De Veril. q. X, a
CHAP. IV. L ABSOLU
pas les mêmes choses de façon absolument identique et que certains les comprennent mieux parce qu'ils ont plus d'esprit, comme il arrive pour le phénomène de la vision, où ceux qui ont la vue plus perçante saisissent et distinguent plus nettement les diverses propriétés des corps. — Toutefois, poursuit le Docteur angélique, c'est bien la même chose qui, plus ou moins parfaitement, est perçue ou comprise par tous ; car si elle était perçue ou comprise autrement qu'elle n'est en réalité, il y aurait erreur de la part de quelqu'un *.
Ajoutons que la chose connue ne saurait se trouver dans le sujet connaissant avec la forme et les propriétés qu'elle possède en elle-même. L'objet connu, en tant que connu, doit naturellement revêtir la forme du sujet connaissant, puisqu'il est en lui et qu'il fait une seule et même chose avec lui. Considéré en soi, l'objet connu forme un tout complet dont toutes les parties, toutes les propriétés se joignent et s'entrelacent; la connaissance, au contraire, a quelque chose de (^ partiel » et « d'abslrait », puisqu'elle isole les parties pour les mieux saisir et qu'elle ne saisit en chacune que ce qui fait face à chaque impression distincte ou peut être légitimement déduit à l'aide du raisonnement.
Voilà, d'après les principes du « dogmatisme intellectuel », la juste part du « subjectif » et du « relatif » dans la raison et dans la connaissance.