‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 182 sur 208 · De Divina Traditione, edit. altéra, p · texte numérisé non relu

De Divina Traditione, edit. altéra, p

ceptible. La Somme de Théologie est une preuve éclatante de ce que nous avançons ; mais la Somme de Théologie n'a pas dit le dernier mot des harmonies du dogme, chaque science, chaque siècle peut apporter sa contribution.

§ III. — Immatabilité du dogme.

L'immutabilité ne tend point à contredire le progrès, elle tend plutôt à lui fournir une base nécessaire.

Mais s'il y a quelque chose d'immuable, même dans les sciences humaines, parce que, suivant la remarque de S. Thomas, il y a quelque chose de nécessaire, même dans ce qui est contingent, la part de l'immuable est infiniment plus grande dans le dogme que dans tout le reste, le dogme touchant à la science et à l'être même de Dieu.

11 y a plus : le dogme, considéré en lui-même, est, depuis Jésus-(^hrisl, absolument immuable; on n'en peut rien retrancher, on n'y peut rien ajouter. Nous l'avons vu, l'Eglise, en définissant les dogmes, se borne à tirer « l'explicite » de « l'implicite » où il était contenu, et c'est un principe de philosophie et de bon sens qu'en affirmant expHcitement ce qui était déjà implicitement admis, on ne change rien à sa nature. « Idem qiiod implicile asserilur, explicite assertiim est sibi idem » .

L'évolutionnisme radical de M. Loisy ne pou-

vait s'accommoder de rimmutabililé du dogme, même tempérée par un juste progrès. A ses yeux, le dogme est soumis au changement au même degré et pour les mêmes raisons que l'ensemble des connaissances humaines.

Et cela tient en premier lieu à la manière dont nous est donnée, selon lui, la révélation. « On peut dire de l'enseignement de Jésus ce qui est vrai de la révélation biblique en général, que cet enseignement n'est pas donné indépendamment des conceptions antiques sur le système du monde... La notion du Dieu créateur ne se présente pas autrement dans l'Evangile que ne le permet la connaissance du monde créé ; la notion du Dieu providence ne se présente pas autrement que ne le permet la connaissance de l'histoire... Universelles d^esprit et de principe, ces notions n'en sont pas moins déterminées très particulièrement et relativement au milieu et au temps où l'historien les voit se manifester. Les conditions de la connaissance religieuse, même dans l'ordre de la révélation, qui ne changent pas la qualité de l'esprit humain ni les formes de son activité, ne permettent pas que la représentation des vérités les plus essentielles soit autre chose que relative et imparfaite, enfermée qu'elle est dans des symboles qui ne figurent ces vérités que par analogie sans les exprimer adéquatement » ^

Cela tient ensuite à la « nature » même du

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