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donc au-dessus de la substance comme au-dessus de Têtre, il ne peut être resserré dans aucune manière d'être ; ce qui est tout Têtre épuise tous les degrés d'être et n'est d'aucun genre d'être.
Otez la composition métaphysique : il n'y a point en Dieu essence et existence, substance et facultés, puissance et acte ; il est acte « pur », simplicité et unité parfaite, « maxime iiniis ».
Cependant n"ai-je point mis en Dieu plusieurs attributs, plusieurs perfections ? Sans doute, mais toutes ces perfections n'en font qu'une et n'ajoutent rien à son essence. 11 est immense, immuable, éternel, intelligent, puissant, bon, juste et saint ; mais son immensité est la même chose que son éternité, son immutabilité est la même chose que sa sainteté ; ce qui pense en lui est la même chose que ce qui veut, ce qui veut est la même chose que ce qui peut et ce qui agit, ce qui punit est la même chose que ce qui pardonne.
Nous voilà bien loin de « l'agnosticisme » théologique. Et néanmoins, de tous les attributs particuliers que nous avons mis en Dieu et de tous les noms divins par lesquels nous l'avons dénommé, il n'en est aucun qui, dans notre esprit, ne contienne quelque imperfection et qu'il ne faille épurer avant de le transporter dans l'être divin, et qui ne soit infiniment au-dessus de toutes nos conceptions, puisque toutes nos conceptions, même les plus positives et les plus nettes, sont multiples et bornées, et que tout ce qui est en Dieu est un et infini. En ce sens, il
est vrai de dire avec Bossuet, que tout ce qu'on pense de Dieu est pauvre et misérable, «et qu'on ne peut pas même expliquer combien il est ineffable, ni comprendre combien il est incompréhensible ».
Mais en prenant, ailleurs, la défense des mystiques, Bossuet a dissipé toutes les équivoques et remis chaque chose à sa vraie place. « Les mystiques qui semblent la vouloir exclure (la eonnaissance), ne veulent exclure que la connaissance curieuse et spéculative qui se repaît d'elle-même... Il faut entendre de même ceux qui excluent les lumières, car ou ils entendent des lumières sèches et sans onction, ou, en tout cas, ils veulent dire que les lumières de cette vie ont quelque chose de sombre et de ténébreux, parce que plus on avance à connaître Dieu, plus on voit, pour ainsi parler, qu'on n'y connaît rien qui soitjjigne de lui ; et en s'élevant au-dessus de tout ce qu'on a jamais pensé, ou qu'on en pourrait penser dans toute l'éternité, on le loue dans sa vérité incompréhensible et on se perd dans cette louange ; et on tâche de réparer en aimant ce qui manque à la connaissance, quoique tout cela soit une espèce de connaissance et une lumière d'autant plus grande que son propre effet est d'allumer un saint et éternel amour » '.
1, Médit. sarV Evangile, la Cène, 2* part, 37« jour.
§ III. — Personnalité et rapports de Dieu avec le monde.
La question de la personnalité de Dieu est le point culminant de la Tliéodicée. Voici, d'après M. Loisy, les conclusions suggérées par « l'évolution de la philosophie moderne » : « Si Ton maintient et je crois qu'il faut maintenir la personnalité de Dieu comme symbole de son absolue perfection... n'est-il pas évident que cette personnalité divine est d'un tout autre ordre que la personnalité de Thomme ? N'est-il pas vrai que la notion théologique de la personne est métaphysique et abstraite, tandis que cette notion est devenue, dans la philosophie contemporaine, réelle et psychologique ? Ce qu'on a dit d'après la définition de l'anciennephilosophie, n'a-t-il pas besoin d'être expliqué par rapport à la philosophie d'aujourd'hui ?... L'évolution de la philosophie moderne tend de plus en plus à l'idée du Dieu immanent » \
I. — On nous propose donc de substituer à (( la notion — de la personne — théologique, métaphysique et abstraite », la conception « réelle et psychologique » de la philosophie moderne.
Incontestablement depuis Locke et Kant, la conception de la personne a revêtu un caractère