‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 101 sur 208 · Montaigne. E^^^ais. I. II, ch · texte numérisé non relu

Montaigne. E^^^ais. I. II, ch

pas être étonné que ces animaux à qui on veut attribuer tant de ruses, n'aient encore rien inventé, pas une arme pour se défendre, pas un signal pour se rallier et s'entendre contre les hommes, qui les font tomber dans tant de pièges ? . . . Ce n'est donc pas connaître la raison que de leur en donner la moindre étincelle » ^ C'est que l'animal n'a que la sensation, l'imagination et l'instinct, toutes choses que ni l'idée n'éclaire, ni la comparaison n'élargit, et qui par là même ne sauraient s'affranchir du particulier et de la routine.

L'homme, au contraire, est capable de réflexion. Or, poursuit Bossuet, « une réflexion en attire une autre, et c'est ainsi que d'observation en observation les inventions humaines se sont perfectionnées ..Après six mille ans d'observations, l'esprit humain n'est pas épuisé ; il cherche et il trouve encore, afin qu'il connaisse qu'il peut trouver jusqu'à l'infini et que la seule paresse peut donner des bornes à ses connaissances et à ses inventions » '-.

3"" — L'homme veut et se détermine librement. « Un homme qui n'a pas l'esprit gâté n'a pas besoin qu'on lui prouve son franc arbitre, car il le sent, et il ne sent pas plus clairement qu'il voit, ou qu'il reçoit les sons, ou qu'il raisonne, qu'il se sent capable de délibérer ou de choisir •) •'. Or l'homme est doué de liberté parce

1. Connaissance de Dieu et de soi-même, ch. v. n. 5-7 ; (-f. S. Th. in II Senl. dist. 25, q. 1. a. 2, ad 7.

Page 1