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La destinée de l'homme, p

CHAP. VIII. CONNAISSANCE DE l'aME '^35

qu il suffît de se replier sur soi-même pour pouvoir dire : Je suis... Ce n'est point aussi simple. Je ne puis affirmer que je suis d'une affirjnation solide, qu'en affirmant que Dieu est et que je suis par lui... Sans lui pourrais-je être certain d'être ?... C'est seulement en lui que je puis réaliser l'unité et la permanence qui me donnent le droit d'affirmer mon être, et c'est seulement quand je suis unifié et fixé en lui que je puis dire : Je suis, avec une certitude qu'aucune déception ne saurait ébranler... Xous nous voyons en lui et en même temps nous Le voyons en nous » ^

Ces diverses théories ne s'accordent pas avec les faits de l'àme. J'éprouve avec évidence que mon être n'est pas tout entier renfermé dans le moment présent. J'étais hier, l'année passée et auparavant ; tel jour, à telle heure et dans telles circonstances, j'ai ressenti cette émotion, j'ai pensé à cette chose, j'ai voulu cet objet. Si je remonte aussi loin que possible dans mes souvenirs, que d'événements se sont succédé à côté de moi et en moi-même I que de révolutions se sont accomplies dans mes pensées ou dans mes sentiments ! Et néanmoins, si j'écarte toutes les différences et que je pénètre dans mon intérieur, j'y retrouve le même moi, la même personne.

Il y a donc en moi un certain fond immuable^ qui persévère et demeure identique à lui-même, tandis que mille impressions venues du dehors

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