S. Th. l^, q. 85, a. 2, ad
ClIAP. III. LA CONNAISSANCE INTELLECTUELLE 71>
^Écoutons encore le Docteur angéliqiie : « L'esprit, dit-il, est capable de s'élever à l'idée d'humanité. L'humanité abstraite ne se trouve nulle part dans la nature, elle existe seulement dans tel ou tel homme particulier ; mais si elle est conçue en dehors de toute condition individuelle, ce qui est une véritable abstraction destinée à produire l'universel, la raison n'en est pas dans l'humanité, mais dans l'esprit luimême, en qui se trouve l'image représentative de l'espèce et non point celle des individus » \^
On nous oppose que « le concret seul est le vrai », et que l'abstraction masque, défigure la réalité.
L'abstraction, nous l'accordons bien volontiers, n'embrasse pas d'un seul regard tous les attributs de l'être, et ne place pas sous nos yeux la synthèse des choses ; elle est, si Ton veut, une infirmité de notre esprit qui, ne pouvant d'une seule vue saisir toute la réalité, se voit réduit à partager son étude pour considérer sépart^iient les différentes propriétés de l'être concret. Mais elle saisit exactement ce qu'elle saisit et l'axiome de TEcole dit vrai : Abstrahentiiim non est niendaciiun » -.
Au reste, à peine a-t-elle rempli sa tâche difficile qu'elle fait place à la synthèse, et de toutes les parties successivement soumises à l'analyse, celle-ci compose un tout homogène aussi ressemblant que possible à la réalité. Et remar-