I. BossuET, Logique, 1. I, ch
bilité avec la raison. A l'opposé, Técole critique isole ridée de l'image et perd ainsi tout contact avec la réalité sensible.
Distinguons d'abord, nous unirons ensuite.
Qu'on doive distinguer l'idée de l'image, les faits eux-mêmes le démontrent de façon péremptoire.
L'image, avons-nous dit, ne représente que des réalités, des réalités concrètes et matérielles ; l'idée représente l'idéal aussi bien que le réel, l'immatériel et l'abstrait aussi bien que le matériel et le concret. Elle représente l'âme, Dieu, le vrai, le beau, le bien, tandis que l'image représente les couleurs, les saveurs, le volume, la forme et la fiorure. Une ima^e très vive va rarement avec une idée parfaitement claire. Au contraire, une idée très nette, par exemple l'idée de rondeur, peut correspondre à une image assez vague, comme l'image indécise d'une chose ronde.
Bien plus, il y a des choses matérielles que nous concevons fort distinctement, et que l'imagination n'arrive pas à se représenter. Je conçois très bien un myriagone ou polygone de dix mille côtés, et je ne puis m'en faire aucune représentation sensible.
Taine a écrit : u Lorsque nous pensons, le mot est toute la substance de notre opération... Ce que nous avons en nous, lorsque nous pensons, ce sont des signes et rien que des signes » ^.