‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 53 sur 208 · CHAP. IV · texte numérisé non relu

CHAP. IV

l'absolu 95

suffit-il pour en changer l'essence ? ...Formes de notre activité ou formes de notre entendement, n'est-ce pas toujours de l'homme, c'est-àdire du variable et du relatif? La raison ne souffre pas ces choix arbitraires entre le vrai et le bien. S'il y a du bien absolu, il y a du vrai absolu. Le vrai est le bien de la pensée, comme le bien est le vrai de l'action » ^

Les criticistes modérés ne manqueront pas de dire que la religion vient de Dieu, non de l'homme, et qu'ayant une origine divine, elle se présente à nous avec le double prestige de la vérité immuable et de Timpératif catégorique. C'est incontestable. Mais sont-ils bien sûrs que l'absolu ayant été dénoncé par eux dans la spéculation et dans la science -, la raison se trouvera disposée à lui faire bon accueil, quand on le lui imposera au nom de Faction et de la foi, tranchant complètement avec tout ce qu'elle a reçu jusque-là ? D'autres criticistes, moins modérés mais plus logiques peut-être, ont poussé jusqu'au bout certaine définition aujourd'hui en faveur : (( La vérité est en fonction de vie », et il leur a semblé « évident par la commune expé-

Page 1