Hitzig, üeber den Quürulantenwahnsinn, Leipzig
,GENÈSE ET CAUSES
citation ne peut se propager d’un groupe à un autre. Il en résulte une production de représentations incomplète dans tous les cas, mais surtout appréciable lorsque le territoire lésé serait appelé à jouer un rôle spécial. Le trouble intellectuel de la paranoïa est, en somme, pour Hitzig, la manifestation, certaine au point de vue clinique, très probable au point de vue anatomique, d’un symptôme de déficit permanent ; l’interruption des associations d’un plus ou moins grand nombre’de territoires cérébraux, d’où la diminution plus ou moins grande dans le nombre et l’intensité des représentations possibles.
Incontestablement séduisante, la conception de Hitzig^ n’est pas encore confirmée par l’histologie. Psychologiquement elle a le mérite de mettre en lumière ce défaut d’autocritique si remarquable chez nos malades ; en ce sens il serait peut-être permis de dire qu’ils présentent un état de déficit, de faiblesse psychique. Comment expliquer cependant que cette lacune reste circonscrite non pas à une fonction, mais à une catégorie de représentations? Pourquoi les centres d’association paraissent-ils conserver leur intégrité tant que certaines idées n’interviennent pas ?
Berze^ place à la base de la paranoïa un trouble de l’aperception, c’est-à-dire une difficulté du processus qui consiste à maintenir un état psychique au premier plan de la conscience. Il en résulterait un rétrécissement du champ de la conscience qui favorise les associations erronées, entraîne un amoindrissement du sens critique et permet le développement d’idées de grandeur. D’autre part, à l’aperception passive se lie un sentiment de souffrance qui provoque d’abord le soupçon d’être lésé, puis des idées de persécution. Weygandt objecte avec raison que cette théorie convient pour les seuls cas où existent des troubles graves de l’aperception, c’est-à-dire pour la démence paranoïde mais non pour la Paranoïa ; Berze d’ailleurs maintient les délires systématisés hallucinatoires dans le cadre de cette dernière affection.