C. Action du foie sur les albuminoïdes
L’action du foie sur les albuminoïdes est très mal connue ; pourtant les albumines, absorbées par le réseau porte, sont, en grande partie, arrêtées et transformées par le foie.
Cl. Bernard, ayant injecté de l’albumine d’œuf dans la veine jugulaire d’un lapin, la retroin^a dans l’urine. Mais il vit que si on l’introduit par la veine porte, elle ne passe plus dans l’urine ; « le passage par le tissu du foie sullit pour opérer une modification nécessaire à l’assimilation de la matière albumineuse ».
Ch. Bouchard a observé le même fait avec la caséine : après injection de cette substance par la veine jugulaire, on trouve, dans l’urine, de la caséine et de l’albumine; après injection porte, on ne trouve qu’une certaine quantité d’albumine ; la caséine au niveau du foie s’est donc transformée en albumine imparfaite, éliminée par l’urine.
L’action du foie sur les peptones a été bien étudiée, surtout en vue de provoquer l’incoagulabilité du sang ; pourtant on a noté, accessoirement, certains faits. Ainsi la peptone.
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injectée à dose modérée par le système porte, ne passe pas dans riirinc ; même à doses mas-t sives, on n’en trouve dans rurine qu'une assez, faible quantité, comme nous avons eu occasion de le vérifier. Bouchard et Roger ont montré que le foie arrête la peptone et la transforme en albumine parfaite; car l’injection par la veine jugulaire donne de la peplonuric et de l’albuminurie; l’injection ])ar la veine porto ne produit pas le même efl'el.
l’iotz et Gyergyai, par des circulations artificielles, ont constaté que lespeptones disparaissent en traversant certains tissus ou certaines glandes, notamment le foie. Pour Seegen elles se Iran.sforment en sucre ; pour Arlhaud et Butte en fibrinogène.
Les pcplones ont, en tous cas, sur les cellules hépatiques, une action considérable, et semblent en exciter le fonctionnement; elles augmentent, notamment, le pouvoir d’arrêt du foie vis-à-vis du sucre (Gilbert et Carnot).
Enfin, par leur passage à travers le foie, elles rendent le sang incoagulable, suivant un mécanisme que nous avons déjà discuté.
A’ous avons également parlé de l’action, assez, peu connue, du foie sur le fibrinogène et la fibrine ; la fibrine est souvent, comme l’ont vu Lebmann et Cl. Bernard, en minime quantité, dans le sang sus-bépatique.
En résumé, le Ibic paraît avoir une action nette d’arrêt et de transformation sur un grand nombre d’albuminoïdes.
LE FOIE SANGUIN
D. Rôle du foie dans la transmutation des substances alimentaires.
Si le l’oie jonc nn rôle considérable, et bien démontré actucllcnicnl, dans l’accumulation et la mise en réserve des différentes catégories d’aliments, il est très vraisemblable aussi qu’il aide à la transmutation réciproque de ces substances et qu’il fabrique notamment du sucre aux dépens des albuminoïdes et des graisses, des graisses aux dépens des albuminoïdes, etc. Cette fonction du foie a été mise en lumière par Claude Bernard ; mais elle nécessite encore bien des recherebes, avant que le mécanisme ebimique eu soit élucidé.
a. Formation du sucre aux dépens des albuminoïdes. — L’expérience fondamentale, souvent répétée, est la suivante : Claude Bernard nourrit exclusivement un ebien avec de la fibrine et de la viande maigre bouillie ; il trouve néanmoins, dans le foie, au bout d’un certain temps, une quantité normale de glycogène.
Cette expérience fut répétée par ^Volflberg, Naunyn et surtout par Kultz, qui élimina les moindres causes d’erreur, en débarrassant complètement la viande de sucre par une macération prolongée; les animaux, soumis à un jeûne préalable, puis nourris avec de la fibrine, de la caséine, de l’albumine du sérum, du blanc d’œuf,
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avaieni, dans tons ces cas, nne quantité de glycogène hépatique normale (i).
L’expérience de Von Mering est particulièrement démonstrative; il laisse jeûner deux gros chiens pendant 21 jours; puis il donne à l’un d’eux de la hdirine exem[)te d’hydrates de carbone et sacrilie les deux chiens 6 heures après. Le foie de l’animal, nourri avec de la fdnine 6 heures auparavant, renfermait i3*’"’,3 de glycogène; celui du témoin n’en contenait que o^’*', 48.
AfanassielT, il est vrai, a constaté, chez un chien nourri exclusivement de fdarine et de graisse, que les cellules hépatiques avaient l’aspect général des cellules d’un animal inanitié. Elles sont néanmoins plus grosses, leur noyau plus volumineux; les mailles du réseau protoplasmique, plus larges, contiennent de fines granulations. Ces granulations ne peuvent être colorées en brun par l’iode. Pourtant, si le glycogène du foie paraît absent, le sang de l’animal, nourri exclusivement de viande, contient une proportion de sucre normale. Ün pourrait donc penser que la transformation, en sucre, des albumines se fait directement, sans passer par la formation de glycogène, contrairement à l’opinion de Claude Bernard.
Les expériences, faites sur les diabétiques, sont
(i) Récemment Schœudorll’, a nourri des grenouiltes exclusivement avec de la caséine, sans pouvoir constater nne augmentation de glvcogène.