‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 24 sur 208 · Plujs. 1. IV, c. 2, § 1, trad. Barthélémy St-Hilaire · texte numérisé non relu

Plujs. 1. IV, c. 2, § 1, trad. Barthélémy St-Hilaire

si vous aimez mieux, la capacitâ-de contenir les corps, vous aurez ^^fîspac£^7^|fr£z'^ Réunissez par la pensée tous les espaces particuliers, sans tenir compte ^isyCŒ"ps qu'ils contiennent, vous avez l'espace ^é'/7eA^//ïfnÎ3lfense comme l'univers.

Au contraire, supprimez tous les corps ; il n'y a plus aucun espace. /w/, mais il reste l'espace possible ; et celui-là, rien n'empêche de l'étendre à rinfini, et de le rendre capable de renfermer non seulement un monde, mais des milliers de mondes, aussi vastes qu'il plaira à l'imagination de se les représenter.

Ivant a soulevé contre l'objectivité du temps la même difficulté que contre celle de l'espace ; nous la résoudrons de la même manière. — 11 suppose que toutes choses nous apparaissent comme simultanées ou successives, et il en conclut que l'idée du temps doit être antérieure à toute sensation, indépendante de l'expérience^ inhérente à la nature même du sujet sentant, dont elle est une des formes nécessaires et qu'il tra nsporte ensuite par un irrésistible instinct dans le monde extérieur.

Mais en vérité, est-il donc besoin d'avoir déjà dans son esprit l'idée de succession, pour remarquer celle dont la nature nous offre le tableau ? Ne puis-je apercevoir le blanc, sans avoir déjà l'idée du blanc ? ni l'étendue, sans avoir l'idée d'étendue ? Et n'est-ce pas au contraire la vue des choses blanches qui me donne l'idée du blanc, et celle des choses étendues qui me donne l'idée de l'étendue ?

Il en est de même pour le temps. Au fond, il consiste dans une simple succession, ou pour parler avec plus de précision, aux termes de l'Ecole, le temps n'est autre chose que la mesure ou le nombre du mouvement, selon la priorité et l'antériorité « numeriis et mensura motus secundum prius et posterius ».

Oui donc, aujourd'hui, voudrait répéter l'affirmation de Zenon TÉléate, nier la réalité du mouvement, refuser à Thomme la faculté de voir les choses qui se meuvent ou de mesurer la rapidité de ce mouvement ? L'idée du temps peut s'acquérir par l'expérience plus aisément qu'aucune autre, car sans regarder au dehors il nous suffirait de regarder au dedans de nous-mêmes; nous portons en quelque sorte le mouvement et le temps avec nous.

Cependant, il faut le reconnaître, le temps lui-même est difficile à saisir, précisément à cause de ce que l'on pourrait appeler sa fluidité. On peut en réduire la notion à celle de trois éléments essentiels, dont le premier a été et n'est plus, dont le second sera mais n'est pas encore, dont le troisième, enfin, bien que présent et actuel, nous échappe dès qu'on croit le saisir. « Fufjii tempus, dit Sénèque, et cwidissimos sui deserit ; nec quod futurum est, meum est, nec quod fuit ; in momento fugientis temporis pendeo » ^

Cette pensée a suggéré à Vico cette réflexion de grande im[»ortance : La métaphysique est en

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