Supra, § I, p
— et il les charge de venir déposer aux pieds de rintelligence toutes les richesses qu'ils ont amassées dans leurs incessants rapports avec le monde extérieur^
Mais ne reste-tfl plus rien à faire à Tintelligence ? N'a-t-elle qu'à recueillir, classer et enregistrer les données de la sensation ? En un mot, ne faut-il plus la considérer autrement que comme une sorte de prolongement de la sensibilité, ainsi que l'avancent les positivistes ? Les sens ne saisissent que le particulier, tandis que l'objet prt^pre de l'intelligence est l'universel : ils peuvent bien lui fournir des matériaux , mais des matériaux grossiers , bruts et qu'on ne saurait employer tant que l'artiste ne les aura pas soigneusement polis, dégagés de tout élément inférieur, idéalisés. Cetartiste, c'est l'esprit ; à lui de commencer où les sens s'arrêtent et d'achever, par son activité propre, l'édifice grandiose de la pensée. Jusque-là, l'édifice est encore en puissance^ l'esprit seul peut lui donner Y acte ^
Il ne crée pas son objet, ainsi que le prétendent Kant et Fichte ; le pouvoir créateur est le propre de l'intellect divin, acte pur, être infini, qui contient en soi tout ce qui est et tout ce qui peut être, artiste suprême chez qui l'idéal existe de toute éternité, comme dans sa source. L'esprit humain est en puissance par rapport à la vérité ; il doit la recevoir d'un principe extérieur : pour s'instruire il a besoin d'étudier, pour