CoNc. \'atic., Deconslil. fidei, cap
2. Revue du Clergé français, 1" mars 1903 : Le développement du dogme et ses lois, p. 54.
nitaire a pu s'assimiler la théorie péripatéticienne de la nature et de la personne; le dogme sacramentaire a pu aussi s'incorporer la théorie de la matière et de la forme; le dogme eucharistique celle de la substance et des accidents. Il va de soi que Ton ne pourra jamais dire que ce pouvoir assimilateur soit épuisé ; dans l'avenir de nouvelles découvertes scientifiques, et de nouvelles théories philosophiques pourront s'incorporera tel ou tel de nos dogmes: bien plus, cette puissance d'assimilation est comme infinie ; car toute théorie, pourvu qu'elle soit vraie, peut s'incorporer à Tun quelconque de nos dogmes ».
Si nous ne nous trompons, le dogme catholique ne peut « s'incorporer » aucune théorie humaine, si certaine d'ailleurs qu'on la suppose, précisément parce quil est d'origine et d'essence divine, exclusivement divine, et qu'aucun élément humain ne peut lui être ** assimilé », parce qu'étant humain, il est « hétérogène » à sa substance et par suite inassimilable.
Et cela nous amène à une autre remarque: c'est qu'il ne faut pas trop presser la comparaison, aujourd'hui fort à la mode, et qui considère le dogme comme un « germe » appelé à « évoluer » comme tout germe vivant. Il y a sans doute beaucoup de vrai dans cette image, surtout si on l'applique à l'histoire de la révélation, mais prenons garde de la pousser jusqu'au bout. Le germe a une puissance évolutive limitée et qui s'épuise bientôt ; il se montre fort sen-
sible aux ambiances du milieu auquel il em jDrunte les aliments qu'il doit incorporer à sa propre substance, pour remplacer les éléments anciens qu'il élimine au fur et à mesure ; enfin il se développe en lui-même et par sa propre vertu.
Le dogme, lui, ne se développe pas en luimême et par une vertu immanente ; il n'élimine aucun de ses éléments, parce qu'aucun de ses éléments n'est exposé à l'usure; et à bien prendre les choses, il ne s'incorpore, non plus, aucun élément naturel et humain. Mais il trouve en son propre fond une fécondité inépuisable et qui peut suffire à l'alimentation intellectuelle de tous les milieux et de tous les siècles.
Ce n'est pas que nous voulions soustraire le dogme à toute influence des causes « secondes », ou que nous le jugions trop haut placé pour utiliser leur concours. Dans l'histoire de la plupart des dogmes on peut distinguer « l'occasion », la « préparation », la « définition » et « l'explication ».
L'occasion est généralement une erreur qui, s'attaquant à quelque point particulier de la doctrine, met en év^eil pasteurs et théologiens et amène l'Eglise à préciser et à définir son enseignement. C'est ainsi que les erreurs des ariens et des pélagiens provoquèrent de nouvelles études et amenèrent de luminpuses définitions sur la divinité de Jésus-Christ et sur la grâce: « et ab adrersario nioiaquœstio, discendi exslilil occasio » ^.