Renaudin, Études médico-philosophiques, Paris
3. Marcé, Traité pratique des maladies mentales, Paris, 1862.
HISTORIQUE
gnifiantes dans le sens de ses fausses conceptions ». Parmi ces monomanes prennent place persécutés, mystiques, ambitieux, inventeurs, érotomanes, obsédés, hypocondriaques etmélancoliques.
La dissociation des monomanies date surtout de Lasègue* (1832). La lypémanie fait place à deux affections différentes : mélancolie et délire de persécutions, A vrai dire le délire de persécutions de Lasègue comprend lui aussi un certain nombre de cas que l’on classera plus tard sous des étiquettes différentes. La proportion des persécutées femmes s’élevait à 2o p. 100 des entrées : ce chiffre suffit à prouver la trop grande extension du groupe. On y trouve à côté des délires sensoriels, les délires intellectuels. A l’occasion des illusions et des interprétations du début, Lasègue remarque : « Jusque-là le malheureux persécuté s’est maintenu dans les limites des sensations vraies sur lesquelles il a fondé ses inductions délirantes, un certain nombre de malades ne va pas au delà. Ce quil a entendu, il a pu, il a dû l’entendre, et bien qu’il ne dépasse pas cette mesure, il peut parcourir tous les échelons et arriver au terme le plus avancé de la maladie... L’hallucination de l’ouïe n’est ni la conséquence obligée, ni l’antécédent nécessaire du délire, de persécution 2 . »
Lasègue (en dehors de ses recherches sur le « délire persécuteur » qui correspond à notre délire de revendication) n’est jamais revenu sur l’étude de ces délires de per-
y. Lasègue, Bu délire de perséculions. Archives générales de médecine, fév. 1852. — Legrand du Saulle, Le délire de persécutions, in-8“. Paris, 1873.
2. Lasègue donne une observation, malheureusement écourtée, qui semble pouvoir être classée dans les délires interprétatifs. 11 parle d’un malade qui, « travaillé parle besoin d’expliquer, limitait spontanément ses interprétations dans le cercle le plus étroit ».
sécutioQS basés sur des interprétations. Dans une commu- .nication, faite en 1880, il déclare même que « l’hallucination ^ de l’ouïe est un symptôme pathognomonique du délire de persécution ; le persécuté peut s’en passer pendant quelque temps, mais elle lui arrive toujours à un moment donné ». Parlant des interprétations qui se montrent au début du délire,, il les désigne du nom d’ « hallucinations initiales^ causales », par opposition aux troubles sensoriels vrais ou « hallucinations consécutives, terminales. »
D’après Morel (1860) les interprétations maladives sont « dans la généralité des cas comme la période d’incubation, sinon comme le premier degré des illusions et des hallucinations. Ces derniers phénomènes peuvent manquer lorsque le mal est enrayé dans son cours ; néanmoins les interprétations maladives existent toujours’ ». Il classe dans ses folies héréditaires certains persécutés ou ambitieux, « maniaques raisonnants, systématisateurs intrépides qui ne reculent devant aucune conséquence absurde » ; ces sujets appartiennent peut-être au délire d’interprétation.
Dans la folié raisonnante ou folie lucide prennent place quelques délires interprétatifs. Certains « monomanes lucides » de Trélat- ressemblent à des interprétateurs,
Jules Falret (1866), dans une communication où il s’élève contre le rang d’entité morbide assigné à la folie raisonnante, a peut-être en vue le délire d’interprétation quand il parle de persécutés, pris pour des fous raisonnants,.dont l’état mental est souvent difhcile à diagnostiquer et que 1 on rencontre plutôt dans la pratique civile que dans les asiles d’aliénés : il ne signale pas de troubles sensoriels.