‹ Les Folies raisonnantes, le délire d'interprétationChapitre 10 sur 78 · II. — DÉLIRE DE GRANDEUR · texte numérisé non relu

II. — DÉLIRE DE GRANDEUR

Vidée de su'périorité^ forme atténuée de l’idée de grandeur, se rencontre chez nombre d^interprétateurs. Ils vantent leurs talents, exaltent leurs vertus, font admirer leurs ouvrages, discutent avec assurance des questions qui leur sont inconnues. Un malade de Bail déclare qu’il « a brillé comme une étoile à l’école primaire ». L’orgueil des persécutés peut se manifester encore par le choix d’un ennemi puissant ou d’un défenseur illustre.

L’exaltation de la personnalité aboutit maintes fois à une mégalomanie caractérisée : idées ambitieuses, idées de richesses, idées de grandeurs. Les ambitieux se croient appelés aux plus hautes destinées : ils se posent en politiques profonds,.en réformateurs de génie. Les millionnaires se plaisent à calculer le chiffre de leur fortune, à établir sa provenance, à compter le nombre d’héritages dont on les a frustrés. Les idées de grandeur proprement dites sont très diverses et se traduisent par des titres variés : un prétendu Lord redouble une lettre de son nom et le prononce avec l’accent britannique ; un autre s’anoblit en prenant la particule; une pseudo-musulmane écrit Iz-Ab-El son prénom Isabelle ; une normande qui s’appelle Raul... affirme qu’elle descend de Rollon ; une jeune femme dont la’ mère s’appelle Marie Micis, estime que c’est là un nom tronqué : elle appartient en réalité à la grande famille des Médicis. Quelques-uns, reniant leur famille qu’ils qualifient de famille

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