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tainesque les conclusions les mieux assurées de la philosophie ^ — Déduire de vérités certaines, des conclusions certaines, par exemple déduire en une série d'argumentations rigoureuses, de ces ^euls mots: Perfecliis Deus, perfedus homo^ tout ce qui regarde le corps et l'âme du Christ, l'union de l'un à l'autre, les rapports de ce composé humain avec le Verbe, la notion de l'Homme-Dieu, ses énergies et ses actes, telle est proprement l'œuvre théologique, a Theologia igiliir est scienlia eorum, quse de Deo^ ex revelalione siinl demonstrabilia )> ^. Il reste donc que la théologie spéculative, disposant des principes les plus certains, n'a qu'à observer fidèlement les lois de la logique pour arriver à des conclusions d'une absolue certitude ^) 3.
Les u positifs» nous opposent que l'attaque se porte, aujourd'hui, sur le terrain de l'histoire, de la critique, de l'exégèse, et que c'est sur ce terrain qu'une théologie pratique doit prendre position.
Ils auraient raison s'ils se bornaient à signaler les notables services rendus par la théologie positive, à insister sur l'actualité de cette science d'un maniement si délicat, à émettre le vœu que les catholiques aient des spécialistes pour la cultiver avec les précautions nécessaires et lui faire produire tous les résultats que la théologie et l'apologétique sont en droit d'en attendre.
1, S. Th., 1», q. l,a. 5.
2, Pesch, Prœlecliones dofjmalicœ, i, p. 3.
3, CocoNMKR. art. cit., p. 643, 644.
CHAP. m. — l'apologétique 425
Mais ils se tromperaient grandement — ce qui vient d'être dit le démontre jusqu'à lévidence — s'ils émettaient la prétention qu'elle suffit à elle seule à représenter la théologie et à répondre à tous les besoins de l'heure présente. Si l'on déclare vaine la spéculation théologique, que restera-t-il de la théologie dans le passé ? — Gomment éludera-t-on la censure qui frappa naguère les détracteurs de la méthode scolastique, représentée comme ne répondant plus aux besoins •les temps présents, non plus qu'aux progrès de la science? Gomment s'accordera-t-on avec l'encyclique JElerni Palri (\m déclare que S.Thomas, « à lui seul, a victorieusement réfuté toutes les erreurs des temps passés et a fourni des armes invincibles pour réfuter celles qui pourront se produire jusqu'à la fin des temps ? » *
« Vous dites que les rationalistes nous attaquent au nom de la philologie, de la critique et de riiistoire. A ceux-là je veux que Ton réponde au nom de la philologie, de la critique et de l'histoire, à condition seulement de ne jamais oublier : que ceux mêmes qui passent pour savoir le mieux l'hébreu, le syriaque et j'ajoute le grec, les savent, au fond, très imparfaitement, en tout cas beaucoup moins qu'il faudrait pour avoir le droit de trancher comme ils le font les questions « textuelles »; que, dans l'ensemble,
1. « Methodus et principia quibus anti(iui doctores scholastici Theologiam excoluerunt,temporum nostrorum necessitatibus scientiarumque progressui minime congruunl ». Syllabus. § II, Ralionalismus moderalus, XIII.
leurs assertions ne sont qu'un amas d'hypothèses et de conjectures ; que les principes sur lesquels ils s'appuient ne sont, habituellement, rien moins que sûrs et incontestables ; que trop souvent lem-s théories, qu'on me passe le mot, sont des féeries, éclairées à la lumière scientiflque; que, très fréquemment, pour les réfuter, il n'y a qu'à les opposer les uns aux autres ' ; enfin que tous présentent ce phénomène psychologique curieux, commmi à tous les hommes possédés par une idée fixe, et qui consiste à ne pas apercevoir les raisons les plus considérables et les plus solides, quand elles contredisent cette idée, et à voir démesurément grandies et puissantes, les raisons faibles qui, parfois, à un premier et superficiel regard, paraissent la favoriser » -.
1. (( Un pasteur protestant très libéral et très hardi, s'élevait récemment avec éloquence contre ce qu'il appelait le sans-façon et l'outrecuidance de certaines jongleries exégétiques : et, en effet, quand un texte est gênant, le déclarer « inauthentique ou interpolé », ou le « déplacer », ou « le modifier »>, rien de plus fréquent en matière d'exégèse. Est-il étonnant, après cela, que sur des questions capitales, comme celle de savoir « en quoi consiste la parousie du Fils de Dieu », ou, plus généralement, « ce que c'est que ce royaume de Dieu », dont les évangiles, on l'a dit, ne sont que la prédication, le désaccord soit si criant ? et que de deux « théologiens exégètes », l'un dise gravement blanc, tandis que l'autre dit solennellement n(jir ? Mais quelle preuve plus décisive qu'en dépit d'une méthode qui n'a ni la précision, ni la rigueur, ni la certitude dont elle se vante, les conclusions de l'exégèse, comme celles de la critique littéraire la plus impressionniste, ne sont toujours que les opinions particulières de l'auteur ? » Brum-.tière, Les diffinuUés de croire, confér, prononcée à Amsterdam. 9 mai 1904.