‹ Les fonctions hépatiquesChapitre 7 sur 30 · VUE D’ENSEMBLE SUR LES FONCTIONS DU FOIE · texte numérisé non relu

VUE D’ENSEMBLE SUR LES FONCTIONS DU FOIE

nerveux,? par exemple, par un réflexe bulbaire à point de départ pancréatique, aboutissant aux nerfs sécréteurs ou vaso-moteurs du foie, ainsi <jue l'ont cru, tout d’abord, Chauveau et Rauffmann? Si ce mécanisme existe, il n’est pas indispensable, l’énervation totale du foie ne provorpiant pas le diabète et n’empêchant pas davantage la glycosurie consécutive à la dépancréatisation.

Est-ce par une action circulatoire directe, le foie étant impressionné par les produits de la sécrétion pancréatique interne ? Cette conception semble être actuellement celle de MM. Chauveau et Kauffmann. Mais la démonstration en est très difûcile : on pouvait espérer modifier la teneur en sucre du foie par injection, dans la veine porte, d’extraits pancréatiques ; mais, jusqu’ici, les résultats de cette expérience ont été négatifs. L’introduction intra-veineuse d’extraits pancréatiques ne provoque, le plus souvent, aucune modification de la glycosurie. Pourtant nous avons plusieurs fois constaté que, dans certains <liabètes, l’ingestion d’extraits pancréatiques diminuait notablement la glycosurie: ces cas sont généralement des diabètes avec bypcrhépatie, c’est-à-dire avec suractivité de la cellule hépatique, ce qui viendrait à l’appui de la théorie <le l’action modératrice du pancréas sur la foie.

On peut interpréter difléremment les faits : en effet Lépine a montré que la glycolyse, destruction S[)ontanéc du sucre dans le sang, attribuée par lui à un ferment d’origine pancréatique.

tliminue après ablation du pancréas. On trouve (.l’autre part une action glycolytique maxima dans le sang ellérent du pancréas normal et dans le loie qui le reçoit directement. On pourrait même se demander si l’action des extraits hépatiques sur la glycosurie, action très nette que nous avons pu démontrer à plusieurs reprises n’est pas due pour une part, à la rétention, au niveau du foie, de ce même ferment glycolytique sécrété par le pancréas.

Quelle que soit la théorie émise sur le méca-

nisme même du diabète pancréatique, l’existence, l rès certaine, de ce diabète n’en constitue pas moins un lien intime de plus entre le pancréas et le foie. — C’est, en effet, au niveau du foie que se fait, pour la plus grande part, le métabolisme du sucre: cet organe joue, par des processus dhers que nous étudiei’ons, le ixde le plus important dans la genèse des diabètes et l’action même du pancréas, à cet égard, ne s’exerce probablement que par l’intermédiaire de l’organe bépatûjue.

L’accouplement du pancréas et du foie est donc intime, et s’explique facilement, tant par leurs rapports circulatoires que par la communauté de leur origine ancestrale et par leur dilférenciation relativement tardive.

C. Accouplement vasculaire du foie et de la rate. — Cet accouplement fonctionnel est, actuellement, plus mal connu encore.

Nous savons que la rate et le foie ont, l'un et

VUE D’EXSEMBLE SUE LES FONCTIONS DU FOIE 5(j

l’autre, un rôle important dans la genèse et la destruction des éléments du sang.

Les fonctions hématopoiétiques de la rate et surtout du foie s’exercent, presque uniquement, pendant la vie embryonnaire. On sait, en effet, l’activité de l’organe hépatique a cette période : le foie occupe un volume considérable, un poids qui atteint, chez l’embryon de un mois, la moitié du poids du corps, le tiers chez un embryon de trois mois. Les travaux de Reichert, \Veber, Kahrrer, Kolliker, ont montré la multiplication des globules rouges dans le foie fœtal. Neumann y a décrit des hématies nucléées. Luzet y a montré desbématoblastes en segmentation par bourgeonnement. \an der Striclit, Schmidt, Renaut, Natlan-Larrier, dans des travaux très intéressants, que nous analyserons plus loin, insistent également sur les détails de l’hématopoièse hépatique.

La rate a également, chez le fœtus, un rôle hématopoiétique très net.

Mais chez l’adulte, à la suite des différenciations et des complications successives de ces organes, surchargés de multiples fonctions, et forcés d’en abandonner plusieurs, les propriétés hématopoiétiques du foie et de la rate disparaissent en grande partie, et se spécialisent, |)resque uniquement, dans la moelle des os : or il est très intéressant de voir qu’un certain nombre d’excitations morbides, l’inllammation microbienne ou toxique en particulier, déterminent le retour de la rate et du foie à l’état em-

bryonnairo el la reviviscence de leurs fondions liémalopoiéliqiies. Ce fait résulte des reclierches 1res curieuses de Doniinici sur la rate : diverses infections et intoxications [)rovoquent l’apparition, dans la rate, de bourgeons hématopoiétiques fœtaux et la création, à ce niveau, de globules rouges nucléés. 11 en est, en partie, de môme pour le foie, d’apres les recherches de Dominlci et de Nattan-Larrier. Il y a donc, à ce point de vue, un rapprochement à faire entre ces deux organes, qui, à une certaine période de la vie fœtale, ont, avec la moelle des os, participé à la formation du sang, et qui ont, ultérieurement, perdu cette propriété, au fur et à mesure que s’en développaient de nouvelles à leur niveau.

Les fonctions hémaloly tiques, inverses des précédentes, du foie et de la rate persistent beaucoup mieux chez l’adulte : il est probable (|ue la rate et le foie agissent de concert, d’une [>art pour détruire les hématies usées, et, d’autre part, pour transformer leur hémoglobine en pigments biliaires.

La destruction des hématies semble surtout appartenir à la rate : Malassez a montré, à son niveau, la diminution des globules rouges et la disparition de certaines formes plus ou moins altérées. 11 a signalé, d’autre part, l’état anémique de certaines hématies au sortir de la rate, du peut-être à la diminution d’hemoglobine.

Le foie, de son côté, transforme l’hémoglo-

Page 1