TÉ DES LÉSIONS
Hémisphère
droit
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1° La T* et la r P sont incontestablement les plus souvent lésées clans la surdité verbale : 14 cas sur 20, soit dans les 3/4. — 2° La lésion ne siège que très rarement à la fois sur les deux lobes temporaux (3 fois). — 3° Le lobe temporal droit n’est jamais lésé isolément.
Enfin, ce tableau montre aussi avec quelle fréquence le processus morbide atteint d’autres régions du cerveau. Si la surdité verbale se complique d’aphasie motrice, Finsula et le pied de la F* gauches sont lésés. Si elle est accompagnée de phénomènes paralytiques, la lésion s’étend aux circonvolutions centrales et même aux ganglions de la base. A côté de la surdité verbale, il existait dans quelques cas des phénomènes de cécité psychique, de cécité verbale en particulier, ce qu’expliquent les lésionsfsur l’hémisphère gauche, non seulement du lobule pariétal inférieur, et en particulier du pli courbe, mais aussi celles des circonvolutions du lobe occipital. Quoique considérée généralement comme un symptôme de lésion en foyer, soit de l’écorce, soit des faisceaux sous-jacents, bref,comme un phénomène de déficit (Ausfallserscheinung), la surdité verbale peut n’être qu’un symptôme indirect, un effet secondaire (Nebenwirkung), et résulter d’une action à distance exercée sur le lobe temporal gauche par un processus morbide d’une région quelconque du cerveau : il peut exister alors une surdité verbale sans lésion appréciable des T 1 et T gauches.
Quant au mécanisme des lésions qui produisent la surdité verbale, Seppilli rappelle naturellement ce que nous a appris l’anatomie de la circulation cérébrale (Duret, Heubner) sur la distribution de l’artère sy!-
vienne aux F\ FA, PA et T 1 . On comprend ainsi pourquoi, dans les lésions destructives résultant d'un foyer de ramollissement hémorrhagique ou ischémique, par thrombose ou embolie, la surdité verbale apparaît tantôt seule, tantôt associée à l'aphasie motrice, ou à des troubles paralytiques de la motilité et de la sensibilité générale du facial et des extrémités. Seppilli réfute l'opinion de ceux qui voient dans la surdité verbale, non un symptôme d'une lésion en foyer, mais un symptôme d'affaiblissement intellectuel, hypothèse que contredit suffisamment, en effet, et l'observation des cas de surdité verbale sans altération notable de l'intelligence, et celle des déments qui-* en dépit d’une amnésie générale souvent si étendue, d’une ruine si profonde de l'intelligence, comprennent encore pourtant les questions qu'on leur adresse.
Enfin, on sait que l’amnésie verbale peut exister sans aucun symptôme de surdité verbale, et que celle-ci peut également exister sans celle-là, quoique ces deux affections aillent souvent de compagnie. Si, en effet, comme l’admet Wernicke, les circonvolutions temporales sont les centres des images acoustiques des mots, on conçoit que, dans le cas de lésions destructives des P et T% la perte de ces images verbales, qui entrent dans la constitution si complexe de nos concepts, ne nous permet plus ni de comprendre la signification des mots entendus, ni d’exprimer nos propres idées au moyen de ces symboles ou images acoustiques verbales. Un cas de Cattani 1 , où un
1 Cattani a publié une étude comprenant vingt-quatre observations rassemblées dans la littérature, sur les localisations pathologiques des lobes temporo-spbénoïdaux {Le localizzationi delle malade net lob
homme de soixante et un ans, atteint d’amnésie verbale, avait 1 ouïe intacte et répondait « aussi bien que possible » aux questions, a môme inspiré à Seppilli une hypothèse originale sur les localisations fonctionnelles des Ti et! i, hypothèse en accord d’ailleurs avec les idées dualistes de Luciani sur l'espèce de hiérarchie des éléments constitutifs des centres sensoriels.
Chez le malade de Cattani, atteint d’amnésie verbale et ne disposant plus qu’en partie des images verbales acoustiques nécessaires à l’expression des idées parla parole, un foyer de ramollissement occupait la moitié antérieure du lobe temporal gauche, mais la T’ était intacte. Or les sensations acoustiques verbales étaient perçues et comprises : le malade n’était pas sourd, et répondait tant bien que mal, mais avec justesse. « Ces faits portent à croire, dit Seppilli, que les points où sont perçues les paroles comme images verbales sonores, ne sont pas identiques avec ceux où se forment les images sonores des paroles correspondantes aux idées... On pourrait donc admettre, si l’on voulait faire une hypothèse, que la perception acoustique des mots a surtout pour siège la T’gauche, tandis que les autres circonvolutions temporales du même côté auraient pour fonction de conserver les images acoustiques verbales indispensables à l’expression des idées. »
iemporo-sfenoidali del cervello). Les conclusions, assez négati ves, de ce clinicien, disent entre autres que ces lobes peuvent être lésés sans donner lieu à aucun symptôme appréciable, que les phénomènes les plus fréquemment observés (aphasie) dérivent de l'abolition ou de l’aflaiblissement de la mémoire, et que les altérations de la sensibilité spécifique de cette région, qui ne sont rien moins que constantes, sont loin de confirmer les résultats de l'expérimentation physiologique. L' Archivée italiano per le malade nerv. (1881, p. 353), qui rapporte ces conclusions, renvoie à la Gazzetta degli Ospitali (1880), que je n’ai pu consulter.
Voilà ce que la physiologie el la clinique ont trouvé touchant les fonctions et les rapports du lobe temporal avec les nerfs acoustiques 1 . Quant à l’anatomie, elle aurait « vainement tenté jusqu’ici de découvrir le parcours intracéphalique et l'origine de ces nerfs 2 ». Nous avons assez loué l’érudition étendue et de bon aloi des auteurs italiens, celle en particulier de Luciani et de Seppilli, dans leur domaine respectif, pour qu’il nous soit permis de nous étonner un peu ici de les entendre parler ainsi. En 1884, quand ces auteurs présentèrent leur grand travail à l’Institut royal lombard des sciences et lettres, M.M. Du val avait indiqué la racine postérieure du nerf acoustique comme le nerf véritable de l’audition, et Monakow 3 avait constaté que le corps genouillé interne s’atrophie secondairement après extirpation du lobe temporal, ce qui montrait assez, les fonctions de ce lobe étant connues, que le nerf acoustique proprement dit, « le nerf du limaçon » (Flourcns), se trouvait en rapport avc*c le corps genouillé interne. Les auteurs italiens n’ont pu connaître les travaux postérieurs à la publication de leur livre en langue italienne ; mais, si l’on remarque que la partie* clinique et anatomo-pathologique du travail de Seppilli, consacré au centre cortical de l’audition, a paru avec des additions considérables dans l’édition allemande de 1886, en même temps que les
1 Tamburini et Riva {fHcerehe mtla anatomia patologica délia parafai progressiva, etc.) ont constaté des lésions du lobe temporal, de la T, en particulier, dans des cas d'hallucinations de route. Dans un cas d’hallucination unilatérale de l’ouïe, la lésion était limitée a la T, du côté opposé.
* Le Localizzazioni funz. del cet'vello, p. 234.
* Archiv . für psychiatrie, 1882.
recherches physiologiques de Luciani sur le même sujet, pourquoi ni les auteurs italiens ni le traducteur allemand, M. O. Fraenkel, n'ont-ils au moins signalé ni les études de Flechsig, ni celles de Bechterew, faites au laboratoire de Flechsig et publiées, en 1885, dans le Neurologischea CentralhlaU de Mendel, ni les études de Forel et d’Onufrowicz 1 , sur le trajet et l’origine central du nerf acoustique, en particulier sur les rapports de ce nerf avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs (Flechsig, Bechterew) ? Les belles études postérieures de Baginsky (1886) et de Spitzka (1886), que nos auteurs n’ont pu connaître, n’ont guère modifié ce que l’on savait dès lors. Mais on en savait assez, on l’avouera, pour suivre le parcours intraeéphalique du nerf acoustique, depuis le limaçon jusqu’à l’écorce du lobe temporal, à travers quelques-unes des principales stations intermédiaires de ce nerf, dans les tubercules quadrijumeaux postérieurs, les corps genouillés internes et la couronne rayonnante. On ensaitdavantage, sans doute, sur le trajet et l’origine des nerfs optiques. Mais l’analogie si nette entre le parcours de ces deux espèces de nerfs aurait déjà dû frapper des esprits pénétrants.
Nous ne voulons pas terminer ce chapitre sans faire remarquer de quelle importance capitale serait, pour la physiologie et l’anatomie pathologique de l’audition, l’étude des cerveaux de sourds-muets*. Il n’existe
1 Archiv. /. pftych.f 188»*».
* Silvio Venturi a publié une note clinique intéressante sur l’J ifdttfon ( fiez les épileptique» {SuW udito degli epiletlici. — Are.h. di psiehialria , 1886). l/acuité rte l'ouïe serait très notablement abaissée, surtout du ■côté opposé à la plagiocépbalie, que l’auteur a constatée 30 fois sur 10 épileptiques hommes, et 26 fois sur 35 épileptiques femmes.
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pourtant pas de recherches d’ensemble sur ce sujet. A l’autopsie, les médecins s’appliquent d'ordinaire à constater les lésions de l’oreille interne, les malformations de l’organe périphérique de l’audition, etc. Mais l’examen du cerveau n’a pas encore assez attiré leur attention. Aussi bien, la connaissance de la structure et des fonctions des centres corticaux et infracorticaux de 1 audition, nécessaire pour un examen scientifique de ce genre, a fait longtemps défaut. On doit précisément à Seppilli une bonne étude de deux cerveaux de sourds-muets de naissance : l’un appartenait à une le mine de trente-six ans, l’autre à un homme de quarante ans. Dans les deux cas, il existe un arrêt de développement des lobes temporaux au regard des autres régions cérébrales, en particulier une atrophie marquée, sur l’un de ces cerveaux, de la T, gauche.