Friedmann, Veber den Wahn, Wiesbaden
2. Travaux publiés in Allg. Zeitsch. f. Psyohial, — Psychiatr.-neurol. Wochenschr. elCentralbl. f. Nervenh. u. l'sychiaL
3. Emil Kraepelin, Psychialne, 6« édition, Leipzig, 1899. Cf. 1’. Sérieux, La nouvelle classification des maladies mentales du Prof. Kraepelin, Rev^de Psychiatr., avril 1900. — R. de Fursac, loc. cil.
HISTORIQUE
natorisehe Verfolgungswahn), le prétendu préjudice intéresse, non l’organisme même du malade, mais ses intérêts sociaux. Il y a aussi un délire de grandeur non hallucinatoire. En 1896, Kraepelin divise la paranoïa en deux groupes : les formes combinatoires et les formes hallucinatoires [fantastiche). Mais dans les éditions de 1899 et 1904 ^ Kraepelin critique vivement la conception de la paranoïa : il rattache à la démence précoce, et spécialement à la démence paranoïde, les formes hallucinatoires à terminaison démentielle, même lorsque celle-ci apparaît tardivement. Il réserve le nom de Paranoïa à un groupe de cas, (correspondant au délire d’interprétation et au délire de revendication), dans lesquels les conceptions délirantes constituent le symptôme — non pas unique — mais cependant de beaucoup le plus saillant de la maladie. On voit se développer très lentement un système délirant, durable, inébranlable, cependant que persistent sans être troublés la lucidité et l’ordre dans la pensée, la volonté et les actes. Cette psychose aboutit nécessairement à une transformation profonde de la façon dont le sujet conçoit le monde, il ne voit plus sous l’angle habituel les personnes et les événements de son entourage.
La maladie débute par une période d’incubation, habituellement très longue, caractérisée par des modifications de l’humeur, de la défiance, un état de malaise physique, des préoccupations hypocondriaques ; le malade s’isole peu à peu des siens, ébauche quelques rêves ambitieux. Puis arrivent les interprétations délirantes, qui constituent le symptôme prédominant, les idées de persécution et de grandeur.
1. E. Kraepelin, Psychiatrie, 7® édition, Leipzig, 1903-1904. Cf. Kraepelin, Introduction à la psychiatrie clinique, 2® édit., traduction par Devaux et P. Merklen, Paris, 1907. „
En général, les hallucinations restent rares. Dans quelques cas "exceptionnels seulement, les paranoïaques présentent des troubles sensoriels assez actifs pondant un certain laps de temps; habituellement ce n’est qu’une hallucination auditive épisodique, le plus souvent un seul mot ou une courte phrase ; parfois il existe des visions nocturnes. Les pseudosouvenirs jouent un rôle assez important et contribuent à la création d’un délire rétrospectif. La conviction du malade demeure absolument inébranlable. L’humeur reste en rapport avec les conceptions délirantes. Les actes peuvent être longtemps corrects ou ne sont qualiüés que d’originalité. Les idées de persécution et de grandeur, quel que soit leur caractère romanesque, se maintiennent toujours dans le cadre du possible et du naturel. Il n’y a jamais de délire de possession corporelle, ni de transformation de la personnalité. L’absence de troubles primitifs de la volonté est un symptôme d’une valeur toute spéciale. La marche de l'affection est très lente ; l’intelligence reste intacte jusqu’à -un âge avancé. Pas de troubles somatiques.
Les auteurs allemands n’ont pas tous consenti à restreindre ainsi le cadre de la paranoïa. Mendel, Ziehen dans les récentes éditions de leurs Traités (1902) maintiennent leurs anciennes divisions.
En Suisse, Bleuler (de Zurich), dans une étude fort intéressante ^ et déjà citée, envisage la paranoïa dans le même sens que Kraepelin avec seulement quelques réserves.
11 admet des paranoïaques persécutés, mégalomanes, érotiques, jaloux, hypocondriaques; les quérulants forment une variété spéciale. Bleuler fait observer que pendant l’évolution de cas nombreux (mais non chez tous), peuvent se
I. Bleuler, Affectivilâl, Sur/geilibilitât, Parano'ia, Halle, 1900.
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manifester des hallucinations, tantôt isolées, tantôt sous forme d’un accès de confusion hallucinatoire plus pu moins caractérisée et durant de quelques heures à quelques semaines. U y a enfin des cas où les hallucinations -jouent un rhle prépondérant, mais qui, sous tous les autres rapports, ressemblent à la paranoïa en ce sens que l’affaiblissement psychique n’est pas encore appréciable après un grand nombre d’années.
En Italie, Amadei ef Tonnini (1883-1884) distinguent parmi les délires systématisés primitifs, les formes originelles des tardives, les formes non hallucinatoires des formes sensorielles ^.
Morselli (1885-1898) décrit les délires d’inférence ou par raisonnement (psychoses interprétatives) et les place à côté de la paranoïa originelle dégénérative dans les paraph'énies (anomalies de l’évolution cérébrale).’
Tanzi (1905) donne de la paranoïa une description qui ne diffère de celle de Kraepelin que sur quelques points ^
« Nous enlevons, dit-il, de la paranoïa les délires paranoïdes ; ainsi réduite la paranoïa gagne en pureté ce qu’elle perd en extension ; elle ne comprend plus qu’un petit nombre de délires d’apparence raisonnable, de formation lente, très stables, qui vont se confondre avec l’excentricité et ensuite se rapprochent beaucoup de l’état normal. » Il insiste sur le rôle des interprétations, sans rejeter complètement les hallucinations ; mais il reconnaît que les vrais paranoïaques, sauf quelques exceptions, ne sont pas hallucinés ; la proportion de malades dépourvus de troubles sensoriels serait de 80 p. 100. Tanzi définit la paranoïa une anomalie constitutionnelle très rare qui demeure latente durant de longues années et qui se manifeste à l’âge adulte par un
1. Amadei et Tonnini.’/.a paranoïa e le sue forme, Archivio ilaliana per le malattie nervose, Milan, 1883-84.