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Concil. Viennense, De fuie caihoL. lil

LES FONDEMENTS DE LA CONNAISSANCE. — If).

cours pour ses opérations intellectuelles et morales. Esprit supérieur, l'ange plane dans les pures régions de l'idéal ; la matière et les sens ne sauraient aspirer à monter jusqu'à lui. Mais l'àme humaine occupe le dernier rang parmi les substances spirituelles et son objet propre est l'intelligible dans le sensible, l'immatériel dans la matière. Voilà pourquoi elle a besoin du concours de la sensibilité ; voilà pourquoi il lui convient d'être substantiellementunie à un corps. « L'âme est atteinte par la matière, dit excellemment S. Thomas, parce que toujours l'être le plus parfait de l'espèce inférieure atteint Têtre le moins parfait de l'espèce supérieure. D'où il suit que l'àme humaine, qui est la dernière des substances spii'ituelles, peut communiquer son être au corps humain, qui estle plus noble des corps, pour qu'il résulte de l'union de l'âme et du corps un seul être, composé de matière et de forme » K

^ III. — Immortalilé de rame.

Conséquent avec sa théorie des « noumèmes », Kant soutint que la raison « pure » ne peut rien décider sur la question de l'immortalité de l'âme. Mais il eut soin d'ajouter que la raison « pratique » postule l'immortalité comme conséquence naturelle et nécessaire de la loi <* morale ». Gelle-

\. Q.Q. disp. de spirituali crealura, a. 11 ; cf. Bossuet, Conn. de Dieu el de soi-même, ch. III, § 1.

ci, en effet, exige une sanction convenable et efficace ; or, on ne trouve aucune sanction de ce genre dans ce monde de « phénomènes » où vertu et bonheur sont si rarement unis ; il devient donc nécessaire d'admettre une autre vie dans un monde meilleur, où la liberté fidèle au devoir reçoive une récompense proportionnée à ses mérites.

Sur ce point encore Kant était un précurseur et frayaitla voie au « dogmatisme moral ». Aussi ne doit-on pas s'étonner que certains philosophes modernes appuient l'immortalité sur certaines exigences morales plutôt que sur des arguments métaphysiques. Telle est en particulier l'attitude de M. l'abbé Piat,qai ne regarde pas comme péremptoire la preuve de la substantialité par la spiritualité de l'àme.

Nous ne contestons point la p&pularité des preuves dites morales et nous pensons qu'on doit recueillir tous les arguments en faveur d'un dogme recommandé par un grand concile au soin très spécial des professeurs de Philosophie ^

Toutefois le dogmatisme « intellectuel » et « traditionnel » se doit à lui-même de faire la preuve de l'immortalité de l'àme par des preuves « intrinsèques et directes » : c'est la voie suivie par S. Thomas d'Aquin et la seule qui réponde bien aux exigences de la critique et au plan que nous nous sommes proposé.

Notre thèse peut se formuler en termes précis :

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