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dant c'est la diversité qui triomphe dans le cosmos où l'on voit les différents êtres, surtout dans le règne végétal et animal, entrer chacun dans une voie particulière et évoluer suivant des lois spéciales.
Ainsi tombe le principe d'Epicure, de Lucrèce et de Spencer. Il importe de s'étendre davantage sur cette objection qui est la principale des « antifinalistes ».
Laissons parler Aristote, qui en a donné une réfutation savante, complète et définitive. « On élève un doute. Oui empêche, dit-on, que la nature agisse sans avoir de but et sans chercher le mieux des choses ? Jupiter, par exemple, ne fait pas pleuvoir pour développer et nourrir le grain ; mais il pleut par une loi nécessaire : car, en s'élevant. la vapeur doit se refroidir, et la vapeur refroidie, devenant de Teau, doit nécessairement retomber. Que si ce phénomène ayant lieu, le froment en profite pour germer et croître, c'est un pur accident. — Et de même encore, si le grain que quelqu'un a mis en grange vient à s'y perdre par suite de la pluie, il ne pleut pas apparemment pour que le grain pourrisse, et c'est un simple accident s'il se perd. — Qui empêche de dire également que dans la nature, les organes corporels eux-mêmes sont soumis à la même loi, et que les dents, par exemple, poussent nécessairement, celles de devant incisives et capables de déchirer les aliments, et les molaires larges et propres à les broyer, bien que ce ne soit pas en vue de cette fonction qu'elles
aient été faites et que ce soit une simple coïncidence ? Telle est robjection à laquelle reviennent toutes les autres », et nous pouvons ajouter que les positivistes modernes Font reproduite sans lui donner aucune force nouvelle.
(( Mais, poursuit Aristote, il est bien impossible que les choses se passent comme on le prétend. Ces organes des animaux dont on vient de parler et toutes les choses que la nature présente à nos regards, sont ce rjuils sont ou dans tous les cas, ou dans la majorité des cas ; mais il n'en est pas du tout ainsi pour rien de ce que produit le hasard, ou ce qui se produit spontanément d'une manière fortuite. — On ne trouve point en effet que ce soit un hasard ni une chose accidentelle qu'il pleuve fréquemment en hiver, mais c'est un hasard, au contraire, s'il pleut quand le soleil est dans la constellation du Chien. Ce n'est pas davantage un hasard qu'il y ait de grandes chaleurs durant la canicule, mais c'en est un qu'il y en ait en hiver. Si donc il faut que les phénomènes aient lieu, soit par accident, soit en vue d'une fin, et s'il n'est pas possible de dire que ces phénomènes soient accidentels ni fortuits, il est clair qu'ils ont lieu en vue d'une fin précise... Donc il y a un pourquoi, une fin à toutes les choses qui existent dans la nature ».
Et mettant dans tout son jour l'analogie frappante qui existe entre les œuvres de la nature et celles de l'art, le Philosophe ajoute : « En supposant qu'une maison fût une chose que fît la nature, la maison serait, })ar le fait de la na-
ture, ce qu'elle est aujourd'hui par le fait de Tart ; et si les choses naturelles pouvaient venir de l'art, aussi bien qu'elles viennent de la nature, l'art les ferait précisément ce que la nature les fait. Or^ si les choses de Fart oni an pourquoi, il est de toute évidence que les choses de la nature doivent en avoir un également » ^
Voici, d'après Bossuet, une seconde marque à laquelle on peut reconnaître la finalité. « Tout ce qui montre des proportions bien prises et des moyens propres à faire de certains effets, montre aussi une fin expresse, par conséquent un dessein formé, une intelligence réglée et un art parfait »-. C'est-à-dire que s'il y a des proportions bien prises, il y a une fin expresse, et que s'il y a une fin, il y a une intelligence. Car en vertu du principe de causalité, tout effet suppose une cause proportionnée, et l'art suppose l'artiste, puisqu'il fautde l'intelligence pouradapter les moyens à la fin, pour organiser une ou plusieurs choses en vue d'une autre.
Reste à savoir si le monde nous offre en eiïet « des proportions bien prises et un dessein formé ».
On pourrait multiplier à l'infini les preuves qu'en fournissent les trois règnes de la nature. Obligés de nous restreindre, nous empi-unterons seulement à des savants autorisés deux ou trois exemples plus saillants. Ils pourront nous fournir un argument général, qui recevra de plus