‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 57 sur 208 · Supra, ch. III · texte numérisé non relu

Supra, ch. III

humaine. Pour quel motif un esprit supérieur lui inlligerait-il un démenti ? Sans doute cet esprit saurait bien des choses que nous ignorons, saisirait par intuition et d'un seul regard ce que nous ne pouvons atteindre qu'à l'aide du raisonnement et au prix de combinaisons souvent compliquées. Il verrait de plus haut et plus loin que nous. Mais il n'apercevrait pas le contraire de ce que nous voyons, pas plus que notre raison, si supérieure à tous nos sens, et qui découvre tout un monde fermé à ceux-ci, ne perçoit jamais le contraire de ce qu'ils perçoivent clairement. Le génie détruit-il le simple bon sens ? Pourquoi donc l'esprit angélique ou quelque autre génie sublime viendrait-il renverser l'esprit humain, qui, après tout, est une étincelle de l'intelligence divine ? On peut bien ajouter à ce qui est, mais on ne peut })as faire que ce qui est ne soit pas, ou soit autrement qu'il n'est.

Les criticistes renanistes insistent au nom de Vesihéliqiie. Une doctrine absolue, impersonnelle, ne saurait a^ oir aucun charme pour nous ; seul, le mobile, l'individuel, le provisoire, l'incertain en un mot, a de quoi nous intéresser et nous passionner. « L'ennui du ciel scolastique serait à peine comparable à celui des contemplateurs oisifs d'une vérité sans nuance, qui, n'étant pas trouvée, ne serait pas aimée, et à laquelle chacun n'aurait pas le droit de donner le cachet de son individualité » ^

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