Origine et objectiviié des idées
I. — Nous voilà parvenus au problème philosophique par excellence, à ce problème éternel, comme parle Cousin, « duquel partent et auquel aboutissent toutes les recherches philosophiques. 11 a Fair de n'être qu'un problème de psycho-
1. « Phanlasma est principium nostrse cognitionis, et ex •luo incipit intellectus operatio, non sicut transiens, sed sicul pcrmancns, ut quoddam fundamentum intellectualis opcialionis, sicut prineipia denionstrationis oportet manere iii (»mni processu «cienli.'e, cum jibantasmata comparentur ad inlellcctum ut objecta in quibus inspicit omne quod inspicit )'. In lib. Boetii de Trinil. q.6. a. 2.
logie et de logique, et, en réalité, il domine toutes les parties de la philosophie ; car il n'y a pas une seule question qui, dans son sein, ne contienne celle-ci : tout cela n^est-il qu'une combinaison de notre esprit faite par nous, à notre usage, ou tout cela a-t-il, en efTet, son fondement dans la nature des choses ? » *
Or, ne craignons pas de le dire, si la première réponse devait prévaloir, et si nos idées « n'étaient qu'une combinaison de notre esprit faite par nous, à notre usage », la pensée nous paraîtrait bien inférieure à la sensation ; car nous l'avons prouvé, l'objet de la sensation est réel et solide, et, dans cette hypothèse, Tobjet de la pensée, malgré de belles apparences, resterait vide et imaginaire.
Eh bien ! cette solution désespérante, kantistes et positivistes s'accordent à nous la présenter comme la seule qui soit conforme à la vérité.
Kant raisonne pour l'intelligence comme pour la sensibilité.
« Toutes nos intuitions ne sont que des représentations, des phénomènes ; les choses que nous percevons ne sont pas en elles-mêmes telles que nous Les percevons, leurs rapports ne sont pas essentiellement non plus ce qu'ils nous paraissent être... Xous ignorons complètement ce que peut être la nature des choses en soi, indépendamment de toute notre capacité i récepti-