‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 66 sur 208 · Cr. s. Th. V 2^% q. 94, a. 2. c · texte numérisé non relu

Cr. s. Th. V 2^% q. 94, a. 2. c

§ IV. — Réalité el pluralité des substances.

Saint Thomas a fait une distinction importante, généralement négligée par la philosophie moderne, et qui nous semble de nature à iaciliter la solution du problème, objet de la présente étude. « La substance, dit-il, peut se prendre en deux sens : premièrement, pour exprimer F essence de Têtre représentée par la définition ; secondement, pour désigner le sujet, suppôt ou personne, compris sous le genre de la substance » '.

La substance proprement dite, c^est le sujet qui subsiste en lui-même, quelle que soit d'ailleurs la nature de ce sujet ; par exemple, un arbre, un animal, un homme. Et l'essence, c'est précisément la nature de ce sujet existant en lui-même : ainsi la plante, Tanimal et l'homme sont également des substances, bien qu'ils n'aient pas la même nature.

Ces deux concepts appartiennent l'un et l'autre au prédicat de substance et ils se complètent mutuellement, car tout sujet ou suppôt doit avoir une essence qui le caractérise et le détermine, et toute essence, pour être réelle, doit subsister dans un sujet particulier. Le sujet est la matière, apte à recevoir et à soutenir l'essence, et l'essence est la forme qui détermine et actualise le sujet.

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