Supra, p
Le temps et les progrès de la science peuvent bien permettre d'ajouter à la connaissance inadéquate, mais jamais ils n'obligent d'en retrancher quelque chose. On rectifie une assertion erronée quand on parvient à constater Terreur, mais on% complète seulement la notion inadéquate, quand une science plus avancée vient fournir des données nouvelles.
Si donc le temps voit éclore de nouvelles erreurs, l'Eglise pourra bien formuler de nouvelles définitions, exigées par les circonstances, mais elle ne trouvera rien à retrancher, rien à changer dans ses définitions antérieures. La définition d'Ephèse dit ce que ne disait pas la définition de Nicée, et la définition de Nicée complète ou précise sur un })oint le symbole des Apôtres, mais en se complétant et en se précisant, le dogme ne se réforme pas et TEglise n'aura jamais à faire un livre de Rélraclalions. La « formule ecclésiastique » est donc « absolument vraie », lors même qu'elle n'exprime pas dans toute sa perfection « la nature de l'objet qu'elle représente ».
Absolument vraie, la formule ecclésiastique sera donc à jamais « irréformable » dans la pensée qu'elle exprime ; et, quel que puisse être le progrès de la science, il n'y aura jamais un temps où les dogmes définis par l'Eglise pourront recevoir une interprétation différente de celle qu'en a donnée l'Eglise en les définissant. '< Si quis dixerit fieri posse^ ut dogmatibus ab Ecclesia proposilis, aliquando^ secundum pro-
gressum scientiœ, sensiis iribuendiis s'il alias ab eo (jaeni înlellexil el inlelligil Ecclesia, analhema sil » ^ Par cette déclaration solennelle, TEglise a répondu une fois pour toutes aux pseudo-progressistes qui voudraient la mettre en demeure de suivre les évolutions de la science et de donner de ses dogmes des interprétations successives, sans cesse amendées, pour demeurer toujours au niveau de la science et de la mentalité des contemporains.
Mais voici que l'objection prend une autre forme. Toutes les déiinitions de l'Eglise doivent leur formulaire à l'ancienne philosophie ; or l'ancienne philosophie a été supplantée parla philosophie moderne ; loules les définitions doivent donc être révisées d'après u la philosophie d'aujourd'hui )). Et pour que l'Eglise ne se méprenne pas sur la portée de la révision qu'on attend d'elle, on précise en des termes qui montrent bien qu'il ne suffirait pas d'une amélioration du vocabulaire. « La connaissance actuelle de l'univers ne suggère-t-elle pas une critique de l'idée de création ? La connaissance de l'histoire ne suggère-t-elle pas une critique de l'idée de révélation ? La connaissance de l'homme moral ne suggère-t-elle pas une critique de fidée de rédemption » '^.
Ne nous arrêtons pas à cette affirmation évolutionniste, déjà discutée, que des idées fondamen-