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une chose ne peut pas être et ne pas être en même temps, ce qui arrive est produit, ce qui est produit a une cause, le plus ne découle pas du moins, etc., j'exprime un jugement inconditionnel et si absolu que Thypothèse contraire me paraît non seulement inconcevable, mais absurde et contradictoire.
Quant à l'influence de l'association, de Thabitudeet de l'hérédité, nous la tenons pour certaine et considérable ; mais Texpérience prouve qu'elle a des bornes, et la raison démontre qu'on ne saurait tirer le plus du moins, celui-là n'étant pas contenu dans celui-ci.
Uuel est le rôle de l'association ? Unir certaines images ou certaines idées de telle façon que les unes évoquent les autres. Or on sait que la théorie associationniste n'admet dans l'homme que des sensations et des combinaisons de sensations. Mais de quelque manière qu'elles se combinent et s'associent — dussent-elles revêtir une forme générale et abstraite, ce qui, d'ailleurs, est parfaitement impossible, — les sensations et les images sensibles demeurent ce qu'elles sont en elles-mêmes, c'est-à-dire des éléments contingents, comme les faits qu'elles représentent.
D'un autre côté, l'habitude et l'hérédité peuvent bien assurer la constance de l'association, mais non pas en changer la nature, ni lui ajouter de nouveaux éléments. La conscience nous atteste qu'il se forme en nous des associations habituelles d'idées qui n'ont aucune analogie avec les vérités nécessaires. Lorsque je dis : tout corps
est pesant, la plante se nourrit, Tanimal comme la plante se reproduit par la génération, j'exprime une association aussi habituelle que lorsque je dis : l'animal est doué de sensibilité, riiomme est un animal raisonnable, 2 et 2 font 4. Et pourtant les jugements du premier ordre n'ont à mes yeux qu'une valeur empirique, qui ne renferme aucun concept de nécessité, tandis que les autres m'apparaissent comme tellement absolus que riiypothèse contraire implique une contradiction dans les termes.
2^ — L'homme parle etprogresse ; or le langage articulé et le progrès impliquent également une faculté spirituelle. Tous les mots d'une langue, les pronoms aussi bien que les noms et les verbes, sont des formes générales et abstraites, dégagées des objets particuliers. — Ajoutez que la parole prend tous les tons et traduit toutes les idées, tous les sentiments, jusque dans leurs nuances les plus fines, les plus délicates. Tour à tour grave et légère, haute et basse, solennelle et familière, aigre et douce, lente et précipitée, bonne et sévère, menaçante et affectueuse, impérieuse et suppliante, plaintive et enjouée, voluptueuse et chaste, la voix est visiblement l'écho d'un esprit et d'un cœur. L'animal, par ses cris inarticulés, ne révèle que des instincts et des besoins inférieurs. Mais l'homme parle, et par la parole il fait des promesses et des serments, il passe des contrats, il instruit, il émeut, il console, il abat, il relève, il captive, il subjugue, il gouverne. Le sourd-muet lui-même, à défaut de
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parole, invente une mimique des plus expressives et dont chaque mouvement a une signification générale et abstraite.
Ce que nous disons du langage articulé, on pourrait le dire du geste, au service de l'esprit et du cœur. Mue par Tàme, la main exprime toutes les pensées et tous les sentiments. <( Par les mains, nous promettons, nous requérons, appelons, congédions, menaçons, prions, supplions, nions, refusons, interrogeons, admirons, nombrons, confessons, répétons, craignons, doutons, instruisons, commandons, encourageons, jurons, témoignons, accusons, condamnons, absolvons, injurions, méprisons, défions, flattons, applaudissons, bénissons, moquons, réconcilions, exaltons, réjouissons, attristons, réconfortons, désespérons, étonnons, examinons, taisons » K
Que dire du changement et du progrès de l'homme en resTard de la routine et de l'immobilité de l'animal ? Celui-ci fait-il autre chose que tourner sans cesse dans le cercle étroit de l'expérience comme dans une cage ? « Oui verra, dit Bossuet, que les animaux n'ont rien inventé de nouveau depuis l'origine du monde et qui considérera, d'ailleurs, tant d'inventions, tant d'arts et tant de machines par lesquelles la nature humaine a changé la face de la terre, verra aisément par là combien il y a de grossièreté d'un côté et combien de génie de l'autre. Xe doit-on