r^oNC. Vatic, ibld. cap. 2 et can
2. M. Blondel, Lettre, p. 47, 48. — A une assertion aussi peu justifiée, opposons les p-aves déclarations de Léon XIII : « Ralionem, ut par est, a fide ai)prime distinguens, utramque tamt-n aiiiice consocians, utriusque tum jura conservavit, tuni dignilati consuluit, ila quidem ut ratio ad humanum fastiginin Thomse pennis evecta, jam fere nequeat sublimius assurgere, neque fides a ratione fere possit plura aut validiora adjurnenta prfestolari, quam quœ jam est per Thomam consecuta ». eterni Patris.
ciiAP. III. — l'apologétique 397
adressent à Tapologétique traditionnelle, qui nous permettront de mettre ses titres en relief. Les réponses qu'elle fait aux attaques dont elle est l'objet s'appuient sur autant de principes qui la justifient elle-même.
On lui reproche de ne pas faire sortir de l'homme même le caractère obligatoire de la foi, et elle répond : C'est qu'en effet l'obligation vient de plus haut.
On lui reproche de viser avant tout un simple « fait )♦, le fait de la révélation, et elle répond : C'est qu'en effet la foi tout entière repose sur ce fondement.
On lui reproche son « intellectualisme )),qui voit dans la foi le simple assentiment de l'esprit à un « symbole », tandis qu'il faut partir d'une foi « vive et agissante », et elle répond : C'est qu'en effet, la foi n'est pas, par définition, vive et agissante.
On lui reproche de s'embarrasser de « métaphysique », d'appeler à son secours, pour établir les vérités philosophiques que la révélation suppose, cette « raison spéculative » si malmenée par le criticisme, et elle répond : C'est qu'en effet la raison seule, la « raison raisonnante » doit établir ces vérités, et l'Eglise dit qu'il en doit être ainsi.
On lui reproche de s'appuyer surtout, dans la démonstration de la foi, sur ces « signes externes », prophéties, miracles et faits du même genre, qui ont peu ou point de prise sur les esprits modernes, et elle répond : C'est qu'en effet
ces « signes externes » sont le sceau divin imprimé par Dieu à sa révélation ; en leur donnant cette importance, je ne suis pas seule, l'Eglise est avec moi ^
Au reste, l'apologétique « traditionnelle » n'est ni (( exclusive » ni « systématique », et son passé témoigne que, sans sacrifier aucun principe, elle sait accueillir toutes les améliorations. N'at-elle pas pris tout ce qu'il y avait de bon — en laissant ce qui pouvait être erroné ou défectueux — dans l'apologétique de Chateaubriand et de Lacordaire, de l'abbé Bougaud et d'Auguste Nicolas, du P. Gratry et de l'abbé de Broglie ? Pourquoi donc opposerait-elle une fin de nonrecevoir à l'apologétique « psychologico-morale » ou à l'apologétique « d'immanence », si elles contiennent des éléments utilisables?
Et sans doute elles pourront être utilisées à titre (\(i préparation « siibjecl'we », en montrant que la science et la philosophie, incomplètes au point de vue de la connaissance « spéculative », sont tout à fait insuffisantes au point de vue « moral et social », et que, puisqu'il ne se suffit pas à lui-même, l'homme doit aspirer à tin surcroît de lumière pour son esprit, à une règle supérieure pour sa volonté, à une discipline morale et religieuse pour la société, qui réfrène l'égoïsme et les appétits, affranchisse l'individu de ses mauvais instincts, inspire la charité et le dévouement, coordonne et stimule les éner-