Éludes évangéliques, Av. propos, xiii, xiv
la doctrine. Leur forme native est une « intuition surnaturelle (du cœur sans doute), non une considération abstraite ou une définition systématique de leur objet ».
Les premiers chrétiens n'avaient donc aucun besoin des « motifs de crédibilité », appuyés qu'ils étaient sur une « intuition surnaturelle et sur une expérience religieuse ».
Quant aux chrétiens de nos jours, ils n'ont point à se préoccuper des variations incessantes du dogme ; ces variations ne portent aucune atteinte à la foi. « Est-ce que le croyant n'a pas toujours, pour fondement et appui de cette foi, l'étonnante puissance, à travers les siècles, de « l'idée » du règne de Dieu, et l'efficacité actuelle, l'expérience personnelle de cette idée, toujours vivante, nonobstant les limitations de son origine et les modifications qu'elle n'a pas cessé de subir? Et la foi à la divinité du Christ ne tient-elle pas également à l'influence divine qu'il n'a pas cessé d'exercer sur les âmes, nonobstant le sens proprement juif qui ne laisse pas de s'attacher à sa qualité de Messie, et quoique la définition formelle de sa divinité ne se soit dégagée que progressivement dans la tradition chrétienne? » ^
Force nous est, d'ailleurs, de nous contenter « de l'étonnante puissance, à travers les siècles, de « ridée » du règne de Dieu » et de « l'expérience personnelle de cette idée », car les motifs