OBSERVATIONS SL AB XIV 30 31 IX 35 72 XIII 48 44 XV
Réciproquement, dans la même hypothèse, les cas cù ST est : le plus considérable devraient répondre aux cas où UT serait le moins diminué. Là encore, c'est le contraire que nous consta-
tons :
à TABLEAU IV Vo OBSERVATIONS ST UT XX 9 233 XI 14 moins de 70 XVIII 16 196 VIII 16 27
Nous voyons donc que là où le sérum est hypertoxique, les urines sont plutôt hypotoxiques ; et que là où le sérum est hypotoxique, les urines renferment une quantité normale de subs-
’tances toxiques. Il en résulte donc que l’hypotoxicité des urines est due, dans ces cas, à la diminution de l'élimination rénale, et non à la moindre production supra-rénale de substances toxiques. La fonction rénale est donc bien entravée, dans ces différents cas. . |
Ce premier point étant fixé, il est intéressant de voir les effets sur la toxicité du sérum de la diminution de l'élimination uro-
toxique. Y a-t-il un rapport inversement proportionnel entre la toxicité du sérum et celle des urines? Pour juger de l’existence de ce rapport, il ne faut plus seulement considérer ici la quantité de substances toxiques contenues dans l'urine, comme nous venons de le faire pour apprécier la fonction du filtre rénal à l'égard de ces substances ; il y a lieu d'envisager la quantité d’urine éliminée en un temps donné, et la quantité d’urotoxies qu’elle enlève à organisme durant ce temps ; car, en somme, un rein peut très bien livrer passage aux matières toxiques, mais si, sous l'influence d’autres facteurs, l’oligurie s'établit, le courant d'urine ne se fait plus, il en résulte qu'en définitive les substances toxiques ne sont pas éliminées ; la rétention toxique s’installe dans l'organisme. La perméabilité rénale aux toxines est mesurée par la valeur de UT ; l'élimination réelle des toxines est mesurée par le nombre d’urotoxies rendues en 24 heures. Or il est facile de vérifier, par la lecture du premier tableau où les observations sont rangées par ordre d'élimination urotoxique croissante, que la toxicité du sérum n'augmente pas au fur et à mesure que l’élimination diminue : la troisième colonne montre une série progressive de chiffres ; c’est celle de l’élimination ; la première colonne, celle de la sérotoxicité, montre une série désordonnée de chiffres, qui ne permet de saisir aucune loi de relations avec la précédente : il y a des cas où la rétention toxique, caractérisée par la diminution de l'élimination urotoxique coïncide avec l'hypertoxicité du sérum (obs. XX, XI, XVIII, VIII) ; il en est d’autres où elle coïncide avec un sérum de toxicité normale (obs. XIV, XII, XVII) ou diminuée (obs. IX, XII, XV).
En résumé, d’après ces expériences, il n'existe pas de rapport constant et nécessaire entre le défaut d'élimination toxique urinaire et la toxicité du sérum.
Et nous passons aux cas où l'élimination est respectée :
B. — Cas où l'élimination des Doisons est respectée.
Nous résumons ces cas dans le tableau suivant (0e
TABLEAU V À L TOXICITÉ DES URINES TOXICITÉ DU SÉRUM OBSERVATIONS Le nm ST 4 A UE en 24 heures es CR ne» ER PT VI 17 59 45 VII 10 40 37 III Inférieure à 16 56 31 1 25 23 26 IV 16 449 26 \4 29 47 21
Nous tenons à faire remarquer de suite que ces cas d’élimination rénale respectée sont plus rares que ceux de la catégorie précédente, presque de la moitié » NOUS verrons plus tard qu'ils répondent à des formes cliniques plus rares aussi que celles auxquelles appartiennent ceux de Ja première série. Dans ces cas. il est une première distinction à faire : Parmi eux nous en voyons où la perméabilité aux toxines est très exagérée ; mais où la quantité d’urines rendues en 24 heures est faible : tel le cas [, où 23 centimètres cubes d'urine suffisent à tuer 1 kilogramme de lapin, mais où 26 urotoxies seulement sont éliminées en 24 heures. A l'opposé de ces cas, nous avons ceux où la perméabilité est légèrement diminuée, mais où la quantité des urines, relativement forte, rétablit le taux normal ou même exagéré d'élimination toxique : ainsi les cas II, V{. Nous verrons plus tard que ces deux formules physiologiques répondent à deux étapes différentes
(1) Les observations sont rangées par ordre d'élimination urotoxique décroissante.
d'une même variété de néphrite chronique, celle qu’on a appelée la néphrite parenchymateuse, et qui se caractérise cliniquement surtout par l'œdème. Nous n'insisterons pas ici, mais nous tenions à faire de suite cette remarque pour montrer l'importance qu il y a dans ces recherches à tenir compte des deux coefficients : perméabilité aux substances toxiques (UT), élimination des substances toxiques (urotoxies en 24 heures).
Ce tableau nous montre, lui aussi, qu'il n’existe aucune relation de proportionnalité entre la toxicité du sérum et celle des urines. Mais il est intéressant de noter que, dans ces faits d'élimination urotoxique conservée ou exagérée, nous ne voyons pas de cas où la toxicité du sérum soit diminuée; ici elle est toujours normale ou exagérée ; ce fait rentre peut-être pour une part dans la toxicité exagérée des urines ; mais il ne suffit évidemment pas à l'expliquer, puisque la classe précédente d'observations nous a montré des cas de sérotoxicité équivalente, où l’urotoxicité était bien diminuée. En outre, nous l'avons dit, il y a loin d'exister une proportionnalité entre l’hypertoxicité du sérum et celle des urines ; les chiffres du tableau précédent le montrent suffisamment. Nous pouvons donc conclure que, dans les faits réunis ici, la fonction d’élimination toxique du rein est réellement normale ou exagérée. Et dans ceux-ci, malgré la conservation de la fonction rénale, la toxicité du sérum est normale ou exagérée.
Avant de passer à l'analyse des résultats donnés par les autres procédés, nous voulons revenir une dernière fois sur ce fait que dans 4 cas seulement sur 21 (VIII, XI, XVII, XX), nous avons vu la toxicité du sérum être inversement proportionnelle à la toxicité des urines. Cette conception, que la logique pouvait imposer 4 priori, se trouve donc être trop simpliste et controuvee par les faits.