‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 45 sur 208 · Annales de philos, chrét., nov · texte numérisé non relu

Annales de philos, chrét., nov

Mais saint Thomas a consacré un opuscule ^ et plusieurs articles de la Somme théologique à établir contre les Averroïstes le caractère individuel et personnel de la raison.

P'aculté individuelle et personnelle, la raison ne peut moins faire de porter dans ses connaissances, ses qualités et ses dispositions propres. 11 y a plus. Tout sujet connaissant, animal^ homme, ange. Dieu lui-même, connaît avec ses facultés individuelles et ne peut connaître autrement, puisqu il ne peut connaître qu'avec les moyens et les ressources dont il dispose. L"homme en particulier connaît avec ses sens, avec sa mémoire, avec son imagination comme avec sa raison. Et les sens, la mémoire et l'imagination — sans parler du cœur — exercent sur la raison une inlluence d'autant plus considérable qu'ils lui fournissent ses matériaux et ses approvisionnements.

La connaissance intellectuelle sera donc individuelle, subjective, inégale et nuancée suivant la capacité, l'état et les dispositions de chacun. « Oiiidquid recipitur, per modum recipieniis recipilur ». Voilà une proposition qui a dans l'Ecole toute la valeur d'un axiome et dont saint Thomas n'hésite pas à faire Tapplication à la connaissance. « Modns cofjnoscendi rem alifpiam est secnndum cond'dionem cof/nosdentis, in rj/io forma recipitur secnndum modum ejus » -. 11 suit de là que tous les hommes ne connaissent

Page 1