‹ Les Folies raisonnantes, le délire d'interprétationChapitre 55 sur 78 · Th. Ziehen, Psychiatrie, 2« édit., Leipzig, 1902, p · texte numérisé non relu

Th. Ziehen, Psychiatrie, 2« édit., Leipzig, 1902, p

HISTORIQUE

complémentaires, d’où résulte finalement un système délirant logiquement coordonné. Les troubles sensoriels peuvent manquer complètement ou ne survenir qu’une seule fois dans le cours de la vie ; ils restent toujours sans influence sur la marche de la maladie ; quelques courts accès hallucinatoires éclatent parfois sans laisser de trace.

Wernicke^ décrit les délires de rapports, de relations {Beziehungswahn) qui paraissent correspondre aux psychoses à base d’interprétations. VVernicke ne les considère que comme une désignation collective d’un grand nombre de conceptions délirantes, liées à l’acte de la perception et apparaissant en même temps que cette dernière:

C’est une falsification des perceptions. Tantôt l’origine doit en être cherchée dans le sentiment d’une modification de la personnalité du sujet ; ce délire de rapports autop^ychique se localise de préférence à des représentations bien déterminées ou à un groupe de représentations. Il s’agit alors d’un délire autopsychique circonscrit. Dans certaines psychoses chroniques, ce délire circonscrit et une idée prévalente associés constituent les deux seuls symptômes, au moins au début. Tantôt on observe un délire allopsychique avec conscience altérée du monde extérieur ; tantôt encore il s’agit d’un délire somatopsychique (délire de persécution hypocondriaque, etc.). Il existe enfin un délire de rapports rétrospectif.

Parmi les autres travaux récents qui ont eu pour but Tétude de la paranoïa ou des délires de signification personnelle {Krankhafte Eigenbeziehimg de Neisser, Beziehungswahn, Beachtiingsioahn de Meynert et de Cramer, Delirium convergent], travaux dont la plupart ont déjà été cités, nous ne pouvons que mentionner rapidement

1. Wernicke, Grundriss der Psychiatrie, 2« édit., Leipzig, 1906,13* le-

ceux de Friedmann (1894 et 1897) de Cl. Neisser (1892, 1896, 190S, 1906), de Koppen (1894), de Sandberg (1887l89o), de Linke (1896-1902), de Tiling (1897,1904,1906), de Salgo (1897), de Specht (1901), de Margulies (1901), de Cramer (1902), de Berze (1903-1906), de Schneider (1903), de Lomer (1905), de Rosenfeld, de Heilbronner (1907)’-.

En résumé la majorité des auteurs allemands décrit une paranoïa chronique simple (par opposition à la paranoïa chronique hallucinatoire) analogue aux délires interprétatifs, et dont la folie quérulante n’est qu'une variété. Mais ils n’établissent pas l’autonomie de cette psychose qui, plus compréhensive que le délire d’interprétation, reste maintenue par eux dans le même cadre que la parano'ia hallucinatoire.

Il faut arriver à la sixième édition (1899) du Traité de Kraepelin ^ pour assister à une transformation complète de la conception des folies systématisées. Jusque-là Kraepelin adoptait à peu près les classifications que nous venons d’exposer. Dans les éditions de 1887, de 1889 et de 1893 il considère en effet la Verriicktheil ou Paranoïa comme caractérisée par le développement chronique d’un système délirant durable avec conservation complète de la lucidité. Il distingue deux formes ; F une expansive, Fautre dépressive, avec chacune deux variétés caractérisées par la présence ou Fabsence d’hallucinations [faranoia combinatorid). Dans le délire de persécution non hallucinatoire {Ber combi-

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