VUE D’ENSEMBLE SUR LES FONCTIONS DU FOIE G
bine en pigments biliaires, ainsi que nous le verrons plus loin, et complète ainsi 1 oeuvre de
1 l'cltO f
A'ous citerons, à ce propos, les récentes expériences de Pugliese et Puzzati : chez les chiens dératés, la pyrodine, iwison fortement deglobulisant, ne provoque m urohihnurie m hemog binurie, cUme elle le faisait chez les chiens normaux. De plus, les chiens dérates éliminent, alors, une hile beaucoup moins riche en pigments biliaires que les chiens porteurs de leur rate ; d’où la supposition que la rate accumule les matières dérivées du sang, nécessaires à la cellule hépatique pour la formation des pigments hi liaires. Ces matières sont amenées au ioie par la veine porte. La rate, une fois enlevée, les produits de désassimilation des hématies se localisent dans d’autres organes (moelle des os, etc.); l’élimination de pigments hihaires est moindre que chez les chiens porteurs de leui rate, mais dure plus longtemps, la moelle ne se désaisissant que peu cà peu des substances colorantes, dérivées de l’hémoglobine, accumulées, à son niveau.
L’accouplement des deux organes nous sera encore révélé par leur commune fonction martiale, vis-à-vis des sels de fer provenantde la destruction du sang : en effet a la suite d injections intraveineuses ou intra-peri toneales de sang dehbiint ou d’hémoglobine dissoute, comme à la suite de toute déglobulisation rapide, il y a transfor-
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nialion, en pigincnl ocre, rerrugineux, d’une partie de l’iicmoglobine. L’accumulation de ce pigment ferrique se fait dans la rate et dans le foie ; comme l’avait noté Lapicque et comme nous avons eu l’occasion de le constater également, l’accumulation tl’hydrate ferrique est plus abondante dans la rate que dans le foie si les globules sont injectés en nature; l’accumulation est, au contraire, plus abondante dans le foie, si l’on injecte de l’hémoglobine dissoute. Ces réserves de fer sont, ultérieurement, reprises, dans l’un ou l’autre organe, au fur et à mesure des besoins.
Enfin en pathologie, l’accouplement des deu.v organes est également fort net et intéressant. On sait que la plupart des affections hépatiques sont accompagnées d’une hypermégalie splénique: celle-ci constitue un symptôme des cirrhoses veineuses; elle se retrouve communément dans les angiocholites infectieuses et dans les cirrhoses biliaires (maladie de Hanot, etc.) ; cependant elle peut y manquer : à côté du type hypersplénomégalique de Cilbert et Fournier, on peut individualiser le type microsplénique de Gilbert et Castaigne.
Il est possible, sans doute, que dans certains cas, comme dans la maladie de Banti, la cirrhose hépatique soit sous la dépendance d’une splénopathie primitive; mais, dans les cirrhoses veineuses et biliaires, l’atteinte de la rate est manifestement secondaire. Le mécanisme de cette lésion, en retour, est encore mal élucidé ; dans
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les cirrhoses veineuses il faut, sans cloute, invoquer surtout la gène circulatoire inlra-hépatic|uc et la congestion splénique |)assive, alors c[ue, dans les cirrhoses biliaires, il faudrait incriminer l’infection splénique, peut-être capable, d’après une hypothèse de Gilbert et Fournier de s’opérer directement par reflux rétrograde du sang hépaticjue dans la rate. Quoi cju’il en soit, ces faits démontrent la synergie morbide des deux organes.
Ajoutons qu’expérimentalement, les injections intra-vasculaires de corps étrangers, de pigments, de micro-organismes, montrent un arrêt et une surcharge simultanés et ultérieurement, des infections évoluant simultanément clans les deux organes.
Ce n’est donc pas par hasard c|ue les branches de la veine porte dérivent des trois grands organes abdominaux, et cjue l’intestin, le pancréas et la rate se mettent en contact vasculaire avec l’organe hépatique. Si la raison de ces accouplements vasculaires est encore mal connue clans les détails, ce que nous en savons nous j)ermet déjà de leur attribuer une importance capitale, qui, juscju’ici, n’a pas été suffisamment mise en lumière.
Voies d’excrétion. Les sécrétions interne et externe du foie. — A cc)té des trois voies principales d’adduction que nous venons de voir,
le foie présente deux voies d’évacuation, la voie sanguine sus-hépatique et la voie biliaire. A ces deux voies correspondent les deux sécrétion.s inlerne et externe du foie.
I. Sécrétion interne. — \^>x secrétion sanguine, interne, est, de beaucoup, la plus importante; son étude, et son nom même, datent de Claude Bernard, qui, dès ses recherclies sur la fonction glycogénique du foie, a établi la théorie des glandes a secrétion interne et à double sécrétion.
A vrai dire, il s’agit parfois de tout autre chose que d’un phénomène sécrétoire, et la rétention, par la cellule hépatique, de substances alimentaires ou nuisibles, qu’elle accumule, translorme ou élimine par les veines sus-hépatiques, est assez éloignée de notre conception générale des phénomènes sécrétoires : pourtant on trouverait facilement des intermédiaires capables do justifier cette extension du mot et, sous ces réserves, nous pouvons employer le terme de sécrétion interne.
La sécrétion interne peut être appelée également sécrétion sanguine, non seulement parce que les voies d’excrétion sont constituées par les vaisseaux, mais aussi parce que c’est surtout, et avant tout, sur la composition du sang qu’elle agit : à cet égard, le foie doit être considéré comme le régulateur du sang. 11 retient ou restitue, suivant les besoins, les excédents des substances utilisables. 11 retient, transforme ou élimine les substances non a.ssimilables ou toxiques.
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Enfin il sécrète, par lui-niême, certaines substances qui jouent un rôle important à distance : telle l’iirée, excitant de la sécrétion urinaire, on même temps que produit inoll’ensif de transformation de certains dérivés toxiques.
Le foie agit donc sur le sang par sa sécrétion interne de plusieurs façons :
A. Il agit sur la composition même du sang, sur le nombre de ses hématies, sur son fer, sur sa fibrine, sur ses ferments coagulants; il semble créer, en dillérentes circonstances, des corps anticoagulants, etc.
B. Le foie agit, d’autre part, sur les substances étrangères charriées par le sang.
a. 11 agit sur les substances utilisables ou alimentaires ;
i“ Sur les sucres, en transformant, en glycogène, l’excédent de glucose et le fixant entre les mailles du protoplasme cellulaire, puis transformant, à nouveau, ce glycogène en sucre au moment des disettes alimentaires et des dépenses dynamiques ;
2° Sur les graisses, en les fixant dans la cellule ou les transformant ;
3” Surles albuminoïdes, en les fixant également cl, probablement, en les transformant soit en graisses, soit surtout en glycogène.
,3. Enfin le foie agit sur les substances étrangères non assimilables ou toxiques.
GiLBEnx et Caunot. 5
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i“ Il agit sur les unes, en les Iransformant de laçon à diminuer leur toxicité ou à les rendre utiles; telle est la fonction uropoiétique du foie; telle aussi la sulfo-conjugaison des phénols.
2° 11 agit sur les autres, en les éliminant ]iar la voie biliaire : tels les pigments, les sels de fer, de mercure, etc.
3“ Enfin il agit sur d’autres encore, par une action mixte, surtout en les accumulant et les mettant, par conséquent, hors d’état de nuire ; aussi les toxicologues cherchent-ils fréquemment les poisons au niveau du foie : un grand nombre d’alcaloïdes et de poisons métalliques sont arrêtés ainsi ; les corps étrangers, les micro-organismes, les pigments sont arrêtés de même.
On ne sait pas encore exactement, pour la plupart d’entre eux, quel est leur sort ultérieur : certains sont éliminés peu après, soit par le sang, soit par la bile; d’autres sont, pour ainsi dire, digérés et transformés; d’autres semblent rester indéfiniment inclus dans le parenchyme hépatique, comme cela se passe dans certaines glandes closes d’accumulation bien connues dans la série animale.
II. — Sécrétion biliaire. — La sécrétion biliaire est connue depuis beaucoup plus longtemps que la sécrétion sanguine. Elle aboutit à la formation d’un liquide, de composition assez constante, la bile: liquide excrémentitiel pour une part et dont les matériaux sont définitivement éliminés au dehors; liquide à rôle intestinal pour