‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 37 sur 208 · Radier, PsychoL, ch. xxiii · texte numérisé non relu

Radier, PsychoL, ch. xxiii

sont absolument a priori ; la raison les impose au monde sans même Tavoir regardé. — Fort bien ; mais alors qui nous assure que ces principes que le monde ne nous a pas enseignés, soient en effet les lois du monde ? — Nous ne pouvons concevoir, dites- vous, les choses autrement. — Soit, mais qui vous dit que les nécessites de votre pensée soient aussi les nécessités des choses ? » ' — Et du moment que les idées ne relèvent en aucune façon de l'expérience, qu'elles sont a priori^ où sera le moyen de s'assurer qu'elles répondent a la réalité objective ?

l Saint Thomas a donné une solution qui s'achppte mieux aux procédés de la vraie science, qui ne suppose aucun élément a priori, et accorde toujours une place importante à la sensibilité, tout en sauvegardant à merveille les prérogatives et la dignité de la raison. La voici dans sa lumineuse simplicité : les sens externes, en contact immédiat avec le monde, contemplent à loisir le tableau si riche et si varié des formes de la nature ; la mémoire et l'imagination amassent et gardent avec fidélité ce trésor d'images et le présentent à la raison. Celle-ci, jusque-là passive et silencieuse, entre aussitôt en activité, elle reçoit les divers éléments qui lui sont offerts par la sensibilité, les discerne, les classe, elle compare ei généralise, dépouille l'objet de ses caractères accidentels, s'attache aux qualités

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