s. Th., De Enle et essentiel, c
CIIAP. VIII. CONNAISSANCE DE l'aME 241
semble qu'il m'est impossible de les séparer, souvent difficile de les distinguer. Je ne veux pas sans comprendre, je ne comprends pas sans imaginer, je n'imagine pas sans sentir, et je ne sens pas sans vivre. En d'autres termes, mon être se mêle à ma vie, ma vie à ma sensibilité, ma sensibilité à mon entendement, mon entendement à ma volonté, mes passions à mes sentiments. Je suis donc tout ensemble infiniment « composé » et merveilleusement « un ».
L'àme et le corps sont donc des substances incomplètes qui s'unissent étroitement pour former une seule et même substance complète, passive et animale dans sa partie inférieure, active et spirituelle dans sa partie supérieure. Le corps doit à Tàme de sentir et de vivre, car ni la sensation ni la vie ne sortent delà matière. Et par là même il lui doit encore de subsister ; car si le corps avait son être par lui-même, il aurait aussi par lui-même les opérations qui lui conviennent, et si au contraire il n'agit que par l'âme, il s'en suit naturellement que c'est par Tàme qu'il subsiste. C'est en ce sens que l'àme est appelée « la forme du corps » ^
Mais, d'un autre côté, l'àme doit au corps le principe de son individualité et le moyen d'exercer toutes les opérations de la vie sensitive et végétative, car ces opérations inférieures appartiennent essentiellement au composé.
Elle trouve encore en lui un précieux con-