Rabier, op. cit. Ibid. g
communes et constitutives, et passe ainsi, par un travail spontané et naturel, du particulier à l'universel, du fait à la loi, do Findividualité à ^
Que suppose la théorie du Docteur angélique? # ^ Deux choses également révélées par Texpé- \ rience : l'existence à l'état latent, mais réel, du général dans le particulier, et Tactivité de la raison qui va droit à son objet pour le saisir sous sa forme abstraite, en le dégageant de . (^ toutes les propriétés accidentelles qui l'indivi- ^ dualisent.
Mettons ces deux points dans tout leur jour.
« L'universel, dit Bossuet, est l'ouvrage de la précision, par laquelle l'esprit considère en quoi plusieurs choses conviennent, sans considérer ou sans savoir en quoi précisément elles différent. Par là se comprend parfaitement la nature de l'universel. Il y faut considérer ce que donne la nature même et ce que fait notre esprit. La \ nature ne nous donne au fond que des êtres particuliers, mais elle nous les donne semblables. L'esprit venant là-dessus et les trouvant tellement semblables qu'il ne les distingue plus dans la raison dans laquelle ils sont semblables, ne se fait de tous qu'un seul objet et n'en a qu'une seule idée ; ce qui a fait dire au commun de l'Ecole, qu'il n'y a point d'universel dans les choses mêmes, et encore, que la nature donne bien indépendamment de l'esprit, quelque fondement à l'universel, en tant qu'elle fournit des choses semblables, mais qu'elle ne donne
/b LES FONDEMENTS DE LA CONNAISSANCE
pas runiversalité aux choses mêmes, puisqu'elle les fait toutes individuelles ; et enfin, que l'univers se commence par la nature et s'achève par l'esprit : Universelle inchocdiir a naturel, perficitur ab inlelleclii » ^
Chaque être a une essence propre, c'est-à-dire appartient à une catégorie déterminée qui lui assigne sa place dans la nature et le distingue de tous les individus d'une espèce difTérente. Sans doute, en lui, cette essence est individuelle, particulière, elle se trouve mêlée à plusieurs propriétés accessoires et mobiles, mais rien n'empêche de faire abstraction de l'élément concret qui lui sert d'enveloppe, et de la concevoir à part, en elle-même et dans ses principes constitutifs. De particulière qu'elle était, elle se présentera au regard de l'intelligence sous une forme abstraite et générale.
Quelques exemples feront mieux comprendre notre pensée.
J'observe un rosier, un peuplier, un chêne : sous les différences qui frappent d'abord ma vue, j'aperçois bientôt des ressemblances, des analogies : Tous ces êtres ont pour origine un germe déposé dans la terre, ils se sont développés en puisant aux mêmes sucs, en absorbant la chaleur et l'humidité de l'air. Tous un jour, le brin d'herbe quelques heures après sa naissance, le chêne après plusieurs siècles de vie, cessent de croître, se dessèchent et périssent. Je rassemble