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A ulour d'un petit livre, pj

CHAP. IV. — l'absolu 91

universelle, l'auteur tire diverses conséquencessur la nécessité qui incombe à TEglise d'adapter aux exigences de la science moderne les dogmes de Dieu, de la Trinité, de la création, de Tlncarnation et de la Rédemption.

§ III. — Position et conséquences du relativisme.

La position du relativisme nous paraît intenable et contradictoire. En effet, qui pose le relatif suppose Tabsolu, et qui rejette Tabsolu doit se résoudre à la disparition du relatif. Ecoutons Spencer, évolutionniste résolu mais clairvoyant : « La conception de la relation implique la conception de ses deux termes. Nous demander de concevoir la relation entre le relatif et le non-relatif, sans avoir conscience de chacun d'eux, c'est comme si l'on demandait de comparer ce dont nous avons conscience avec ce dont nous n'avons pas conscience ; la comparaison étant elle-même un acte de conscience n'est possible que par la conscience de ses deux objets. Que devient alors l'affirmation que l'absolu n'est conçu que comme une pure négation de la concevabilité ? Si le non-relatif ou absolu n'est présent à la pensée qu'à titre de négation pure, la relation entre lui et le relatif devient inintelligible, parce qu'un des termes de la relation est absent de la conscience. Si la relation est inintelligible, le relatif lui-même est inintel-

ligible, faute de son antithèse ; d'où résulte Tévanouissement de toute pensée. » ^

Examinons maintenant les conséquences inévitables du relativisme ; peut-être nous éclaireront-elles sur la valeur des principes qui les auront entraînées.

Au point de vue spéculatif, la théorie relativiste est la ruine de toute certitude ; au point de vue pratique, elle supprime toute différence réelle entre le bien et le mal, et conduit fatalement à Tégoïsme, à Tindifférentisme universel.

Le premier point est avoué de nos adversaires eux-mêmes : « L'établissement d'un critérium de certitude est impossible... il n'y a pas de certitude, il n'y a que des gens certains » (Renouvier). — « Aujourd'hui rien n'est plus parmi nous vérité ni erreur... nous admettons jusqu'à l'identité des contraires » (Schérer) ...« Oui sait si demain il y aura une science, quelle qu'elle soit, s'il y aura quelque chose? » (Stuart Mill).

Qu'on ne s'étonne point de ces assertions étranges : elles découlent par une suite nécessaire du relativisme universel ; car « entre la vérité relative et le scepticisme, il n'y a pas l'épaisseur d'un cheveu » (J. Simon).

Saint Thomas rappelle quelque part une ancienne opinion, analogue à celle de Kant, et suivant laquelle l'homme ne connaîtrait que sa propre manière de sentir et de penser, et nullement

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