Conn. de Dieu et de soi-même, ch. I, art
lui, c'est-à-dire à une faculté organique, et non pas à rintelligenceflui, n'ayant point d'organes, ne" saurait recevoir Faction des corps.
Ne dites pas que l'organe) se borne ici à la fonction de cause « occasionnelle » et qu'il est une simple condition sine qua non. Il fjoue un rôle immédiat et effectif ; c'est en lui et par lui que Tàme sent, saisit son objet et le saisit dans une image sensible qui en représente la forme et les qualités physiques ^ C'est une belle pensée de saint Thomas, « que ^ nous aimons les sens non seulement pour les sèfv^ices qu'ils nous rendent, mais encore pour eux-mêmes et pour les connaissances qu'ils nous procurent » -. Oui ne sait combien nous sont chères les imas'es fournies par la vue et l'ouïe ?
X La connaissance sensible permet à l'animal et
fi l'homme de découvrir ce qui est nécessaire à a vie et de se mettre en garde contre tout ce qui pourrait être nuisible. Mais chez l'homme, elle est encore appelée à prêter son concours aux nobles exercices de la pensée. La raison est trop faible pour se suffire à elle-même ; il faut que les sens préparent ses opérations. Voilà pourquoi Thomme est si riche des dons de la sensibilité et possède un organisme si merveilleux de variété, de proportion et de délicatesse 3.
1. « Sensus communis est animœ et corpori ; sentire enira convenit animœ per corpus » (De sensu et sensato, lect. 1».