Lettres sur la métaphysique, lettre
CIIAP. I. LA FOI
très graves sur plusieurs points de philosophie, de théologie et d'exégèse hiblique '.
Il est donc bien établi que la philosophie et la science ne peuvent que gagner à entretenir de bons rapports avec la théologie et l'Eglise. Elles y gagneront d'être préservées de bien des erreurs qui échappent inévitablement à la faiblesse humaine et déparent bien des ouvrages où se trouvent d'ailleurs de réelles beautés. Et elles y trouveront un surcroît de lumière sur plusieurs vérités fondamentales qui sont bien du ressort de la raison, mais que la raison toute seule ne réussit pas à mettre dans tout leur jour. Sous ce rapport, la cosmologie, l'anthropologie, la métaphysique, la morale, l'ethnographie et la sociologie doivent beaucoup à l'Ecriture sainte et à l'Eglise. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer ce qu'étaient ces diverses sciences avant le christianisme et ce qu'elles sont devenues depuis, ou ce qu'elles deviennent, de nos jours, entre les mains de la philosophie séparée.
« Viribas iinilis », tel doit être le vœu le plus ardent de la raison et de la foi. Ce fut la pensée maîtresse de S. xAjiselme : « Intelleciiis qiiœrens fidem », « Fides qaœrens intellectum ». Le moyen âge vécut de cette pensée, et il y puisa le secret de sa force.
Fière de ses progrès, la science moderne s'est
1. Le Saint Office, 16 déc. 1903, a condamné les ouvrages suivants de labbé Loisy : La religion d'Israël, Etudes éuangéliques, L'Evangile et l'Eglise, Autour d'un petit Hure, Le quatrième évangile.
crue assez forte pour se passer de Dieu, et pour faire, de l'idée laïque, son unique lumière. Mais « ridée laïque » a produit son fruit naturel, et « Tanarchie » s'étale au sein de la « science», de la « famille » et de la « cité ».
S. Thomas a dit cette profonde parole : « Humana sapientia tamdia est sapientia, qaamdia est siibjecla divinœ sapientise ; sed rjuando recedit a Deo, tune vertiiur in insipienliani » '.
vi II. — La Révélation.
Aux termes de la déclaration du dernier Concile, « la foi est une vertu surnaturelle, qui nous fait croire les vérités révélées, non l\ cause de leur évidence interne, mais à cause de l'autorité de Dieu qui les révèle, et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper » -. Elle est donc surnaturelle dans son « objet », dans son « principe » et dans son « motif ».
Pour ruiner le caractère surnaturel de la foi, il suffit d'altérer le caractère surnaturel de la révélation. C'est ce qu'a fait M. l'abbé Loisy. La gravité du sujet et l'invraisemblance de l'erreur nous obligent à citer un peu longuement.
L'auteur rappelle d'abord la doctrine théologique de la révélation : u une communication de vérités qui est faite directement par Dieu "aux