‹ Les Fonctions du Rein dans les Néphrîtes ChroniquesChapitre 7 sur 45 · LOT · texte numérisé non relu

LOT

ques où l'épreuve a été pratiquée, pour assigner à chaque élément sa véritable signification. Et encore, dans certains cas, ne peut-on pas interpréter d’une manière certaine la courbe d’élimination du bleu.

Nous avons également passé en revue dans un autre travail les critiques, auxquelles s'étaient heurtées les méthodes de détermination de la toxicité des urines et du sérum sanguin. Les conclusions de ce travail montrent que ces critiques ont été plus souvent formulées théoriquement que basées sur des faits dûment constatés par l’expérience. Nous pensons que la méthode de Bouchard est fondée en ce sens qu’elle permet d'apprécier la puissance toxique des humeurs : toutefois elle nous a paru plus exacte, plus sûre, appliquée à l'étude de l’urine qu’à celle du sérum sanguin. Il serait évidemment illusoire de croire qu'un réactif animal présente toutes les garanties d’exactitude d’un réactif physique ou chimique ; dans l'étude des toxicités humorales, il ne convient pas d’attribuer à la série de calculs indiqués par M. Bouchard une valeur absolue ; pour telle humeur donnée, le chiffre de toxicité sera certainement variable dans chaque expérience et surtout pour chaque expérimentateur. Mais nous avons constaté que ces variations se meuvent dans des limites telles que les rapports de toxicité des humeurs recueillies dans certaines conditions déterminées sont constants. En somme, l'important pour nous, .qui cherchons à établir le mode d'élimination rénale des substances toxiques, est de savoir si telle urine est toxique ou non, hypertoxique ou hypotoxique. Cette donnée, comprise dans ces limites larges mais suffisantes, nous pensons que, de toutes les méthodes préconisées, c'est encore celle du professeur Bouchard qui peut la fournir dans les meilleures conditions d’exactitude, à la condition de se soumettre à une technique bien disciplinée et toujours identique ; et la réalité de cette assertion nous semble

LS D see

encore prouvée 4 posteriori par la cohérence, la clarté des résultats que nous avons obtenus (1).

En effet, ce travail pourra accessoirement nous servir à appuyer les conclusions des deux mémoires, que nous venons de rappeler succinctement. Aussi bien nous permettra-t-il de répondre à la seconde question, que nous avons posée : M. Lépine a soutenu que le terme de perméabilité rénale est un peu schématique, que la perméabilité rénale est différente pour chaque corps, est fonction de l'élimination de ce corps; que l'étude de l’élimination d’un corps ne peut renseigner que sur le mode d'élimination de ce corps, et qu’on ne peut conclure du mode de passage d'une substance donnée à celui d’autres substances. Cette objection séduisante nous a porté à adopter la technique, que nous allons exposer, et qui était le mieux faite pour nous mettre à l’abri des critiques de ce genre et pour y pouvoir répondre d'une manière satisfaisante. En effet, jusqu’à présent la plupart des auteurs, qui ont utilisé ces diverses méthodes, les ont employées chacune isolément. Nous avons pensé qu'il était préférable. pour obtenir des données’plus certaines, de les employer concurremment, afin d’en pouvoir comparer les résultats et de les contrôler les uns par les, autres. Déjà quelques médecins ont à la fois déterminé la toxicité des urines et la toxicité du sérum de malades néphritiques ou autres (Tarnier et Chambrelent, Bar et Renon, Picchini et Conti, Mairet et Vires, Dumarest, Rouma, Lesné). D'autres (Achard et Castaigne, Albarran et Léon Bernard, etc.) ont comparé l'élimination du bleu et l'élimination urinaire. Mais nous avons, dans nos recherches, joint les divers procédés que nous venons d'exposer, en les appliquant simultanément à chaque malade étudié. Pour chaque malade, dont nous

(1) Pour le détail des expériences, qui nous ont permis d'établir ces conclusions, nous nous permettons de renvoyer le lecteur aux deux mémoires cités (V. l’Index).

Page 1