‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 55 sur 208 · Conl. Genl. 1. III, c. 129 ; 1^ 2", q. 100, a. 5 et · texte numérisé non relu

Conl. Genl. 1. III, c. 129 ; 1^ 2", q. 100, a. 5 et

CHAP. IV. — l'absolu 103

Oui, sans doute, nous le pouvons et nous le devons. La nature nous en fournit les moyens et la raison nous y pousse irrésistiblement. Pour cela, il nous suffit d'analyser le fait le plus sensible et le plus général qui soit dans la nature : \e mouvement. L'expérience nous montre que le monde tout entier est plein de mouvements, et que tout ce qui se meut a besoin d'un point d'appui, que tout mouvement part de l'immuable. S'il n'y a quelque "chose d'éternel, rien ne peut commencer ; quelque chose qui dure, rien ne peut changer ; quelque chose qui est, rien ne peut devenir. Supprimez la source, il n'y a plus de ruisseau ; le principe, il n'y a plus ni suite ni conséquence ; le point de départ, il n'y a plus ni marche ni arrivée ; le fondement, il n'y a plus d'édifice ; le moteur, il n'y a plus de mouvement.

Au ciel et sur la terre tous les corps se meuvent, et jamais ils ne s'ébranlent sans l'aide d'un point d'appui immobile^. D'un autre côté, la matière est incapable de ?e donner à ellemême le mouvement, et à plus forte raisoa telle direction, telle vitesse dans ses mouvements ; car par nature elle est inerte, indifférente et aveugle. Qu'on la meuve, elle ne résiste pas, mais qu'on la laisse à elle-même, elle demeure dans son repos. Donc une force qui n'est point matérielle met la matière en mouvement.

1. Cf. s. AuGUST. De Genesi ad lilt. lib. viii, c. xxi. n. 41 ; S. Th. 1», q. II, a. 3, c.

Est-ce à dire que ce grand mouvement qui entraîne le monde se fait au hasard ? Non, les corps terrestres et les coqDS célestes sont gouvernés dans leurs évolutions par des lois précises, constantes, qui réclament un moteur intelligent.

Mais le monde est immense et rempli de mouvements « contraires » : les uns, engendrés par une force centrale portent tous les corps à s'unir entre eux, et il se produirait un choc épouvantable s'il n'y avait une force opposée, la force îanrjentielle, qui maintient chaque être à sa place distincte, à une distance raisonnable du centre qui Tattire.

Voilà bien le Dieu que nous cherchons : force unique, intelllfjenie, universelle, impulsive et modératrice tout ensemble, commandant et équilibrant toutes les forces particulières et contraires de l'univers, immobile et tout entière en acte dans chacun de ses mouvements : Et hoc omncs intellifjunt Deum '.

Examen des objections.

On a soulevé contre l'absolu plusieurs objections, une objection psychologique, une objection esthétique^ une objection scientifique et une objection métaphysique.

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