‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 36 sur 208 · Autour d'un petit livre, p · texte numérisé non relu

Autour d'un petit livre, p

II. — On le voit, la question de roi3Jectivité de la pensée offre une difficulté spéciale, au premier abord assez embarrassante. Les sens trouvent leur objet tout fait dans la nature, le particulier est en « acte » dans tous les objets que nous percevons ; il n'y a qu'à le constater et à le recueillir. Mais la pensée a la prétention d'atteindre l'universel et l'expérience ne nous montre de toutes parts que des individus. Vouloir faire jaillir Vidée du fait, n'est-ce pas tirer le plus du moins ?

Une école célèbre a cru résoudre le problème de l'universel en supposant Yinnéilé des idées générales. Descartes, Leibnitz, Rosmini et plusieurs autres philosophes mettent dans l'enfant qui vient de naître, au moins à l'état latent et confus, la connaissance des vérités premières.

Une telle hypothèse se place comme d'ellemême en dehors de la voie rigoureuse et scientifique. « Il est clair qu'admettre l'innéité, ce n'est pas donner une explication, mais plutôt reconnaître qu'on n'en peut pas donner. C'est pourquoi cette théorie est le pis-aller du psychologue ; on ne devra s'y résigner qu'après épuisement de toutes les autres hypothèses possibles » *.

Ensuite, elle ouvre la porte toute grande au subjectivisme kantiste. En effet, « quelle valeur peut-on reconnaître aux principes, dans la théorie de l'innéité? Les principes, nous dit-on,

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