Dupré et Lévi, Revue neurologique, 1903, n
2. Séglas, Leçons clin, sur les maladies ment, et nerv. Les persécutés auto-accusateurs, p. 540 Paris, 1895.
Sérieux. 9
le sujet rectifie le plus souvent cette idée, émise en général sous forme interrogative.
Pourtant Gilbert Ballet et Séglas admettent qu’il est des cas où les idées d’auto-accusation, une fois installées, persistent d’une façon constante à côté des idées de persécution. Une observation de Gilbert Ballet où « il n’est pas prouvé que le malade ait eu des hallucinations^ », appartient peut-être au délire d’interprétation. En outre Séglas a établi l’existence d’un délire systématique primitif d’autoaccusation qui nous apparaît, en raison de ses caractères, comme une forme du délire d’interprétation.
« Le délire, écrit Séglas, se présente sous un aspect, avec des caractères intrinsèques très différents de ceux du délire d’auto-accusation de la mélancolie... Loin d’avoir cette fixité monotone qui fait du délire mélancolique une sorte de litanie, les conceptions délirantes revêtent un caractère de systématisation des plus nets. Les moindres faits sont interprétés par le malade dans le sens de ses idées et deviennent autant de preuves à l’appui de ses convictions... il ne se borne pas à chercher des preuves dans le présent, mais il remonte dans son passé pour y trouver à chaque pas de nouvelles preuves de son indignité et de ses fautes. Le délire d’auto-accusation repose essentiellement sur des interprétations délirantes ; dans les cas de forme chronique que nous avons observés, nous n’avons pu relever d’hallucinations..'. En dehors de leur délire partiel, les malades conservent toute leur lucidité, toute leur vivacité d’esprit ; et beaucoup d’entre eux peuvent même continuer à s’acquitter comme devant de leurs occupations ordinaires. Cette forme délirante peut-elle aboutir à la démence?... Les observations que nous avons relevées ne nous permettent pas de l’affirmer catégoriquement-. »
1. Gilbert Ballet, Leçons de clinique médicale, 1892. page 34.
2. Séglas, Le délire-systématique primitif d'auto-accusation. Arch. de Neurol., juin 1899.