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ACTION DU FOIE SUR LA COMPOSITION DU SANG

Le foie esl, vis-à-vis du sang, un organe forinaleur, un réservoir et un organe destructeur, ces trois fondions ayant pour but la rénovation, au moins partielle, de ce liquide et la constance de sa composition.

Cette fonction capitale du foie est prouvée, d’une façon évidente, par l’anatomie comparée ([ui, dès le début des ébauches bépalico-digeslives, montre, à leur niveau, une transformation des composants colorés du sang.

Elle est prouvée, surtout, par l’embryologie, qui montre le foie du fœtus à rôle hématopoiétique |)rédominant, avec un volume énorme et un poids pouvant égaler la moitié du poids total.

Chez l’adulte, enfin, cet organe apparaît riche en réserves de fer ; ses pigments dérivent des pigments sanguins; une relation intime semble exister entre l’hémoglobine et l’urée, etc. Enfin les travaux récents sur le rôle du foie, avec ou sans intervention des leucocytes, dans la production de substances coagulantes et anticoagulantes, sur le rôle de cet organe dans la production et la destruction de la fibrine, indiquent encore toute rimportancc de cette fonction.

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Aussi croyons- nous utile, malgré le silence des aulcurs classiques, de considérer, dans son ensemble, l’action du foie sur la composition el la régulation du sang.

A. Régularisation de débit du sang, — Le foie joue, vis-à-vis de la masse totale du sang, un rôle mécanique assez considérable, analogue à celui des appareils régulateurs interposés sur les conduites d’eau pour en obtenir un débit constant.

Cette glande est, en efl’et, très extensible et très élastique ; tous ceux qui ont eu à pratiquer des lavages du foie savent combien, sous une pression relativement faible, on peut emmagasiner d’eau dans cet organe, en produisant une véi’i table. érection du tissu hépatique. Si la pince ((ue l’on a mise sur la veine cave est enlevée, l’organe se vide ensuite graduellement et sans à-coups.

Monneret a montré qu’un foie de i 600 grammes tombe, après évacuation du sang et lavage, à I 2G9 grammes, pfuir s’élever au poids de 2 023 grammes, à la suite d’une injection, forte, mais incapable de déterminer des ruptures vasculaires. Brunton, et plus réccmnient Clenard et Siraud, ont confirmé ces résidtats.

Les cliniciens savent, d’autre part, à quelles variations, parfois considérables, de volume sont exposés les foies cardiaques ; en sorte que la

valvule Iricuspide constilue, pour ainsi dire, la valvule du foie, et que, pour les cœurs forcés, l’ensemble des veines liépalicpies devient une annexe de l’oreillette droite. La valvule tricuspidc une /ois forcée et le foie devenu pulsatile, certains symptômes de l’asystolie, tels que la dyspnée, diminuent très notablement, le foie servant, là encore, mais à rebours, de régulateur, vis-à-vis du courant rétrograde qui s’établit alors. 11 n’en est plus de même lorsque, ultérieurement, le foie cardiaque, dur et sclérosé, devient incapable de distension et de rétraction élastiques.

Inversement, on sait que, sous l’influence de certaines irritations nerveuses vaso-motrices, au cours de la colique saturnine, par exemple, le foie subit une brusque diminution de volume, probablement en rapport avec l’évacuation du sang de cet organe.

Stolnikow a particulièrement insisté sur la régulation, par le foie, de l’activité cardiaque, compensant les excès de pression qui peuvent se produire dans le domaine de la veine cave inférieure.

Le foie est donc une véritable éponge régulatrice. Son rôle de réservoir annexé au cœur est d’autant plus utile qu’il est sur le trajet des veines intestinales, d’un débit essentiellement variable. On sait, d’ailleurs, qu’après extirpation complète du foie, ou après ligature du tronc [)orte, des phénomènes d’asystolie aiguë se déclarent immédiatement, avec dilatation du cœur

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droit, entraînant la mort de 3 à 6 heures après l’opération.

La marche du san" dans l’organe hépaticpic est réglée par différentes causes :

On doit faire intervenir la contractilité de la veine porte, constatée par Kôlliker et Virchow sur des suppliciés. Heger a constaté rpie, sur un foie préparé pour la circulation artificièlle, il se produit une série d’oscillations, mai'quées surtout pendant la première heure; l’organe une fois mort, l’écoulement se fait, au contraire, d’une façon continue, comme à travers un tube inerte. L’adjonction de différentes substances au liquide du lavage modifie, du reste, la contractilité du système porte et la vitesse du courant sanguin.

Cette vitesse est donc essentiellement variable, suivant la composition du sang et le moment de l’expérience, suivant aussi le point de l’organe que l’on considère ; la vitesse, étant en proportion inverse des diamètres, doit être très ralentie dans les capillaires, au niveau desquels se font [)récisément les échanges. Si la vitesse est de 33 millimètres par seconde dans la veine porte, elle est de 22 millimètres dans les branches de bifurcation, de t6 millimètres dans les veines sus-hépatiques, dont le calibre est double, et de 4 à 5 millimètres seulement dans les capillaires, ces chiffres, pris sur le cadavre, n’ayant rien d’absolu. •

Quant à la vitesse totale du sang à travers le foie, Kosapelly l’a déterminée par l’introduction.

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dans la veine porle, de ferrocyanure de potassium, dont on peut rechercher le [)assage par la réaction des sels de fer. Sur l’animal vivant, le ferrocyanure commence à passer en deçà du foie au bout de 8 secondes. La cpiantité éliminée augmente ensuite, atteint un maximum vers la 3o® seconde, puis diminue. On ne trouve plus de Irace de prussiate au bout d’une minute. Pour que le ferrocyanure, injecté au moyen de circulations artificielles sur un foie séparé, le traverse avec la meme vitesse que sur l’organe vivant, il faut faire passer, d’après Rosapelly, •ioo centimètres cubes de liquide par minute.

La pj’ession, qui règle la marche hydraulique du sang à travers le foie, varie progressivement delà veine porte aux capillaires et à la veine cave.

üans la veine porte, la pression varie de 7 à i4 millimètres de mercure: elle est de 80 à 100 millimètres dans l’artère hépatique. Enfin dans la veine cave, elle est de 3 à 4 millimètres, \ariable du reste avec la respiration : à chaque inspiration, la pression devient négative et atteint les chiffres de — 7 et — 8. La compression desorganes abdominaux détermine, à ce moment, dans la veine porte, uneaugmentatlon de pression, la portant de i4 à 18 millimètres. L’inspiration favorise donc périodiquement le cours du sang [)orte ; l’elfort, l’expiration prolongée en déterminent la stase.

Si, par contre, un obstacle siège sur le systèmeporte, la pression générale du sang peut être diminuée: si, comme l’ont vu Ludwig et 3'hiry,

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(Ulbert cl Garnier, on inscrit la pression carotidienne, et qu’à nn certain moment, on lie la veine porte, on voit la pression générale baisser lentement, puis se relever, la ligature une lois levee.

Cliniquement, d’ailleurs, les cirrhoses veineuses à la phase ascitique s’accompagnent d’une hvpotension artérielle qui, elle-même, a pour consé'quence la tachycardie et l’oligurie : c’est le aijndronie de l’hijpote?ision s hépatique, en regard duquel se place le syndrome de 1’//;^perlension porude marqué par l’ascite, la tumélàction splénique, le développement de la circulation collatérale, les hémorroïdes, les varices œsophagiennes, les hémorragies gastro-intestinales, et le retard de l’émission des urines (opsiurie) .

Un des principaux agents de régulation du <lébit sanguin par le l'oie est le système nerçeux vnso-moleur. Les nerfs vaso-constricteurs viennent du pneumogastrique, les vaso-dilatateurs du sympathique : l’étude en a été faite récemment par l’r. Franck et llallion, en enregistrant, grâce aux <loubles valves d’ilallion et Comte, les variations <le volume d’un lobe hépatique. Ils ont vu que, non seulement la compression de la veine porte, mais aussi celle de l’artère hépatique déterminaient immédiatement une diminution considérable de volume du foie. La compression des veines sushépatiques, l’insu llisance tricuspidienne expérimentale, j)rovoquent, au contraire, une augmentation rapide.

Les nerfs \aso-constricleurs commencent à se

clclachcr de la moelle i>ar la 6“ paire dorsale : la liniile inférieure peut être fixée au niveau de la 2" paire lombaire. L’ellet vaso-conslricleur hépatique s’exerce également jiar les deux cordons droit et gauche. Les elfets vaso-moteurs du nerf vertébral ou de l’anneau de A ieussens j)araissent indirects, le niveau supérieur de ces nerfs nedéj)assant pas la hauteur de la 6® paire dorsale.

L’action simultanée des vaso-constricteurs sur les branches intrahépatiques de l’artère hépatique d’une part, de la veine porte de l’autre, se démontre si l’on comprime alternativement l’une et l’autre, ce qui n’empêche pas l’efiet vasomoteur hépatique de continuer à se manifester.

La méthode graphique a permis, d’autre part, de constater un grand nombre d’influences l'élîexes provenant des autres viscères. Les circulations profondes et superficielles se balancent le plus souvent : il y a vaso-constriction hépatique et pulmonaire, lorsqu’il y a vaso-dilatation superficielle.

Le resserrement réflexe des veines hépatiques, consécutif à l’introduction, dans le réseau porte ou dans le système artériel, de substances étrangères, les maintient en contact avec cet organe et lui permet ainsi d’exercer son rôle antitoxique.

B. Action du foie sur les hématies. — La couleur du foie, les relations de ses pigments avec riiémoglobine, indiquent un rôle considérable de cet organe dans la genèse et l’évolution des hématies. En eflét, le foie exerce, à leur égard, deux

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fonctions inverses : il préside, pour une pari dillérenle, suivant les âges et les conditions, a leur création et à leur destruction.

Rôle hématopoiétique. — Ce rôle est surtout développé chez le fœtus : celte fonction, à laquelle se rattache le volume très considérable du foie embryonnaire, a été entrevue par Keichert, par AVeber, et étudiée soigneusement par Fahrrer et surtout par Kolliker : de ces travaux résulte la donnée que le foie lavorise la multiplication des globules rouges : il transformerait, en hématies, certaines cellules incolores déversées par la veine ombilicale.

Neumann a trouvé, dans le foie et les veines sus-hépatiques, des globules rouges nucléés en beaucoup plus grande abondance que dans la veine porte.

Kolliker, Remak, Foa et Salvioli décrivent, d’autre part, dans le foie du fœtus, une série d’éléments rappelant les cellules de la moelle osseuse.

D’après Luzet, les noyaux des grandes cellules nucléées se segmentent par bourgeonnement et non par karyokinèse, et donnent de petites cellules byalines qui se déversent dans les vaisseaux, sè chargent d’hémoglobine, subissent une multiplication karyokinétique et donnent les globules rouges nucléés.

Van der Stricht, dans un très remarquable mémoire, a étudié à nouveau le rôle du l'oie embryonnaire dans le développement du sang. Henauta, d’autre part, complété récemment cette

So FONCTIONS IIÉFATIQUFS EN PAimCULIEIi

étude, et est arrivé scnsibloincnl aux mêmes conclusions.

Ces auteurs décrivent surtout, comme organisme liématopoiétique, des cellules vaso-formatives rondes, de grande taille, telles ([ue celles que l’on rencontre à coté des cellules vaso-l’ormatives rameuses dans les taches laiteuses j)rimaires du ])éritoine. Ces cellules, qui possèdent des mouvements amœboïdes, peuvent être amenées par les vaisseaux, puis émigrer de là dans les travées : elle s’y fixent et donnent, chacune, naissance à un îlot vasculo-sanguin. Ces grandes cellules rondes ont leur noyau beaucoup plus vivement coloré par l’hématoxyline que les cellules hépatiques. Si on fait passer, dans les vaisseaux, un courant d’eau salée, pour en chasser les éléments anatomiques, elles restent en place à l’intérieur des travées (Toldt et Zuckerkand) : elles ne sont donc pas encore en rapport avec les vaisseaux. Ces germes vasculaires donnent, très rapidement, des figures de division, en s’étendant dans les travées hépatiques. Lcui’s cellules-filles ressemblent aux cellules -mères, mais sont

beaucoup plus petites : ce sont les érythroblastes de Lowit, les cellules glohuligènes de Malassez. Ln grand nombre deviennent des globules rouges nucléés, de tailles diverses. Dans leurs intervalles apparaissent des globules rouges définitifs. Entin une dillérenciation pariétale apparaît sur la marge des grands îlots, constituant une lame granuleuse de protoplasma semée <le noyaux : c’est, en réalité, un vaisseau embryon-

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nairc avec ses pointes d’accroissement. D’après Renaul, l’ilot vaso-formatif diffère ici essentiellement de la cellule vaso-formative de l’épiploon, en ce sens que le germe vasculaii’e, au lieu de se différencier d’emblée, d’une part en une lame pariétale multi-nucléée, d’où partent des pointes d’accroissement, et d’autre part en globules rouges définitifs, se résout d’abord en cellules globuligènes, aux dépens desquelles naissent plus tard des globules définitifs. Le contenu de l’îlot sanguin consiste, dès lors, en du sang mixte. Il renferme une multitude d’érythroblastes en cours de divivision indirecte; les globules définitifs augmentent rapidement en nombre. Mais il ne comprend pas de globules blancs ; ceux-ci n’apparaissent qu’après communication avec les voies vasculaires préexistantes.

Plus ou moins rapidement, les îlots vasculosanguins intra-trabéculaires se mettent en communication entre eux et avec les vaisseaux préexistants (Renaut).

Quant aux grosses cellules à noyau bourgeonnant assez analogues à celles de la moelle osseuse et aux cellules géantes à noyaux multiples indiquées par Kôlliker, Remak, et qui, d’après Malassez, puis Kuborn, pourraient être l’origine des îlots vaso-formatifs, on devrait, d’après ^ an der Stricht, Kostanecki et Renaut, les considérer comme étrangères au processus hématopoiétique, et leur donner un rôle modelant de phagocytes, qui s’exercerait en attaquant les travées hépatiques et frayant la route à la vé-

Gilbert et Carnot. 6

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gélation des vaisseaux en voies de croissance. Elles détruisent également, par phagocytose, un grand nombre d’érythroblastes et d’bémalies, peuvent meme se rencontrer dans l’intérieur des îlots, mais y sont inconstantes ; loin d’avoir un rôle nécessaire dans le processus de formation vasculo-sanguin, elles indiqueraient une desti'uclion de ces îlots vaso-formatifs eux-mêmes.

Naltan-Larrier a, récemment, étudié, à nouveau, l’hématopoièse hépatique: dès la 3® semaine, dans le foie du fœtus humain, on voit, au milieu des travées de cellules hépatiques, des éléments basophiles caractérisés par leurs gros noyaux clairs à grains de chromatine espacés, et par leur protoplasme prenant, très nettement, les couleurs basophiles. A cette période, ces éléments sont mêlés aux gros globules rouges nucléés primitifs (métrocytes de Van der Strichl). Au 5® mois, on retrouve des basophiles à protoplasme basophile homogène, se rapprochant, soit du type du métrocyte, soit du plasmazelle. La distribution de ces éléments est indépendante de celle des globules rouges nucléés : ils sont au milieu des travées de cellules hépatiques. A cette époque, on trouve également, au milieu des travées, la cellule dite cellule géante du foie (Van der Stricht), ne dépassant pas au maximum le volume de deux cellules hépatiques, avec un seul noyau bourgeonnant : elle n’entre pas en contact avec les îlots de globules rouges nucléés.

Les globules rouges nucléés (mégaloblasteset

LE FOIE SAj\GUF\'

normoblastes) n’existeraient pas, pour Naltan- Larrier, en dehors des capillaires du foie et toujours le globule rouge nuclcé serait uni au globule rouge ordinaire ; les apparences de cellules globulo-lbrmatrices seraient le plus souvent expliquées par des coupes obliques où le capillaire n’est pas reconnaissable. iMais en diflérents points, il y aurait des nids de globules rouges nucléés, où l’on rencontrerait même des figures de karyokinèse. Enfin, tandis que basophiles et cellules géantes du foie disparaissent au 9® mois, les globules rouges nucléés persistent et sont capables de réagir à la naissance.

Chez le Cobaye, le foie se conglomère tard. Dans l’éponge hépatique, à la 6® semaine, on trouve flottauts les divers éléments du foie : à la naissance, les globules rouges nucléés sont dans de fins capillaires, les basophiles entre les cellules, les cellules géantes éparses dans le tissu hépatique. L’hématopoièse est terminée au 60° jour : on ne trouve plus, alors, que de très rares basophiles, quelques cellules géantes et de très rares globules rouges nucléés.

En résumé, il y aurait au niveau du foie une hématopoièse remarc[uahle, mais s’effectuant dans l’intérieur des vaisseaux ou au niveau des pointes d’accroissement.

Un autre fait intéressant, mis en lumière par Dominici et Nattan-Larrier, est le suivant ; Une infection, survenant dans les premiers jours de la vie, détermine une réaction embryonnaire du foie; on retrouve notamment, non clans les vais-

seaux, mais dans les pointes capillaires, des figures de karyokinèse des globules rouges nucléés et des basophiles. Cet état ne se produit plus, chez le cobaye, 3 jours après la naissance. Mais, même chez l’adulte, dans certains cas d’inl'ection atténuée, notamment tuberculeuse, les globules rouges nucléés apparaissent à nouveau avec une prédominance très nette au niveau du foie, donnant une apparence analogue à celle du foie de fœtus. Ce fait est à rapprocher de celui observé dans les leucémies myélogènes, où les globules rouges nucléés sont prédominants dans le foie, plus abondants dans le foie que dans la rate.

11 serait intéressant de rechercher, dans les cas de régénération rapide du sang d’une part, et dans le cas de régénération du foie de l’autre, si des figures analogues se l’etrouve-nt chez les animaux adultes, ou si le rôle hématopoiétique, d’abord diffus et disséminé dans un grand nombre d’organes, est alors définitivement et uniquement concentré dans la moelle des os.

Les recherches relatives à l’hématopoièse hépatique, ayant pour base la comparaison des sangs porte et sus-hépatique, et leur teneur différente en hémoglobine, n’ont pas donné de résultats bien nets. Lehmann avait cru remarquer une plus grande quantité de globules rouges a la sortie du foie : ces éléments lui semblaient plus petits, moins déprimés à leur partie centrale. Pour Cl. Bernard, celte difl'érence morphologique

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pouvait tenir à la cpiantilé clilTérente de sucre du sang, raugmcntation relative des hématies s’explicjuant naturellemenl par la concentration du sang, consécutive à la perte de l’eau destinee a la bile.

Pflüger, d'autre part ne constata pas de dilTérence dans la richesse, en hémoglobine, des deux sangs. Malassez, Hirt, Nicolaides constatèrent même un appauvrissement en hémoglobine du sang sus-hépatique.

Cette méthode est peu susceptible de résultats certains : car il se passe, probablement, à ce niveau, deux processus inverses, l’im de formation, l’autre de destruction, qui se compensent l’un l’autre.

Destruction des hématies. — La constatation directe de l’hématolyse est difficile dans un organe aussi complexe et aussi riche en éléments cellulaires que le foie. D’après KupÉfer, les cellules étoilées qui appartiennent à la paroi endothéliale des capillaires, incorporent les globules rouges du sang ou leurs débris. Nattan- Larrier a constaté, au niveau du foie du nouveau-né, les formes régressives d’hématies nucléées, signalées par Ehrlich : fonte du noyau dans les grandes hématies ; expulsion du noyau dans les normohlastes. Enfin, dans quelques cas pathologiques chez le nouveau-né, il a trouvé une prédominance marquée de macrophages surchargés de globules rouges, au niveau des capillaires du foie ; les cellules hépatiques

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étaient, en même temps, chargées de pigments ferriques.

Ün possède différentes preuves indirectes de la fonction liématolytique du foie, fournies par le dosage du fer, dans le foie, par la gamme des pigments biliaires dérivant de riiémoglobine, enfin par l’action, in vitro, de certains composants du foie sur le pouvoir isotonique des globules.

La quantité de fer du foie, et ses variations dans les cas de déglobulisation rapide (toluylendiamine, etc.) seront envisagées à l’étude de la fonction martiale. Disons simplement ici que les résultats obtenus semblent indiquer une destruction globulaire intense à ce niveau.

Les rapports existant entre les pigments sanguins et biliaires sei’ont, d’autre part, étudiés avec la genèse de la bile. Disons, dès maintenant, que la bilirubine provient certainement de l’hémoglobine : si, à un chien porteur d’un fistule biliaire, on injecte, dans une veine, de l’hémoglobine, ou divers poisons destructeurs d’hématies (eau distillée, hydrogène arsénié, toluyl-endiamine, etc.) on constate, avec Tarchanoflf, Stadelman, Gorodecki, etc., une augmentation de la bilirubine, surtout si l’hémoglobine est mise progressivement en liberté. D’après Stadelman, la l3ilirubine de la bile n’augmente guère que 3 a 4 heures après l’injection intraveineuse ou intrapéritonéale, 12 à i4 heures après l’injection souscutanée.

Il ne s’agit pas ici d’une simple élimination,

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la transformalion ayant eu lieu en dehoi'sdu foie : car Minkowskiet Naunyn ont montré, chez l’oie, qu’après extirpation du foie, les poisons destructeurs de globules rouges ne déterminent plus d’ictère.

C’est donc bien au niveau du foie que se fait la transformation. Si la quantité d’hémoglobine injectée est trop abondante, les pigments sanguins passent directement dans la bile, puis dans l’urine : on a de l’hémoglobinocholie, du moins chez le lapin. Chez le chien, les cellules hépatiques sont beaucoujD mieux douées à cet égard, et la quantité d’hémoglobine injectée peut être beaucoup plus grande. Ce passage de l’hémoglobine est noté après intoxication aiguë par la toluyl-endiamine, par l’aniline, l’arsenic, le phosphore. Nous l’avons souvent constaté avec la glycérine chez le lapin, et surtout chez le cobaye. AA ertheimer et Alayer ont signalé le même fait chez des chiens soumis au refroidissement : enfin, on connaît, chez l’homme, certaines observations d’hémoglobino cholie avec hémoglobinurie dans la fièvre typhoïde, le chai’bon, l’asystolie, etc., dans des cas où, probablement, le foie n’accomplit plus l’intégrité de sa tâche.

Alais, si le foie a un rôle dans la transformation chimique des pigments, a-t-il un x'ôle dans la destruction même des hématies? ou les hématies sont-elles détruites ailleurs, dans la rate notamment, et les éléments libres sont-ils ensuite amenés au foie pour être arrêtés, éliminés ou transformés? Il semble bien que, pour une part,

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il en soit aussi, mais que, pour une autre part, rendolhélium vasculaire et les macrophages spécialisés au niveau du foie jouent un rôle dans la captation des hématies altérées. Ce rôle de captation, que nous verrons exister pour les pigments, pour les micro-organismes, ne s’exercerait probablement que vis-à-vis des hématies déjà altérées et insuffisamment résistantes.

C. Action du foie sur la fibrine. — Le Ibie semble avoir, sur la fibrine, une certaine influence; mais l’opinion des auteurs à cet égard est très différente. Cette fonction vis-à-vis de la fibrine semble, en effet, être l’une des plus instables et des plus fragiles du foie, et, peut-être, ne s’exerce-t-elle qu’indirectement : aussi les résultats obtenus sont-ils très dissemblables. Lebmann, qui a fait une étude systématique des modifications du sang à travers le foie, a trouvé une absence complète de fibrine dans le sang sus-hépatique.

Claude Bernard, qui relate ces expériences, semble en accepter les conclusions et avoir obtenu les mêmes résultats. Il constate, du reste, que le sang sus-hépatique, privé de fibrine, se coagule néanmoins, et il en tire des conséquences sur l’indépendance des deux phénomènes.

Par contre, d’autres auteurs sont arrivés à des résultats très différents : d’après Colin, la coagulation du sang sus-bépatique se fait nor-

malement, mais avec une plus grande lenteur que celle du sang total.

D’après David, ce n’est pas la fdjrinequi manque, mais le fibrln-ferment : en ajoutant de la substance fibi'ino-plasticpae au sang sus-hépatique, on obtient un coagulum, plus abondant même qu’avec celui de la veine porte.

Pour Béclard, la fibrine du sang porte présente déjà quelques caractères particuliers : elle n’est pas élastique, ne se prend pas en filaments, mais en petites masses.

àlathcAvs, dans un travail récent, a vu que si, comme l’a montré Dasti'e, un animal, préalablement saigné, injecté de sang défibriné, refait du fibrinogène, ce fibrinogène n’est produit ni dans les tissus des membres, ni dans la rate, ni , dans le pancréas. L’intestin, au contraire, paraît être l’organe, principal producteur de fibrinogène : Matbews admet que ce corps vient de la désintégration des leucocytes au niveau de l’intestin. Il y en aurait donc davantage au niveau du sang porte. Nous rapprocherons simplement ce fait de ceux que nous venons de signaler.

Nous avons, un gi'and nombre de fois, cherché à contrôler les assertions de Lehmann, auxquelles Claude Bernard semble apporter le poids de son autorité. Les résultats que nous avons obtenus sont assez variables : dans un certain nombre de cas, nous avons trouvé, par battage, une très minime quantité de fibrine dans le sang sus-hépatique. Ce sang se coagulait, pourtant, normalement. Mais le caillot, ainsi produit, avait une

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apparence gclallneuse el paraissait se rétracter fort peu. Il était, en grande partie, dépourvu d’élasticité.

Mais, par contre, dans d’autres cas, nous trouvions une quantité de fibrine filamenteuse à peu près normale.

Par conséquent la proportion de Gbrine filamenteuse est, tantôt insignifiante, évidemment inférieure à celle du sang normal, tantôt égale à celle du sang de la circulation générale.

Certaines inlluences semblent agir sur ce phénomène : c’est ainsi qu’après anesthésie par le chloroforme et l’éther, régulièrement, le sang sus-hépatique nous a paru contenir une quantité normale de fibrine, comme si les fonctions pos- . sibles d’arrêt du foie vis-à-vis de ce corps, très fragiles, avaient été supprimées momentanément par l’anesthésie.

La question d’alimentation nous a paru jouer un rôle également : les animaux en digestion ont toujours présenté un sang dont on pouvait isoler une certaine quantité de fibrine par battage : ceux chez qui nous n’en avons pas trouvé, étaient, au contraire, à jeun, comme si le foie arrêtait une quantité des albuminoïdes du sang inversement proportionnelle à celle des matériaux fournis par l’alimentation.

On peut se demander, à ce propos, s’il y a identité absolue entre le phénomène même de la coagulation et la formation de filaments de fibrine. Plusieurs faits nous paraissent militer en faveur d’une certaine indépendance entre les deux

LE FOIE SANGUIN

[)hénomènes : nous avons noté bien souvent, en parliculiei’, que du sang, très rapidement coagulable, ne contenait pas une quantité considérable de fibrine, et qu’inversement du sang mal coagulable en contenait beaucoup. Au cours de la pneumonie ou du rhumatisme articulaire aigu notamment, il est facile de constater que la quantité de fibrine est considérable*et que, par contre, le sang est généralement moins coagulable qu’à l’état normal. D’autre part, il y a de très grandes dilTérences dans la proportion de fibrine filamenteuse, entre plusieurs sangs se coagulant normalement.

D’après nous, ces différents faits s’expliquent de la façon suivante : la coagulation du sang est liée à la production de fibrine, mais celle-ci ne prend pas forcément la forme filamenteuse ; les filaments de fibrine ont leur signification et leur utilité propre : ils servent à la coaptation des plaies, vasculaires ou autres (fibres synaptiques de Ranvier) ; à la direction et à la nutrition des éléments cellulaires nouveaux (Cornil et Carnot), à l’asepsie du milieu par engiobement des micro-organismes ou fixation des toxines (Gilbert et Fournier). Alais la production de filaments de fibrine, n’est pas indispensable à la coagulation ; la fibrine peut se précipiter en petits grains, par un phénomène analogue à celui qui se passe dans la coagulation de la lymphe, du muscle, etc. Or les méthodes d’évaluation de la fibrine, par battage ou par examen microscopique, ne tiennent compte que de la fibrine filamenteuse : de là les

divergences que nous venons de signaler : dans le sang sus-hépatique, il semble y avoir peu de fibrine filamenteuse; mais on n’a pas le droit d’en conclure à l’absence de fibrine.

D. Action du foie sur la coagulation. — Si le foie paraît avoir une action sur la fibrine, il a, d’autre part, une action spéciale sur la coagulation, s’exerçant en deux sens difiérents : il peut être considéré, tour à tour, comme ayant une action coagulante et anticoagulante.

Ces deux propriétés ont été surtout mises en lumière par une série de travaux récents entrepris à l’occasion des j^i’opriétés anticoagulantes de la peptone, du sérum d’anguille et des extraits d’organes, etc.

Action coagulante du foie. — Si l’on met, in vitro, quelques gouttes d’extraits d’organes, d’extrait de foie en particulier, et qu’on y ajoute du sang normal, on voit que la coagulation est très activée par l’extrait. Ce fait a été vérifié par un grand nombre d’auteurs, par Foa et Pellacani, par Heidenhain, etc. Contejean a montré qu’une série d’extraits d’organes, capables de retarder la coagulation s’ils sont injectés, accélèrent, au contraire, la coagulation in vitro.

Wooldridge a montré que les fibrinogènes des tissus (en réalité, des nucléo-albumines) obtenus par macération d’organes (du foie par exemple).

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puis décantation, précipitation par l’acide acétique et redissolution, coagulent le sang irn>itro, et déterminent in des thromboses mortelles. A doses moindres, il obtenait, au contraire, un retard ou une absence de coagulation : l’injection tl’un petite quantité détermine, non plus des thromboses, mais une remarquable lenteur de la coagulation (une heure et plus). Si l’on injecte une quantité plus grande, on obtient une coagulation intra-vasculaire limitée au territoire porte; dans les autres vaisseaux, le sang n’est pas coagulé et ne coagule que lentement, in vitro. Enfin une grande quantité de la solution (4o centimètres cubes, par exemple) détermine une thrombose occupant tout le système porte, jusqu’au foie, le reste du sang étant liquide et coagulant mal. Il y a, du reste, immunité à la suite d’une première dose.

Pekelharing a montré, également, que les différentes nucléo-albumines produisent, suivant les doses, tantôt une hypercoagulabilité, tantôt une non-coagulabilité du sang.

Atbanasiu et Garvallo ont constaté que l’injection d’un extrait de foie, préalablement soumis à une injection de protéoses, provoepe, même alors, des coagulations intra-vasculaires.

ôlairet et Vires ont également reconnu cette propriété coagulante des extraits hépatiques et vu qu’elle disparaissait par le chauffage.

Ce fait, rapproché de la fréquence des hémorragies dans l'insuffisance hépatique, nouç a conduits à utiliser avec succès, en thérapeutique,

l’aclion hémosialique des exlrails de foie ingérés contre diverses sortes d’hémorragies.

Action anticoagulante du foie. — A coté du rôle coagulant du foie, on a pu mettre en lumière, de différentes façons, une action anticoagulante du foie.

Dastre, en traitant, par la papaïne, des extraits aqueux de glande hépatique, a réussi à isoler une substance anticoagulante, qui persiste, après destruction, par la chaleur, de la substance coagulante. Il conclut donc à l’existence de deux principes inverses, contenus, tous les deux, dans la cellule hépatique. Cette expérience n’est peut-être pas absolument démonstrative.

Mais le rôle anticoagulant du foie a, surtout, été mis en évidence par les injections de projjeptones.

On sait, en effet, depuis Schmidt-Mulheim, Alhertoni, Fano, etc., qu’une injection intra-veineuse de propeptone (peptone deM’itte) à la dose d’environ 3 décigrammes par kilogramme, rapidement poussée (i-3 minutes), rend le sang du chien et du chat incoagulable. Le lapin, au contraire, est réfractaire.

Cette action doit être attribuée à la production d’une substance anticoagulante. Car le sang peptoné, très peu riche en proléoses, agit, in vitro, comme anticoagulant, alors que la solution de protéose elle même est inactive.

D’après Schmidt-Mulheim, Grosjean, Ledoux, ce corjDs anticoagulant proviendrait de la Irans-

LE FOIE SANGUIN

formation des proléoses. D’après Fano, il viendrait de la transformation des albumines du sang sous l’influence de la peplone.

L’n pas de plus a été fait par Contejean,qui a pu localiser l’origine de cette substance, par des ablations successives d’organes : il a vu que ni les reins, ni le pancréas, ni le corps thyroïde extirpés n’empêchent l’incoagulabilité, après injection de proléoses; que, par contre, la ligature des vaisseaux du foie et de l’intestin, avec exclusion circulatoire de ces organes, entrave absolument le phénomène.

Gley et Pachon localisent uniquement au foie la production de la substance anticoagulante : car l’ablation de ce viscère seul suffit à l’empêcher, ^lême, en supprimant fonctionnellement le foie par injection d’acide acétique dans le canal cholédoque, ces auteurs constatent que l’injection de propeptone reste inefficace. Les mêmes résultats sont obtenus, par ces auteurs, en pratiquant la ligature des vaisseaux lymphatiques du foie. Ce dernier point est, du reste, contesté, d’après les expériences contradictoires de Contejean, Starling et Delezenne. Peut-être s’agit-il là d’un réflexe nerveux, à rapprocher de l’extirpation des ganglions cœliaques (Contejean) ou de l’injection de cocaïne à leur niveau (Gley et Pachon), opération suffisante pour rendre inefficace une injection de protéose.

Enfin le rôle du foie dans le phénomène a été rendu plus évident encore par une expérience capitale de Delezenne : par circulation artificielle

tj6 FONCTIONS HÉPATIQUES EN PARTICULIEIi

de protcose dans un foie qui vient d’élre isolé de l’organisme, on obtient un liquide à propriétés anticoagulantes. Distribué dans des verres et additionné de sang, il en empêche la coagulation.

L’activité de ce liquide de peptone hépatique est, du reste, variable : le plus souvent, lo à 20 grammes suffisent pour retarder, pendant heures, la coagulation de 10 centimètres cubes de sang ; du reste, les premières eaux de lavage sont presque uniquement actives, comme si les propriétés du foie, cet égard, s’épuisaient rapidement. Les liquides sont beaucoup plus actifs chez les animaux à jeun (Delezenne, Athanasiu et Carvallo).

Enfin le liquide de lavage du foie par la solution de peptone agit, in vitro, sur le sang de lapin, de chat, de cobaye, de bœuf. Si on l’injecte, par exemple, dans les vaisseaux du lapin, réfractaire à l’action anticoagulante de la propeptone, on provoque, soit un retard de coagulation, soit une absence complète de coagulation. Les injections artificielles de peptone dans les autres viscères ne donnent aucun résultat.

Les protéoses, qui ont servi principalement à l’étude de cette question, ne sont pas les seuls corps à qui l’on reconnaisse semblable propriété.

Mosso a ATI que le sang des animaux intoxiqués par le sérum d’anguille, à la dose de o‘‘‘’,02 à o*^‘^,o3 par kilogramme, ne coagule pas. Avec une dose inférieure à 0,01, on n’obtient qu’un retard très marqué de la coagulation. Une dose supérieure occasionne la mort rapide. Injecté

LE FOIE SANGUIN

dans le tissu cellulaire sous-cutané, le sérum d'anguille n'a pas d’action. 11 n’en a pas, non jîlus, in i’ilro, sur le sang du lapin.

Le plasma de chien, rendu incoagulable par une injection intraveineuse de sérum d’anguille, rend, in vitro, le sang incoagulable. Enfin, par circulation artificielle de ce sérum dilué dans le foie, on obtient un liquide de lavage doué de propriétés anticoagulantes. Les autres organes se montrent inactifs. Par contre, après extirpation du foie, l’injection reste sans résultat.

Il en est de même, d’après Heldenheim, de certains extraits d’organes (extraits de muscles d’écrevisse, de corps d’anodontes, de foie et d’intestin de ebien) qui peuvent susp>endre ou retarder la coagulation du sang et de la lymphe.

De même, Contejean a fait connaître une série d’extraits (foie, intestins, muscles, cerveau, testicule), capables de retarder la coagulation s’ils sont injectés, l’accélérant au contraire in vitro.

Delezenne admet que l’agent anticoagulant fabriqué par le foie est le même dans tous les cas, et qu’il doit être rapproché du principe actif contenu dans la sécrétion buccale de la sangsue.

D’après Artbus, au contraire, ces deux substances agissent par des mécanismes différents ; l’extrait de sangsue en empêchant la libération de la plasmase, la substance anticoagulante hépatique en modifiant l’équilibre chimique du milieu, en fixant les sels de chaux et, par là, en empêchant la transformation du zymogène en ferment.

Delezenne a fait faire un pas de plus à la Gilbert et Carnot. 7

g8 FOXCTIO\S HÉPATIQUES EX PAIiTICULIEP

question, en constatant, dans celte action, l’intervention des leucocytes. Sur le foie, préalablement debarrassé par lavage de la totalité de son sang, l’injection artificielle de protéoses reste sans ellét ; de même sur les animau.v tués par saignée. Mais si on réinjecte la solution de protéose mélangée de sang carotidien ou de lympbe, le phénomène se produit.

Nous connaissons donc trois facteurs indispensables à la production du phénomène : la cellule hépatique, le leucocyte et la protéose. Comment agissent-ils entre eux?

D’après une théorie de Delezenne, très ingénieuse, les protéoses agiraient, au litre employé, par un pouvoir leucolylique considérable. La destruction des leucocytes mettrait en liberté deux ferments inverses, l’un coagulant, l'autre anticoagulant. Le ferment coagulant serait retenu par le foie, l’action anticoagulante restant seule et sans contrepoids.

Cette théorie est assez séduisante. Mais, comme le remarque Arthus, bien d’autres substances ont un pouvoir leucolytique, au moins aussi intense que la solution de peptone, l’eau distillée par exemple, et ne produisent pourtant pas, par injection, l’incoagulabililé du sang.

On doit remarquer d’autre part, avec Phisalix, que le Aenin des vipères détermine aussi la production d’une substance anticoagulante; mais si la peptone vaccine contre une 2® injection de peptone, elle ne vaccine pas contre l’action anticoagulante du venin et inversement : la produc-

LE EOIE SAAGUJ.X

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