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s. Th.. Coni. Genl. l. m, cap

le j)rincipe. Si je sais ce que c'est que sentir, penser et vouloir, je puis savoir ce que c'est que la sensibilité, rintelligence et la volonté.

§ 2. — Théorie de la cause.

La puissance nous amène à parler de la cause, car la puissance n'est qu'une cause d'un certain genre.

La philosophie moderne entend par cause la faculté ou Têtre qui, par son action, produit un effet donné. C'est ce qu'on nomme la cause efficiente.

Mais l'ancienne philosophie attribuait à la cause une signification plus compréhensive et plus universelle. Elle la définissait tout ce qui^ d'une manière quelconque, contribue à la production de reff'et. Peu importe le genre d'influence : du moment que l'antécédent sert à produire le conséquent, en totalité ou en partie, il mérite le nom de cause.

Le langage populaire ne distingue pas entre la cause et le principe. Pour lui, tout ce qui est principe est cause, et réciproquement. Mais la philosophie n'a garde de confondre ces deux mots. Une première différence entre eux, c'est que le premier peut appartenir à l'ordre idéal, comme cela arrive dans la connaissance discursive, où le conséquent découle de l'antécédent, comme de son principe. La cause, au contraire, est toujours un être réel et concret.

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En second lieu, ce qui découle de la cause est toujours produit et reçoit d'elle un être propre et distinct qu'il n'avait pas auparavant ; ce qui vient du principe n'est pas toujours un effet, un produit, mais peut être éternel et posséder la même essence que lui. Ainsi en est-il dans le mystère de la sainte Trinité, où trois personnes coexistent de toute éternité dans une seule et même essence, bien que le Fils soit engendré par le Père et que le Saint Esprit procède du Père et du Fils^

Pour ces diverses raisons, yjrocé^ss/o/ï et caiisalilé ne sont pas synonymes.

Aristote a ramené toutes les causes à quatre espèces essentiellement distinctes: la cause efficiente^ la cause matérielle, la cause formelle et la cause finale. La première est celle qui, par son action, produit l'effet en totalité ou en partie, comme le père engendre son fils. La seconde est la matière qui sert à la génération ou à la production de l'effet, ainsi le marbre est la matière de la statue. La troisième est celle qui donne à l'effet son essence ou sa nature propre: c'est la forme particulière que la matière a reçue de la cause efficiente. Enfin, la cause finale est le but qui a déterminé la cause efficiente à agir et à produire son effet.

La cause matérielle et la cause formelle, bien

1. « In diviiiis dicitur principiiim secundum originem, absque prioritate. Et hic vocatur ordo nalurx, non quo aller sit prius allcro, sed quo aller est ex allero ». S. Th. 1% q. 42, a. 3, c. : cf. q. 33, a. 1. ad 1 et ad 3.

que d'une importance très grande dans certaines sciences, ne reviennent pas directement à notre sujet. Leur existence a du reste soulevé beaucoup moins de difficultés que celle de la cause efficiente et de la cause finale. Nous nous atta- . cherons donc à celles-là seulement. |

Nous avons défini la cause efficiente : « celle dont Yaciion contribue à produire Teffet, en tout ou en partie ».

Impossible de donner de l'action aucune définition rigoureuse ; sa simplicité même s'y oppose. Heureusement, elle n'en a pas besoin : le défini est ici plus clair que toute définition. — Dans la créature l'action suppose trois choses : le sujet agissant, l'effet produit et la production de l'effet par le sujet.

Le sujet agissant prend le nom de cause efficiente, parce qu'il fait non seulement un acte, . mais encore quelque chose qui est le terme ou le résultat de son acte. — L'action est l'exercice, la mise en acte de la faculté.

Quelquefois la cause n'a pas besoin de sortir d'elle-même pour agir ; elle produit son acte à l'intérieur, ad inira ; c'est ainsi que la sensation, la pensée et la volition ont pour théûtre le . sujet qui sent, qui pense et qui veut. Cette action d'un caractère essentiellement intime prend le nom d'action immanente. D'autres fois, au contraire, l'action étend au dehors son activité et pour ainsi dire rayonne dans le monde externe. L'architecte élève un monument, le sculpteur exécute la statue qu'il a lentement rêvée. Cette

action a reçu le nom detransitive^pour exprimer qu'elle sort de son auteur et s'arrête à un objet externe, qui la reçoit, et que, pour cette raison, on appelle patient.

Pour y effet, il n'est pas autre chose que le résultat de l'action. Comme son nom l'indique, effici, il est produit, il passe de la puissance à l'acte, du non-être à Têtre, et il se trouve sous l'entière dépendance de la cause qui l'a produit. Tout l'être qu'il possède est un être emprunté ; il ne se Test pas donné à lui-même ; autrement, il aurait dû exister avant d'être produit. De là cet axiome si important de l'Ecole : « Toute la perfection de U effet se trouve dans la cause ».

Parlons ma intenant de la eau se /?/?r//e. La cause agit, mais elle suit une marche régulière dans son action et tend à sori but. Ce but, c'est d'abord le /ermé' du mouvement, car une fois qu'il l'a atteint, le mobile s'arrête ; et c^est ensuite la raison f/'^/r^ du mouvement, -o ryj ïji-/.%, dit Aristote, car c'est pour arriver au but que le mobile se meut.

Ainsi, d'une façon générale, le but c'est la fin, finis, \r fin des désirs et la fin de l'action.

La cause efficiente et la fin ont entre elles une relation nécessaire, elles se supposent et se complètent si bien que l'une ne va pas sans l'autre. La première est au point de départ, la seconde à l'arrivée, l'une est le principe, l'autre est la conclusion. « Motus incipit a causa efficiente et terminât ur ad causam finalem » '.

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