S. AuG., De civil. Dei, lib. xvi, cap
Encore qu'elle soit assistée du Saint-Esprit, l'Eglise ne procède à aucune définition dogmatique sans faire des recherches sur le point contesté par l'erreur et qui demandre à être élucidé. Exégètes, théologiens, historiens, canonisles, congrégations, se mettent à l'œuvre et préparent tous les documents convenables; humainement parlant et abstraction faite de l'assistance du Saint-Esprit, le pape ou le concile sera encore entouré de lumière.
Sous une forme où sous une autre, le dogme est enfin « proclamé » par l'autorité infaillible. A la vérité, cette décision tire toute sa force essentielle de l'assistance du Saint-Esprit, qui a préservé Tautorité suprême de toute erreur. Mais elle sera pour l'ordinaire appuyée de ^< considérants » empruntés à la science ecclésiastique : textes d'Ecriture Sainte, déclarations des Pères, monuments delà Tradition, pratique de l'Eglise, arguments de raison théologique, toutes choses bien propres à entourer de prestige le nouveau dogme. C'est ainsi que Pie IX a procédé dans la proclamation de l'immaculée Conception de la très sainte Vierge, ainsi qu'a procédé le concile du Wntican dans la définition de l'infaillibilité pontificale.
L'élément humain, sans jamais se mêler au dogme, a donc sa place, et une place importante, dans les choses de la foi.
Notons encore que les « formules » dont l'Eglise se sert pour « énoncer » et « traduire » le dogme en langage humain, sont tributaires des
proî^rès de la science humaine. Les formules dogmatiques pourront donc avoir une précision plus grande, si la science philosophique, appelée à les fournir, a réussi avec le temps à perfectionner sa langue. Nul doute, par exemple, qu'il n'y ait dans les notions philosophiques de « nature » et de « personne », de « substance et d'accidents », de ^^ matière et de forme » etc., pourvu qu'on ne les prenne pas avec trop de risfueur, une terminolooùe et des éléments excellents pour la théologie catholique. En ce sens, on peut dire avec le cardinal Franzelin : <-' Pro diversitate elementi hiimani, potest, aliquibiis œtatibiis, explicalio fîdei esse illiislrior qiiam aliis... el ipsse formales definitiones fidei passant esse, aliqiiibiis temporibiis, pleniores. distinctiores, profundioreSy qiiani aliis » ^.
Et nous ne parlons point ici des progrès de la Théologie, progrès naturellement coordonnés au dogme, mais beaucoup plus étendus que le dogme. Si le dogme peut utiliser Télément humain, il ne peut le faire passer dans sa propre substance ; la théologie au contraire, divine par ses principes, mais humaine par sa méthode et par ses relations avec les choses de ce monde, peut, sans déroger, s'incorporer tout progrès scientifique parce qu'elle touche à la plupart des sciences. Or les progrès de la théologie rejaillissent toujours, sinon sur le dogme lui-même, du moins sur les « explications » dont il est sus-