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Pensées, De Tart de persuader

viendraient d'eux-mêmes sous notre plume, s'il fallait citer tous ceux qui sont arrivés à la vérité par la charité ! Et d'un autre côté, qu'il est grand, non aux yeux des hommes, mais aux yeux de Dieu « qui sonde les reins et les cœurs », le nomhre de ceux qui sont demeurés en dehors de la vérité, non pas faute d'esprit, mais faute de pureté et d'amour !

Il est un autre domaine, dans les jugements des hommes, où la volonté ne fait pas moins sentir son influence que dans les vérités de l'ordre moral : nous voulons pai>ler des opinions y qui tiennent une si grande place dans nos connaissances. Plus ou moins tous les hommes ont des opinions, et qui ferait la liste de ce que chacun appelle ses connaissances, trouverait peut-être les jugements probahles en plus grand nombre que les jugements certains.

Mais ce serait mal connaître les hommes que de supposer que la raison seule préside à leurs opinions. Il y entre plusieurs autres éléments, parmi lesquels la volonté et même la passion occupent un assez bon rang. Dans ces rencontres, dit saint Thomas, les motifs ne sont pas convaincants au point que l'esprit ne demeure libre de donner son assentiment ou de le refuser, tout au moins de suspendre son jugement, à cause de certaines raisons particulières. D'où il suit que l'adhésion reste effectivement en notre pouvoir et que la volonté peut la déterminer en faveur d'un parti ^ .

1, s. Th. 2* 2^% q. xvii, a, 6. c.

III. — La volonté apporte bien son concours à rintelligence dans la poursuite du vrai, mais c'est à rintelligence qu'appartient proprement la certitude. Par là, le dogmatisme intellectuel se sépare nettement du dogmatisme moral.

Descartes, Kant et Renouvier peuvent être regardés comme les initiateurs de ce nouveau genre de dogmatisme. D'après Descartes, « par l'entendement on conçoit seulement les idées des choses ; mais assurer, douter, nier sont des façons différentes de vouloir » ^ — Pour Kant la raison théorique n'a aucune valeur objective; seule, la raison pratique atteint le vrai ; encore n'est-ce pas par une connaissance digne de ce nom, mais seulement par la croyance, c'est-àdire par une certitude subjective sans évidence, où Dieu, l'àme immortelle et la liberté se présentent comme des postulats à la fois nécessaires et inexplicables. — Renouvier distingue « trois éléments dans la certitude : l'élément de la perception, sensible ou rationnelle, l'élément de la passion et l'élément de la volonté. L^homme par rapport à l'objet quelconque de sa pensée, est certain, s'il le comprend de toute l'étendue de son intelligence et se sent porté par un instinct puissant, animé d'une volonté immuable en l'affirmant et se complaît dans cette affirmation... Ces troijS éléments sont indissolubles et partout présents » -.

Combinez ensemble ces divers systèmes et,

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