!si:^ r.oucES.

— C'est pour mes inégalanlhropogéiiésiens.

~ Comment dites-vous cela ?

— Je dis mégalanthropogénésiens...

de n:iégalantlu opogénésie ou Part de procréei de grands hommes.

Vous procréez de grands hommes.

Certainement.

Mais encore, dans quel genre?

LES CIiE:,IISES ROUGES. 2S1

— Dans tous les genres elau choix.

Voulez-vous des mégalanlhropogcnosions guerriers ou savants, un Alexandre ou un Newton? Je peux vous en niontrer. J'ai des mégalanihropogénc siens musiciens et poètes, sculpteurs et peintres, navigateurs et médecins. Telque vous me vo^cz, ' en ce moment je m'occupe à former un mégalanthropogénésien de Tordre des voleurs ou bandits, destiné à luUer avec les modèles du genre, et qui surpassera un jour, j'en suis cerfain, les plus célèbres malfai' -rs, tels que Mandrin et Cartouche. Mais ; comme vous le pensez bien, ceci n'est qu'un pur article de curiosité et de fantaisie.

— Je comprends, dit M Soleil, qui ne comprenait pas»

— Prévenez-moi quand vous voudrez avoir un mégalanthropogénésien î

— Je vous remercie.

Oiî une mégalonlhropogénésienne,

Fort bien.

— Il ne s'agit absolument que de faire suivre un régime dont je possède seul le secret.

LES CIÎI^MTSRS Tini'GES. £^3

— Et quel régiiTiC peut faire devenir.». ce que vous dites? demanda M. Soleil,

— C'est le chef d'œuvre de la chimie, répondit l'excellent docteur.

Il faut pendant six années, ne vivre absolument que de cresson, d'escargots et de chardonnerets, variés de huit jours en huit jours par le bon potage connu sous le nom de potage à la jambe de bois.

Quand on a suivi rigoureusement ce régime, il devient nécessaire de se baigner

2^4; LES CULiUSES ROltJlIS.

danscluiail tiède, durant trois mois, tous les Irois jours, pendant trois heures, en ne prenant d'autre nourriture que des hannetons en salade, que l'on a soin de mettre sous de la glace, afin qu'ils durent les trois mois.

Ce laps de temps écoulé, on doit sesubstanter encore une année entière de raves plaies des Vosges, avec force vers luisants accommodés à la sauce aux tomates, et une bouillie de crème au riz tous les soirs.

Après ces différents réginxes, on passe vingt-quatre heures à boire, de quart en

quart, de Teau de source édulcorée avec du miel des lies Philippines ; c'est le dernier article à suivre, jusqu'à rage com^ munément désigné sous le nom d'âge de raison.

Pendant que le docteur Palmézeaux parlait ainsi, François Soleil le regardait attentivement dans les yeux, étourdi de ce qu'il entendait, et cherchant vaguement sou chemin au miheu de ces paroles entrelacées et déraisonnables. A la un. se rappelant le sujet primitif qui Pavait appelé en ces lieux, il se fatigua de piêtcr son aftenlion à ces sornettes se-»

^^o LL:- c:::.:.ii. i:s lio^uiis.

rieuses, el frappant du pied sur le sol gras et noir du caveau :

— Au nom du ciel, docteur, quittez pour un instant vos disseï talions ; venons-en au but. Vous m'avez donne rendez-vous; me voici, qu'est-ce que vous me voulez ?

A son tour le docicur Palmézeaux ouvrit les yeux avec un grand étonnement.

— Eh bien! mais,,. Est-ce que je ne vous l'ai pas dit?

LES t:ll!;":l^i: ^ r ; ;,s, £.^7

Ces mois furcnl prononcés avec une telle vérité de candeur, qu'ils coupèrent bras et jambes à IVL Soleil,

Sans s en apercevoir le docteur poursuivit :

— Je veux vous faire participer à l'œuvre immense et glorieuse dos mégalanlhropogénésiens dans la limite de vos moyens pécuniaires, c'est-à-dire en vous instituant le banquier de cette entreprise scienlifique. Qu'en pensez-vous ?

Et il se campa sur ses hanches comme un homme content de lui-même.

288 u:s cîi:;:;iisi:s kuixes,

M. Soleil ne rÔDondit pas, mais il fit entendre un gémissement plarntif,

— Eli bien? reprit le docteur qui attendait une réponse. '

" Si nous sortions de cette cave? murmura son interlocuteur.

— Pas encore, mais asseyez a^ous sur ce fromege.

M, Soleil s'assit sur un fromage.

î! avait l'air d'un patient. 11 n'écou(alt plus.

— y ai besoin de beaucoup d'argeiï pour mes expériences; vous le concevez lacilement ; je compte sur vous ; et, en échange, je vous livrerai ce que je vous ai promis.

Exaspéré et ouvrant impétueusement les bras, M. Soleil cria de toutes ses forces :

— Mais encore une fois docteur, vous ne m*avez rien promis î rien ! rien!

— Croyez-vous ?

'^ais je le jure sur la tôle de vos H 19 »

^'X) L:iS CIIE.MISES ROUGES.

cyclopcs, de vos colosses et de (ous vos

iDorislres en général I

— C'est singulier. Alors il faut reprendre plus haut. Combien payeriez-vous, par exemple, la connaissance d'un secret de M. le duc?

D'un secret?

— Ou d'un mystère, comme vous vou-

&tCZ.

— i'eniends bien, dit M. Soleil, attentif, et se araltant le nez d'un air réfléchi.

tfeS CHEMISES ROUGES. 291

Eh bien î

— Dame ! mon cher docteur, cela dépend du mystère ou du secret.

— Allons, allons, je vois que vous me soupçonnez ; peut-être croyez-vous qu'il s'agit d'une niaiserie, d'une peccadille sans importance. Détrompez -vous, le secret dont je parle est sérieux et surtout plus fertile que vous ne l'imaginez.

—•Vraiment?

— En rexploitant avec adresse, vous en avez jusqu'à ia Qn de vos jours.

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