‹ Les fonctions hépatiquesChapitre 22 sur 30 · EXPLOPATION EXPÉRIMENTALE DU FOIE · texte numérisé non relu

EXPLOPATION EXPÉRIMENTALE DU FOIE

cédé esl peu sûr ; car le seul fait de l’opération suffit à changer la composition du sang.

On peut enfin injecter comparativement dans une veine mésaraïque et dans une veine périphérique, diflérentes substances toxiques, certains microbes, et mesurer les modifications de toxicité ou de virulence apportées ainsi par le foie.

La fistule porto-cave ou fistule d'Eck donne des résultats physiologiques extrêmement remarquahles : elle supprime tout apport veineux au foie, sans provoquer de troubles circulatoires, et aboutit ainsi à l’abolition presque absolue des fonctions du foie, principalement de la sécrétion interne. D’après les recherches de Pawlo\A', Nencki, Hahn, Massen, on observe très rapidement une diminution de l’urée, une augmentation de l’ammoniaque urinaire cpii s’élève à 16 et 20 pour 100 de l’azote total. Bientôt apparaissent des troubles mentaux : changement brusque du caractère, les animaux devenant méchants ou même furieux ; agitation continuelle ; plus souvent, somnolence avec faiblesse générale. Si on force l’animal à se lever, il chancelle et s’affaisse ou présente une véritable ataxie de la marche, levant les pattes trop haut, les laissant tomber brusquement, les enchevêtrant, conservant longtemps la même attitude; on a noté des convulsions toniques et cloniques; enfin survient le coma hypothermique, généralement terminal. Ces accidents augmentent, si on nourrit l’animal de viandes, et se calment lorsque l’animal est au

a38 ALTÉRATION FONCTIONS DES HÉPATIQUES

lait. Notons que les auteurs russes ont trouvé en pareil cas des lésions considérables des reins et du système nerveux.

Si, à la fistule d’Eck, on ajoute la ligature de l’artère hépatique ou l’extirpation du foie, on observe un profond coma, entrecoupé de convulsions, ou suivi d’une contracture généralisée.

D’après un travail récent de Salaskin et Zabski, les chiens à qui on a pratiqué une fistule d’Eck présentent surtout les accidents de l’empoisonnement par le carbamate d’ammoniaque ; il y a accumulation d’ammoniaque dans l’organisme et réaction alcaline des urines. Cet ammoniaque s’accumule surtout dans le cerveau, d’après Hahn et Nencki. Quand, à cette fistule d’Eck, s’ajoute l’extirpation du foie, toutes les fonctions hépatiques sont supprimées : le tableau, plus complexe, est alors celui d’une intoxication acide : l’ammoniaque n’est pas augmenté dans le sang et les tissus : les urines sont fortement acides, même lorsqu’on fait ingérer à l’animal des doses considérables de carbonate de soude.

Opérations portant sur les voies biliaires. — Fistule biliaire. — On peut détourner, au dehors, la sécrétion biliaire par l’établissement d’une fistule, portant sur le cholédoque ou sur la vésicule qu’on abouche à la peau : les résuE tatsne sont utilisables que pende temps, l’infection ascendante survenant rapidement et altérant le foie.

Chez le Lapin, la survie n’est que de quelques

EXPLORATION EXPÉRIMENTALE DU FOIE aSç)

heures (2/1 heures environ). Ici, la fistule doit être établie par rintroduclion d’une canule dans le cholédoque.

Chez le Chien, le meilleur procédé consiste, après laparotomie, à attirer la A^sicule au dehors, à l’inciser assez largement, à introduire la canule, et à en faire sortir la tige par une deuxième incision vésiculaire, juste suffisante pour le passage de cette tige : le pavillon interne maintient ainsi beaucoup mieux la canule en place : on recoud, par un surjet, la première incision, puis la peau, et le deuxième pavillon est vissé du dehors.

La fistule de Bruno conserAe l’intégrité complète des voies biliaires, jusque et y compris le sphincter inférieur. Elle est donc bien préférable aux autres pi'océdés pour étudier les lois de l’excrétion biliaire. On détache le segment duodénal, par lequel le cholédoque pénètre dans l’intestin. On suture la plaie duodénale, et on attire à la peau la bande duodénale isolée, portant l’orifice normal du canal cholédoque avec tous ses sphincters.

Il est bon, au cours de l’opération, de ne pas se contenter d’inciser le canal cholédoque, mais d’en réséquer quelques centimètres : une simple incision ou une |3etite résection permettent, en effet, au canal de se réparer et de redevenir rapidement perméable, par un processus histologique assez spécial, décrit en détail par'Cornil et Carnot : on est véritablement étonné de la puissance que peut présenter parfois ce processus de réparation, et il y a là parfois une cause d’as-

aZio ALTÉRATION DES FONCTIONS HÉPATIQUES

scchemcnl ultérieur de la fistule contre laquelle on doit être en garde.

Chez le chien, la survie peut être indéfinie, sans amaigrissement ni phénomènes morbides, moyennant quelques précautions d’asepsie de la plaie et un peu d’hygiène alimentaire (lait, viandes bouillies, antisepsie intestinale) : l’excrétion biliaire normale dans l’intestin ne paraît donc pas indispensable à la vie et peut être entièrement suppléée par les autres sécrétions qui en doublent la fonction.

L’établissement d’une fistule biliaire permet de se renseigner sur la quantité de bile sécrétée et sur ses composants, sur la nature des substances qui s’éliminent par cette voie, etc.

On jieut, pour certaines recherches, aboucher la vésicule en un autre point de l’intestin (cystoentéro-anastomose, etc.) (Dastre). — On a pu se rendre compte ainsi de l’utilité de la sécrétion biliaire associée à la sécrétion pancréatique dans la résorption des graisses.

Page 1