JoAN., XV, 15, x\i
suite des siècles, Dieu honore certaines âmes de révélations « particulières », ces révélations pourront bien être un objet de foi pour les Ames qui les auront reçues, mais elles demeureront « personnelles » et <« privées », et l'Eglise ne les ajoutera pas aux révélations officielles et publiques, contenues dans les Ecritures et dans la Tradition, et qui s'imposent à la foi de « tous », parce qu'elles sont proposées à tous comme le moyen nécessaire pour arriver au salut.
II. — Progrès dans la connaissance de la révélation^. Si, depuis Jésus-Christ et les apôtres, la révélation « officielle et publique » a dit son dernier mot, il n'en est pas de même de la connaissance que les hommes peuvent en avoir. La science ne découvre t-elle pas tous les jours de nouvelles merveilles dans le monde de la « nature » ? Pourquoi la « foi chrétienne « ne pourrait-elle faire de semblables découvei'tes dans le monde immense, lui aussi, de la " grâce » et de la « révélation » ?
Dans les Ecritures et dans la Tradition se trouvent beaucoup de vérités importantes, formulées en termes « explicites » et qui furent proposées à la foi des chrétiens par les a]ioti-es eux-mêmes. Mais il n'était pas nécessaire — [)eutêtre même n'était-il pas possible — que les apôtres formulassent explicitement tous les articles
1. Cf. La vie du dogme, par le P. de la B.vrmE : — Vérité el vie, par le P. de Pascal, Revue du Clergé français, l'^ et 15 février 11)03 ; — Le développement du dogme, par labbé Er- MOM, Revue du Clergé français, l" mars 1903.
de la dogmatique chrélienne. Le dogme touche à rinfini et présente un contenu si «vaste » et si (( complexe » que le « temps » seul peut permettre d'en découvrir un à un tous les trésors. D'un autre côté, il est assez « fécond » pour répondre à tous les besoins, pour faire face à toutes les erreurs des siècles à venir. Et avec une autorité aussi infaillible que celle des apôtres, l'Eglise sera là jusqu'à la fin des temps, pour dégager et pour interpréter le sens « littéral » et « historique », base de la croyance, et non pas seulement, comme pense Tabbé Loisy, pour « dégager du symbole ancien les applications que comporte une situation qui ne cesse pas de se renouveler >; . — « Elle a toujours eu, poursuitil avec assurance, autre chose à faire que de philosopher sur le rapport de ces applications avec la forme historique des évangiles; mais le critique ne peut se faire illusion sur ce rapport » ^ — « Même pour Tinterprétation des textes, une exégèse raisonnable n'est-elle pas impossible, si Ton n'admet d'abord que l'enseignement actuel de l'Eglise, qui est la règle du théologien et du prédicateur catholiques, se distingue du sens historique de l'Ecriture » - ?
Reste à voir comment l'Eglise peut « procéder » dans la définition des dogmes, et quels sont les facteurs qui peuvent préparer cette définition.